‹ Des vésicules séminales; anatomie et pathologieChapitre 38 sur 54 · IL · texte numérisé non relu

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Il nous faut maintenant rechercher les causes qui produisent l'hémospermie, les lésions- qui l'accompagnent, la valeur qu'elle peut avoir au point de vue de la détermination de ces lésions. En un mot, il nous faut en étudier Téliologie et la séméiologie.

Les éjaculations sanguinolentes sont signalées incidemment dans un certain nombre d'affections qui semblent impliquer une lésion de l'appareil spermatique. Nous laissons de côté les altérations de l'urèthre qui ne donnent lieu qu'à une fausse hémospermie (1).

(1) Nous faisons grâce de rétiologie fantaisiste donnée par quelques auteurs.

En dehors même de toute lésion appréciable, le sperme peut être mélangé de sang ; c'est quand il y a stagnation dans les vésicules séminales. La plupart des individus à l'autopsie desquels nous avons trouvé des globules sanguins en quantité notable dans les réservoirs spermatiques étaient depuis un certain temps à l'hôpital, pour des maladies à longue évolution, la phthisie en particulier ; le dernier coït remontait à plusieurs mois et presque toujours nous avons noté l'absence de pollutions nocturnes. «La coloration rosée du sperme, dit Robin, est due à ce que, lorsqu'il y a séjour très prolongé du sperme dans lesvésicules séminales, de petites hémorrhagies ont lieu dans celles-ci. »

Reliquet, en parlant de laréplétion spermatique, signale également la douleur et la petite hémorrhagie qui accompagnent souvent la première éjaculation (1).

On peut lire enfin, dans le Traité de Civiale, une observation qui vient confirmer ce que nous venons de dire ; le sujet est un étudiant qui, après s'être livré avec ardeur au coït pendant plusieurs années, cesse tout à coup ses rapports génésiques et, quand il les reprend, éjacule une grande quantité de matières sanguinolentes .

N'est-ce pas à la même cause qu'il faut attribuer les éjaculations sanguinolentes des vieillards? T>iiip\dij et Dieu ont signalé la coloration jaune, brune, terre de Sienne, que présente souvent le sperme des hommes âgés. Onze fois nous avons trouvé des globules rouges en quantité assez considérable dans les vésicules séminales. Trois fois seulement il s'agissait d'individus n'ayant pas quarante ans. Mais l'un d'eux était un de ces tuberculeux dont nous

On a incriminé l'hypochondfie (Petersen, Chopart), le typhus (Faye), les varices des vésicules (Faye), le relâchement des éjaculateurs (Naumann), et jusqu'à l'ingestion du safran (Crausius).

(1) Reliqaet. Coliques spermatiques. 1880, p. l5.

avons parlé tout à l'heure; un autre était atteint d'une spermatocystite purulente d'origine blennorrhagique ; le troisième est le sujet de l'observation XXI. Les huit autres se répartissent ainsi:

De 40 à 50 ans — 2

De 50 à 60 ans — 4

De 60 à 70 ans — 1

De 70 à 80 ans — 1

Ainsi l'hémospermie, qu'on peut appeler physiologiquej fréquente chez les hommes quiont dépassé l'âge adulte, est comparable à l'hémospermie par stagnation des jeunes gens; elle coïncide avec un ralentissement dans la sécrétion spermatique et une diminution ou l'abolition des facultés génésiques. Que chez des vieillards ainsi prédisposés, une excitation morale ou physique remette en action des organes accoutumés au repos depuis longtemps, ceux-ci deviendront le siège d'une congestion inaccoutumée qui aboutira facilement à l'hémorrhagie.

W. Acton en fournit un exemple très probant, et Salmuth, au dire de Schurig, a vu aussi un vieillard de 80 ans, exité par l'absoption de médicaments et la possession d'une jeune ûWe^juvenculam ducens, rendre du sang au lieu de sperme.

Ceci prouve assez que, à un certain âge, les organes de la génération ne doivent et ne peuventplus guère fonctionner normalement ; un vieillard ne doit plus rechercher les plaisirs d'antan; il ne doit pas assumer la responsabilité d'un mariage tardif qui, sans compter les autres risques, le condamne, comme dit Réveillé-Parise, à un suicide à échéance plus ou moins rapprochée.

Nous arrivons maintenant à d'autres causes qui produi-

sent un état congestif ou inflammatoire de l'appareil séminal, et. en particulier des vésicules.

11 n'est pas prouvé que les calculs puissent donner lieu à Taccident que nous étudions. Les tubercules des vésicules, malgré une phrase de M. Le Dentu (1), qui nous semble une simple hypothèse basée sur des analogies, n'ont jamais cox^pté non plusl'hémospermie parmi leurs symptômes.

Le terrain ainsi déblayé, il nous reste à étudier quatre causes principales : les excès de coït ou de masturbation, les pollutions nocturnes et la blennorrhagie.

Les excès de cozt ont déjà été signaléspar Sauvages comme cause de ïhématuria jaculatoria. Ils ont été indiqués par d' autres auteurs :Zacutu s Lu sitanus,Schenck,J. -P. Franck, Fleury, Lallemand. Voici une observation inédite, intéressante à double titre, puisque Tami qui nous l'a communiquée, et qui en est à la fois l'auteur et le sujet, a pu observer beaucoup mieux qu'une ^personne étrangère aux choses médicales.

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