‹ Des versChapitre 17 sur 29 · I.A DERNIKKn ESCAHAUK · texte numérisé non relu

I.A DERNIKKn ESCAHAUK

Et pour i-hercher de l'aide il se mit à courir

Avec de petits bonds effrayants et grotesques ;

Décrivant, sans la main qu; lui servait d'appiM.

Au galop saccadé par son bâton conduit,

Des chemins compliqués comme des arabesqiu-fi

Son souffle était rapide et dur comme une toux.

Mais il sentit fléchir sa jambe vacillante.

Si molle qu'il semblait danser sur ses genoux.

Il heurtait aux troncs noirs sa course sautillante.

Et les arbres jouaient avec lui, le poussant.

Le rejetant de l'un à l'autre, et paraissant

Samuseï lâchement avec cette agonie.

Il comprit que la lutte horrible était liiiie :

Et, comme un naufragé qui se noie, il jeia

Un petit cri plaintif en tombant sur la lace.

Faible gémissement qu'aucun vent n'emporta !

Il entendit encor, q^uelque part dans l'espace,

Les longs croassements lugubres d'un corbeau

Mêlés aux sons lointains d'une cloche cassée.

Et puis tout bruit cessa. I-'ombre épaisse et glace»

S'^VP^S'^^^'^ '>"!' 6UX, lourde cummc un toicLiCiiw.

'Is restaient là. Le jour s'éteignit. Les ténèbres

Emi-'iront tout le ciel de leurs houles funèbres.

Us 1 estaient là, roulés comme deux petits tas

De feuilles, grelottant leurs fièvres achamccs,

Si vagues dans la nuit qu'on ne les trouve pas.

Ils formaient un obstacle aux bêtes ctonnccs

En barrant le sentier tracé de chaque soir.

Les unes s'arrêtaient, timides, pour les voir ;

D'autres les parcouraient ainsi que des épaves.

Des limaces rampaient sur eux, traînaient leurs baves.

LA DERNIÈRE ESCAPADE

Dos ins&ctcs fouillaient les replis de leurs corps, Et d'au<ns s'installaient dessus, les croyant morts.

Mais un frisson bientôt courut par les allée». Une averse entr'ouvrit les feuilles flagellées, Ruisselante et claquant sur le sol avec bruit. Et sur les deux vieillards qui grelottaient encore. La pluie, en flots épais, tomba toute la nuit.

Puis, lorsque reparut la clarté de l'aurore. Sous régout persistant des hauts feuillages vertt On ramassa, tout froids en leurs habits humides, Deux petits corps sans vie, effrayants et rigides Ainsi que les noyés qu'on trouve au fond des mers.

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