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La jmaladie avait débuté par une légère irritation causée en un point par la bottine. D’abord M. X... n’y avait prêté aucune attention, puis il remarqua qu’il se formait une sorte de petite tumeur faisant corps avec la peau du talon et faisant une légère saillie à l’extérieur, sans changement de couleur à la peau, sauf une légère teinte
jaunâtre. 11 crut avoir affaire à un durillon, mais la tumeur devenait de plus en plus douloureuse, à tel point que le malade, qui était externe d’un hôpital excentrique, fut obîig*é d’interrompre son service. Il n’osait plus poser le talon sur le sol. La tumeur augmentait sans cesse. Croyant alors s’en débarrasser comme on se débarrasse d’un cor ou d’un oignon, le malade se mit à enlever avec un bistouri des rondelles épidermiques, mai s il aperçut des points noirs d’où s’échappait du sang. Fatigué d’être ainsi continuellement tenu par cette légère affection, il eut recours aux cautérisations avec l’acide nitrique, puis l’acide chromique, et enfin la pâte arsenicale. A cette dernière tentative, le mal céda, et la tumeur tomba d'elle* même avec l’eschare. Peu de temps après, toute trace avait disparu, et le* malade guéri reprenait son service.
Obs. Vl(Samier).— Le 10janvierl880, un homme de peine se présente à la consultation de l’hôpital Cochin, portant au talon du pied droit une petite tumeur survenue à la suite de l’irritation causée par sa chaussure. Elle est du volume d’une lentille, très sensible depuis quelques jours ; elle a depuis changé de couleur, dit le malade, et elle est devenue légèrement rouge. Le malade ajoute que la tumeur donne lieu à des élancements qui l’empêchent de dormir. M. Després enlève la tumeur avec Je bistouri, et au-dessous d’elle on trouve un petit abcès et le derme à nu. On applique sur la surface dénu-
dée un pansement au diachylon, et le malade guérit parfaitement.
La tumeur examinée du microscope était une verrue de laplante du pied, au-dessous de laquelle s’était formé un abcès.
Obs. VIL (Compendium de chirurgie). — Un malade qui portait un de ces poireaux à la face plantaire du pied, vis-à-vis de la tête du premier métatarsien, supporta courageusement une opération longue et pénible, dans laquelle on fut obligé d’aller fouiller profondément , jusqu’au-dessous du derme, pour enlever toutes les racines du mal qui avait déjà récidivé deux fois.
Obs. VIII. — (Nous pourrions donner comme personnelle l’observation suivante 9 c’est l’unique cas qu’il nous ait été donné d’observer, c’est aussi à son sujet que M. le Dr Desprès nous a inspiré l’idée de traiter des verrues plantaires dans notre travail. L’honorable professeur ayant fait le même jour une leçon clinique sur la maladie, pour ne point répéter les mêmes faits nous nous contenterons de rapporter cette clinique : nous ajouterons simplement que trois mois après ayant revu la malade, la cicatrice était très résistante, aucune récidive ne s’était produite.)
« Messieurs, je désire vous entretenir aujourd’hui d’une affection dont les livres classiques font à
peine mention et pour laquelle vous serez consultés.
« Je veux attirer votre attention sur les verrues de la plante du pied, lésion légère en apparence, mais qui dans certains cas peuvent tellement faire souffrir les malades qu’ils demanderont avec instance de les en débarrasser. Pour mieux graver les faits dans votre esprit, permet tez-moi de vous raconter brièvement l’histoire d’une malade qui s’est présentée ces jours derniers à notre consultation de l’hôpital.
11 s’agit d’une femme qui portait sous la peau du talon de son pied gauche une petite verrue aplatie, du volume d’un petit pois : la lésion était extrêmement douloureuse et gênait beaucoup la marche. Son aspect extérieur ne présentait rien de particulier et se rapprochait à peu de choses près de toutes les autres verrues qui, comme vous le savez, se développent en grand nombre sur la face palmaire de la main et des doigts. La gêne qu’elle occasionnait était telle que la malade nous demanda de l’en guérir à tout prix.
Quel est donc le traitement qui convient le mieux à ce genre d’affection ? On a préconisé dans ce but l’ablation de cette petite tumeur : si cette pratique paraît satisfaisante au premier abord, elle ne met cependant pas à l’abri de la récidive : d’autres ont conseillé de détruire le mal par l’application locale d’agents caustiques plus ou moins appropriés. Quant à moi, voici ma façon de faire dans les diffé-
rents cas que j’ai eu l’occasion d’observer et qui m’a toujours réussi jusqu’à présent : j’ai appliqué sur la verrue de notre malade gros comme un pois de pâte de Vienne. J ai laissé le caustique en place pendant une demi-heure, temps nécessaire pour que son action s'exerce assez profondément, après quoi j’ai enlevé le tout et posé sur la petite eschare un pansement de diachylon. Une seule cautérisation a suffît et dans l’espace de quinze jours il s’est formé une cicatrice suffisamment forte pour supporter le poids du corps pendant la marche, et qui plus est, elle n’est nullement douloureuse, comme on eût pu la penser a priori,
« Mais pour compléter vos connaissances là-dessus, je dois ajouter que les verrues de la plante du pied sont généralement nombreuses. Aussi est-il nécessaire, pour obtenir une guérison complète, d’attaquer les petites tumeurs une à une et de ne pas se borner à détruire la plus grosse. Dans d’autres cas, les verrues sont plus ou moins saillantes, plus ou moins cornées : pour en obtenir la cure radicale il faut avant d’appliquer le caustique, les ébarber et les faire saigner légèrement.
«Sachez enfin que, dans certaines circonstances, la tumeur peut récidiver et alors on est obligé de revenir à plusieurs reprises sur les cautérisations.
« Pour terminer , je vous dirai qu’avant de tenter le traitement, il faut bien vous convaincre qu’il s’agit d’une verrue. Aussi gardez-vous bien de confondre cette dernière affection avec le durillon pro-
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voqué par un simple frottement traumatique de la chaussure.
« Pour arriver au diagnostic, vous n’aurez qu'à abraser la partie cornée de ta verrue : vous verrez alors uhe surface pointilléè entourée d’une auréole brunâtre, due à l’hypertrophie du derme autour des papilles végétantes qui constituent la verrue : rien ne ressemble à ces verrues. »