I.A DERNIKKn ESCAHAUK
Et pour i-hercher de l'aide il se mit à courir
Avec de petits bonds effrayants et grotesques ;
Décrivant, sans la main qu; lui servait d'appiM.
Au galop saccadé par son bâton conduit,
Des chemins compliqués comme des arabesqiu-fi
Son souffle était rapide et dur comme une toux.
Mais il sentit fléchir sa jambe vacillante.
Si molle qu'il semblait danser sur ses genoux.
Il heurtait aux troncs noirs sa course sautillante.
Et les arbres jouaient avec lui, le poussant.
Le rejetant de l'un à l'autre, et paraissant
Samuseï lâchement avec cette agonie.
Il comprit que la lutte horrible était liiiie :
Et, comme un naufragé qui se noie, il jeia
Un petit cri plaintif en tombant sur la lace.
Faible gémissement qu'aucun vent n'emporta !
Il entendit encor, q^uelque part dans l'espace,
Les longs croassements lugubres d'un corbeau
Mêlés aux sons lointains d'une cloche cassée.
Et puis tout bruit cessa. I-'ombre épaisse et glace»
S'^VP^S'^^^'^ '>"!' 6UX, lourde cummc un toicLiCiiw.
'Is restaient là. Le jour s'éteignit. Les ténèbres
Emi-'iront tout le ciel de leurs houles funèbres.
Us 1 estaient là, roulés comme deux petits tas
De feuilles, grelottant leurs fièvres achamccs,
Si vagues dans la nuit qu'on ne les trouve pas.
Ils formaient un obstacle aux bêtes ctonnccs
En barrant le sentier tracé de chaque soir.
Les unes s'arrêtaient, timides, pour les voir ;
D'autres les parcouraient ainsi que des épaves.
Des limaces rampaient sur eux, traînaient leurs baves.
LA DERNIÈRE ESCAPADE
Dos ins&ctcs fouillaient les replis de leurs corps, Et d'au<ns s'installaient dessus, les croyant morts.
Mais un frisson bientôt courut par les allée». Une averse entr'ouvrit les feuilles flagellées, Ruisselante et claquant sur le sol avec bruit. Et sur les deux vieillards qui grelottaient encore. La pluie, en flots épais, tomba toute la nuit.
Puis, lorsque reparut la clarté de l'aurore. Sous régout persistant des hauts feuillages vertt On ramassa, tout froids en leurs habits humides, Deux petits corps sans vie, effrayants et rigides Ainsi que les noyés qu'on trouve au fond des mers.
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