‹ Des varices pendant la grossesse et l'accouchementChapitre 30 sur 31 · VARICES DU TRONC · texte numérisé non relu

VARICES DU TRONC

Ce sujet ne nous arrêtera pas longtemps, car les varices sont extrêmement rares dans cette région. Celles qui s'y montrent appartiennent le plus souvent au système des saphènes. Les varices abdominales ont été, en effet, signalées; elles se développent dans la sous-cutanée abdominale. On y observe quelquefois des paquets variqueux souvent Çazin. 10

énormes, formant par leur réunion une tumeur hémisphérique, inégale, pelotonnée, anfractueuse, facile à déprimer et même à aplatir complètement par une pression prolongée, mais se reproduisant aussitôt que l'on cesse cette pression. C'est à elles que s'adresse la qualification de Têtes de Méduse que Marc-Antoine Séverin leur a imposée, parce qu'elles prennent, dans certains cas, un dévéloppement et un aspect monstrueux.

Plus que les autres variétés, les varices ayant ce siège pourraient être étiologiquement rattachées aux difficultés de la respiration résultant de la grossesse. Car je les ai constatées deux fois et à l'état absolument isolé chez des hommesjeunes affectés d'accès d'asthme presque continuels.

On rencontre, quoique le fait soit exceptionnel, des varices sur les fesses.

Obs . (personnelle). — J'ai constaté l'an passé (1878), chez une dame anglaise, Mi>ie j,^.^ arrivée au troisième mois de sa grossesse, une tumeur variqueuse avec varicosités cutanées sur la fesse gauche. Aucune cause, ni contusion, ni froissement ne paraît avoir déterminé la préférence de ce siège. C'est la première fois que pareil développement des veines s'est produit. Les jambes et la vulve sont libres de toute dilatation veineuse, même profonde. Il n'y a pas d'œdème. La mère de M^^ J... avait, à la suite de grossesses répétées, des varices aux jambes avec ulcère du côté gauche.

Depuis le dépôt de mon mémoire à l'Académie, j'ai eu l'occasion de rencontrer un cas aussi curieux, mais dans lequel les grandes lèvres étaient envahies aussi.

Obs. (personnelle). — M™e h..., septième grossesse, vient au terme de huit mois me consulter pour une vaginite. Je constate chez elle des varices des grandes lèvres, un peu de dilatation des veines superficielles de la cuisse gauche, vers les attaches du droit interne et rien absolument sur les deux membres inférieurs. En écartant les petites lèvres, on trouve sur le vestibule deux veines transversales très distendues; rien sur l'abdomen, pas d'hémorrhoïdes ni externes, ni internes, pas de constipation. Ce qui me frappe, sont deux dilatations amipullaires dans le pli interfessier, une de chaque côté à 1 centimètre 1/2 environ de l'anus, leijuel est absolument à l'étatnormal, je le répète; ces dilatations, du volume d'une petite amande, sont molles, compressibles et sans changement de coloration de la peau ; en aucun autre point de la fesse, on ne rencontre de lésion semblable.

Il n'est pas non plus très fréquent de trouver variqueuses les veines superficielles qui rampent sous la peau des mamelles. Elles s'y dessinent très nettement pendant la grossesse, témoignent de l'activité de sécrétion qui se prépare dans les organes, et donnent aux seins cet

aspect marbré qui est très recherché chez les nourrices; mais la varice proprement dite y est rare. Nous en trouvons pourtant une observation dans la thèse de P. Richard. Les seins étaient un peu douloureux, gonflés, et sur la peau on constatait des mailles variqueuses partant du pourtour du mamelon et s'irradiant vers la base du cou, vers les épaules et la région épigastrique; entra les deux mamelles, il y avait en outre deux grosses veines franchement variqueuses.

Pour terminer avec les veines du tronc, nous donnerons place au fait suivant, que nous ne savions trop où classer, et qui a un certain intérêt au point du vue anatomo-pathologique ;

Ob?. — Rupture de varices d'une veine Lombaire. Hêmorrhagie mortelle (1). — Une femme n'ayant que 2 pouces 8 lignes de diamètre, n'ayant é[)roiivé que de faibles accidents dans les huit ou dix premiers jours de couches, quoique l'accouchement eût été des plus laborieux, fut prise d'une perte con- I sidérable au vingt-deuxième jour, pendant qu'elle se promenait dans la chambre. Cette perte, qui ne dura qu'un jour en tout, ne l'empêcha pas de se lever, le lendemain et les jours suivants jusqu'au trentième. Une nouvelle hêmorrhagie survint alors et, quoiqu'elle n'eût pas duré plus longtemps que la première, cette femme ne tarda pas à succomber. A l'ouverture du cadavre, on vit un foyer purulent dans le tissu cellulaire qui entoure le muscle psoas droit et un sac variqueux considérable, tapissé de concrétions sanguines, qui s'était ouvert avec cet abcès à la partie supérieure et un peu antérieure du vagin. Il était formé par une des veines lombaires et communiquait directement avec la veine cave. La matrice était petite, contractée, fermée, et ne contenaii en dedans aucune goutte de sang.

Je ne parle parle pas des varicomphales, que je n'ai jamais observés et dont^ du reste, Boyer révoque en doute l'existence (2).

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