‹ Des Vésicules Aberrantes dans le ZonaChapitre 4 sur 15 · LT CES · texte numérisé non relu

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Il est en effet des éruptions zostériennes qui, affectent comme l'ont démontré M. le Professeur Landouzy et Monsieur Gaucher (de Lyon) les allures d’une maladie Générale infectieuse se montrant peut-être chez des individus prédisposés. En 1889, MM. Letulle et Dreyfous s'inspirant des remarquables travaux de Neumann à propos dela paralysie faciale établissent le rôle de l'hérédité nerveuse dans la pathogénie del’herpès zoster. Cette remarque a d’autant plus de valeur que les paralysies des muscles innervés par des nerfs malades peuvent survenir à la suite du zona : paralysie de la vessie à la suite d’un zona du périnée et de la verge (David Izon), paralysie du bras, de la face, etc... suivant la localisation.

M. Landouzy invoque à l’appui de la théorie infectieuse la non-récidivité, le caractère parfois épidémique de l’affection. D'autre part M. Boulanger dans sa thèse intitulée : Du Zona infectieux appuie les dires du précédent auteur, puis il tire argument de certaines lésions manifestes des ganglions nerveux et conclut en faveur d’une neuropathie ganglionnaire due à la présence d’un micro-organisme spécifique. Un avis tout personnel est que, les récentes découvertes relatives aux toxines microbiennnes pourraient jeter un jour nouveau sur cette étiologie et cette pathogénie encore bien obscures.

Il deviendrait peut-être possible d'expliquer les phénomènes généraux symptômatiques observés dans le zona, le poison bactérien mis en cause se fixant d'autre part tout particulièrement sur des éléments spéciaux du système nerveux, sur les terminaisons nerveuses ou sur les ganglions par exemple. L’éruption se manifesterait selon la distribution d’un département ner-

léruption.

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veux de moindre résistance. L'hérédité de son côté jouerait -son rôle ordinaire dans la prédisposition des individus.

A côté dé ce premier type zostérien ou zona idiopathi-

“que il existe des lésions identiques par leur aspect objectif,

mais différentes par leur nâture, auxquelles les auteurs réservent le nom de zonas secondaires où d’éruptions zostériformes. Ces formes sont liées à dés altérations nerveuses centrales ou périphériques constatables ou bien dues à des névroses nettement révélées et méme à des intoxications." PAR AE er Pi “L'hypothèse d’un zona de cause cérébrale est très séduisante au premier abord, malheureusement les cas présentés par Charcot, par Weiss, par Leudet ne sont probants en aucune facon, comme le fait remarquer Berbez. L'existence du zoster de cause spinale n’est plus aujourd'hui contestée ; le tabès (Charcot et Vulpian), la tubéreulose méningo-myélitique de Barié, les paralysies ascendantes sont des causes incontestables, qui mettent

d'accord tous les auteurs.

Le zona de cause névritique serait le plus fréquent. Les névrites congestives et par compression (cal, carie

“vertébrale, ostéo-périostite, tuberculose des côtes, cancer

du poumon) sont fréquemment mises en avant. )

Les travaux de Barié et surtout la thèse de Levaux ont bien démontré la fréquence du zona chez les tuberculeux et ont.complété nos connaissances sur la pathogénie de l’éruption zostériforme dans ce cas, en nous montrant les lésions des nerfs qui correspondent au siège cutané de

Le zona par intoxication n'est pas encore établi d’après __ Molinié 2

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Berbez sur des bases sérieuses. Dans tous les cas il ne se: produirait que par l'intermédiaire d’une névrite. Le plomb, l'arsenic, l’oxyde de carbone ont été incriminés.

Quant aux zonas traumatiques mis en évidence par Verneuil, Charcot, Bouchard et Fabre, ils ne se comptent plus.

Ajoutons qu’il n’est pas rare d'observer le zoster chez des sujets atteints de névroses. Le zona hystérique a été étudié tout récemment par l'Ecole de la Salpétrière.

Après cet exposé en présence de ce dualisme généralement admis, nous nous sommes demandé, s’il ne serait pas possible de réunir en un seul type les deux variétés zostériennes sous l'égide de la théorie infectieuse. En effet. la lésion centrale ou périphérique, l’intoxication ou la névrose pourraient bien n'être que des causes accasion- : nelles pour le développement de l'affection ; l’agent infectieux restant le vrai point étiologique. Le fait d’un zona dit traumatique semble bien appuyer cette dernière opinion ; Verneuil a longuement insisté sur l'influence d’un traumatisme antérieur dans la localisation de la tuberculose. Le maître, dont le monde médical déplore la mort toute récente, rappelait dans une de ses dernières leçons cliniques de l'Hôtel-Dieu «les surprises du microbisme latent » les hauts faits de ces micro-organismes, dont la virulence longtemps compensée dans l’économie humaine s’exalte tout à coup du fait d’un traumatisme ou d’une lésion nouvelle, ancienne même mais alors souvent aggravée.

