‹ Des variations du taux de l'intérêt: Leurs causes et leurs conséquencesChapitre 9 sur 43 · MER NS · texte numérisé non relu

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Ce revenu de 3,38 représente à peu près sur les grands marchés financiers et pour l’époque actuelle l'intérêt des prèts facilement réalisables et tres sûrs. L'intérêt pur doit être à peu près de 3,25 ; la prime d'assurance est insignifiante pour les États qui ont toujours tenu honnètement leurs engagements: et le prix du temps très faible à cause de la facilité de cession des titres. ,

À côté de cette première catégorie, nous en trouvons une seconde composée d'États qui n’ont pas toujours tenu très exactement leurs engagements ou qui ne jouissent pas d’une grande sécurité intérieure ou extérieure. Les titres italiens qui rapportaient 5 p. 100 en sont venus par des réductions successives à ne plus rapporter que 4 p. 100; si nous admettons que l'intérêt net est de 3,25 leur prime d'assurance sera de 0,88 p. 100. Les créanciers de l’Espagne se sont vu autrefois réduire les intérêts que le gouvernement s'était engagé à payer, ils peuvent donc avoir quelque crainte pour l’avenir, aussi la prime d’assurance des fonds publics espagnols sera très élevée, de 2,31 p. 100. Le Portugal a fait banqueroute, aussi le 8 p. 100 portugais à une prime d'assurance de 0,86 p. 100. Enfin la République Argentine est agitée par des révolutions, et ses finances sont en mauvais état, la Chine est mal administrée, la Serbie a une situation extérieure peu süre, les fonds publics de ces pays auront donc une prime d’assurance fort élevée. (Voir le tableau cidessus.)

Ainsi la prime d’assurance est variable, elle peut être très forte dans certains cas, très faible dans d’autres, mais elle ne peut être trouvée mathématiquement, les hommes évaluant selon leur disposition d'esprit et selon

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les circonstances cette prime qu’ils croient devoir exiger pour se dessaisir de leur épargne.

Nous avons fini l'analyse de l'intérêt et l'étude des différents éléments qui le composent’: une première somme nécessaire, l'intérêt pur, qui constitue en quelque sorte le noyau de l'intérêt, autour de laquelle viennent s’ajouter et se développer suivant les circonstances deux autres sommes : la somme du temps et la somme des risques. En fait. ces trois sommes ne sont jamais séparées, mais intimement réunies, ce n’est que par une abstraction analytique que nous les avons séparées ; le tout, l'addition de ces trois sommes, donne le taux de l'intérêt tel que nous le voyons exister dans une société vivante, c’est-à-dire le - taux de l'intérêt brut.

Ce taux d'intérêt brut s’oppose à l'intérêt pur quine saurait exister que dans une société idéale où l’on ne tiendrait compte ni des mœurs, ni de l’espace, ni des risques, ni du temps. |

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