INFLUENCE DES VARICES MATERNELLES SUR LE FŒTUS OU L'EMBRYON
Il est bien facile de comprendre que les accidents dont les varices sont le siège et surtout les hémorrhagies et les phlébites peuvent avoir une influence sur le produit de la conception.
Les hémorrhagies variqueuses abondantes peuvent amener l'avortement (3), et si elles n'arrivent pas à ce résultat, sont préjudiciables au développement de l'enfant ; elles diminuent sa croissance initiale.
(1) Baudelocque, Art des accouchements, t. Il, p. 260.
(2) Traité des mal. ch., 1826, vol. VIT, p. 537.
(3) Brich, Siebold Journal, 1850, vol, XXVIII.
Quant aux phlébites, leur action nocive est aussi rationnelle, mais les faits cliniques prouvent leur innocuité relative. Théoriquement, toute inflammation un peu vive, s'accompagnant d'hyperthermie, retentit promptement sur le fœtus; comme ce dernier possède une température qui excède de quelques dixièmes celle du sang maternel, il atteindra, on le comprend, plus tôt que la mère la température dangereuse qui menace son existence. Toutes les fois que le thermomètre dénotera dans l'aisselle de la femme enceinte 40», l'embryon sera en danger.
Scientifiquement, cette vérité est indéniable, mais les relevés auxquels je me suis livré ne donnent pas encore de renseignements très précis sur la fréquence de l'avortement et de l'accouchement prématuié dans les phlébites variqueuses, l'érysipèle, etc. Des études ultérieures, dirigées dans le sens que j'indique, pourront seules résoudre cette question qui, sans être absolument nouvelle, n'a pas été, jusqu'à présent, l'objet de ces recherches sérieuses que réclame la science moderne. En général, disons-le dès à présent, la phlébite de la grossesse étant peu grave, le produit n'en doit pas ressentir de contre-coup. Abstraction faite de ces deux complications, les varices maternelles ont-elles une influence sur le fœtus, sur son volume, sur sa vitalité^ Les nombreux gynécologues dont j'ai lu les ouvrages sont absolument silencieux sur ce point. Je n'ai trouvé que dans Steiner (1) la brève mention suivante: « Le poids du fœtus peut en être diminué de 50 à 200 grammes à peu près. » Je laisse à l'auteur que je viens de citer la responsabilité de cette assertion, que j'aurais voulu voir étayée par des tableaux ou des relevés statistiques.
Quoi qu'il en soit et pour combler cette lacune, il serait, je crois, utile de faire porter les investigations sur ce sujet.
Pendant l'accouchement, enfin, les varices de la vulve et du vagin peuvent nuire au fœtus en en retardant l'expulsion, en nécessitant l'appiication du forceps ou en causant même sa mort par anémie en cas de rupture ou de thrombus avant sa sortie du sein maternel.
(1) Compendium des mal. des enfants. Trad. française. Goccoz, 1850, p. 5.