En matière scientifique une simple hypothèse, si elle peut ouvrir la voie à de nouvelles recherches, ne peut entrer en ligne de compte pour une conclusion. Nous en

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restons donc à la division déjà énoncée entre les zonas infectieux et les éruptions zostériformes ou zonas secon- daires.

La pathogénie du zona idiopathique est peu connue; la théorie des nerfs trophique et la théorie vaso-motrice sont à l’ordre du jour. 5

L'explication par l’action trophique des nerfs sensitifs imaginée par M. Mayet (de Lyon) ést peu admise : Vulpian lui a en vain prêté l'appui de-sa grande autorité.

Les recherches nombreuses auxquelles la névrite a donné lieu, ont fait admettre aujourd’hui la théorie de la névrite propagée dutronc nerveux primitivement atteint aux vaisseaux cutanés. 5

Dans l’état actuel de la science, il est fort difficile de préciser la nature exacte de la lésion originelle et même le point de départ exact de la lésion quelle quelle soit. Souvent, nous l'avons déjà dit, les ganglions spinaux sont pris; mais souvent aussi le plus minutieux examen ne révèle rien d’anormal dans leur structure.

Berbez serait tenté (et les faits mis en évidence par les partisans de la doctrine des lésions périphériques ne tendent pas d’après cet auteur a démentir l'avis) de croire que les troubles cutanés ont leur origine dans une lésion spinale de nature fonctionnelle,

La théorie parasitaire rallie aussi de nombreux sufirages. .: | MM. Letulle et Dreyfous pensent que la pathogénie du zona est la suivante : sur un terrain préparé par l’hérédité nerveuse se développerait facilement une névrite spéciale, spécifique pour mieux dire, de nature infectieuse,

: Avec ces derniers auteurs nous voici revenus aux idées de - M. Landouzy c’est-à-dire à la fièvre zoster, entité morbide distincte, générale et infectieuse.

Au point de vue de la distribution locale du zona voici quels sont les caractères généraux indiqués par les auteurs, Nous n’insistons pas sur les signes normaux de l'élément : plaque érythémateuse d’un rouge clair ou foncé, parfois hémorrhagique, sur laquelle se développent, sauf dans les cas peu prononcés des vésicules isolées, cohérentes ou LEE confluentes. Ces vésicules se déssèchent et disparaissent rapidement ; à la croutelle succède une macule, qui $’efface : petit à petit sans laisser de trace. Elles peuvent aussi être | AE le centre d’une plaque plus ou moins étendue de sphacèle qui Fè laissera plus tard une cicatrice indélébile. Assez souvent. leur contenu est hémorrhagique :; il peut alors suppurer et parfois même chaque vésicule devient le point de départ d'une ulcération ou d’une gangrène plus ou moins étendue.

Ces lésions, d’après la plupart des auteurs seraient situées sur le trajet des nerfs. C’est ainsi que Berbez résumant les caractères du zona intercostal écrit : «© À son degré le plus atténué ce zona consiste en vésicules sifgeant Dre le long des nerfs intercostaux et sé montrant surtout par | + groupes aux points d’émergence des nerfs. Dans d’autres cas il s’agit de bandes rougeâtres dessinant les espaces

avec renforcement aux points d'émergence. »

Mais M. le professeur Potain fait remarquer avec raison dans une leçon encore récente, que ce n’est pas tant du trajet nerveux, dont il faut tenir compte, que de la distribution du nerf aux tégu ments. Nous aurons l’occasion au cours d’une des observations transcrites plus loin de

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noter que certains zonäs intercostaux ne dessinent nuilement le trajet de l’espace intercostal. Dans les cas auquel, nous faisons allusion, l’éruption située sur le territoire du &° nerf intercostal, partant en arrière de la 8e apophyse épineuse dorsale était presque horizontale, elle formait uné bande demi-cireulaire ; l’espace intercostal auquel on aurait pu rattacher le siège du zona, était au contraire dans ses deux tiers postérieurs plus voisins de la verticale. Ce fait que nous signalons-en passant, n’est pas celui que nous cherchons à mettre en évidence. Le but de cette “thèse est de montrer que. dans le zona il existe fréquemment des vésicules disséminées sur la plus grande étendue du corps. En effet lorsqu'un malade se présente atteint d’un zona nettement caractérisé, peu importe son siège, on voit tout d’abord lPéruption caractéristique signalée plus, haut, mais sur laquelle nous CURE à insister : placards érythémateux isolés ou conglomérés, de nombre et d’étendue variables, qui siègent dans la zone de distribution (nous ne disons pas sur le trajet) d’un où plusieurs nerfs --voisins, situés du même côté du tronc. Cepéndant l’unilatéralité n’est pas un signe absolu ; elleest du moins très fréquente, presque de règle. Boulland a transcrit dans sa thèse de nombreuses observations de zona bilatéral, le cas observé par lui-même nous semble moins probant. Sur les plaques rouges se développent de très nombreuses vésicules, dont un certain nombre restentdistinctes surtout-à la périphérie ; beaucoup de ces éléments deviennent au contraire confluents. Il est compréhensible qu’au premier abord, l'œil attiré par ces lésions ne remarque pas certaines autres

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