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et nous essayerons de prouver que, lorsqu'il s'accompagne de douleur, il est un signe presque infaillible de sperma<^ tocystite aiguë. Nous insistons sur son caractère doulou*' reux^ car nous le verrons, rhémospermie peut se montrer dans bien d'autres cas, à la suite d'excès de coït ou de masturbation, alors qu'on peut tout au plus invoquer une congestion des réservoirs spermatiques, ou même chez les vieillarjds, en l'absence de toute cause accidentelle^ Quoi qu'il en soit, U sang^est quelquefois presque pur (l)» soufrent il est mélangé intimement au produit de la Sécrétion VésiculairCf et a une couleur brune, rouillée, café au lait, suivant qu'il est en plus ou moins grande proportion^ et qu'il a séjourné ou non dans la vésicule4
Les symptômes que nous venons d'éûumérer peuvent et doivent mettre sur la voie du diagnostic. Celui-ci. ne sera complet qu'à condition d'examiner les vésiculesi c est^dire de pratiquer le toucher rectal d'une façon sérieuse et complète (2).
(1) M. GoBselin en a eu cette année un exemple daas son servioe (commanication orale).
(2) Les auteurs s'étendent pea sur le ioUcher nçM qui est m utito cependant pour la détermination d'un grand nombre d'affeoiions du rectum, de la vesdiei de la prostate, de T utérus. Pour ce qui est de ce mode d'exploration appliqué an diagnostic des maladies des vésicules séminales^ volcj^ ttélon nous, oommeiit ob doit procéder*
Le malade peut être examiné dans le déoubittu latéral droit; mais alors, il faut que le chirurgien se contourne, s'efface, et la position est assez incommode ; on peut cependant ainsi pénétrer plus loin peut-être que datls le mode ordinaire, A eondition de placer le malade dans la posture classique : la jambe droite étendue, la cuisse gauche fléchie sur le bassin, la figure embrassant l^oreiller*
Habituellement le patient est dans le décubitus dorsal. Ses cuisses sont écartées, le bassin est légèrement soulevé ; on relève les bourses de la main gauche^ et on introduit dans le rectum le doigt préalablement bien enduit dé vaseline. Souvent, principalement chez les jeunes si^jets, le sphincter offre une certaine résistance ; il faut insister, avancer lentement, mais sans hésitation, juMjpi'à ci
On constate àlot^s que la prostate^ tuméfiée ou noUi est douloureuse dans toute son étendue^ ou plus souvent dans une de ses moitiés. De ce côtéi la corne prostatique est prolongée par une saillie allotigée, se dirigeant en arrière et un 'peu en dehors^ tantôt à peine appréciable, tantôt donnant au doigt la sensation d'un cylindre de 5 ou 6 m. m. de diamètre. Mais ce que cette saillie a. de plus caractérisa
que ritidet Ait twil «iitier pénétré et que sa commissure soit en eooiaot avee Tanus. Alom^ portant la pulpe en, hautt on reconnaît la p^roi antérieure du rec tum et les organes qui la t'ont saillir.
Normalement, on sent U prostate, dont les bdrds se terminent en s^atténuant et dont les detit lobes apparaissent distinots vers sti base, ce qui donne la sensation d'Un y large et à branches épaisses. ^Celles-d divergent et disparaissent bientôt.
Cest en ce point, c'est-à-dire au niVeaii dei cornes prostatiques qu'on doii ohébchèr les lésions dé la Véslcnle.
Un point très impurtanti dont VoMi peut laisser ignorer une affection très nette cependant de cet organe, c'est la nécessité d'établir un plan résistant sur lequel le doigt puisse presser et reconnaître dftns ses détajls Torgane qu*il explore. Sans cela, prostate et vésiettles fUleUt dèvtitit Tiadex qui n*a qu'une sensation tague et incomplète.
La main, largement appliquée sur Tabdomen dont elle déprime la paroi, est utile mais non suffisante. Il est un moyen d'arriver au même but, très simple et que nous recbtnmandons tout spécialement : C*est d'attendre y pour pratiquer te touekef* recMt que la vessie êoit distendue par Vurine-t Alors les sensations sont 1res nettes et l'état des organes apparaît clairement au doigt un peu expérimenté. Plusieurs fois, il nous est arrivé, après avoir trouvé une lésion tuberculeuse commençante d^une vésicule, d'être étonné le lendemain de faire un toucher négatif t k lésion était évidemment la môme; ce qui avait changé, c'était le plan sous-jacent ; le malade avait uriné un momont avant l'exploration.
Même lorsque toutes ces précautions sont prises, le doigt, suivant les bran- «shM du y prostatique* ne rencontre plus rien s'il n'y a pas d'altération ; les vésicules séminales no se sentent pas è l'état normal, sauf peut-être le cas très rare de réplétion exagérée, et l'on peut émettre cet aphorisme : oc Une vésicule que ton peut reconnaître avee le doigt est une vésicule malade, »
îndnrationi inflammation, cancer, tuberculose, concrétions, presque toutes les altérations, en un mot, sont justiciables de ce modo d'exploration auquel il f^ut . s'habituer pour en retirer tout l'avantage qu'il comporte.
Dans ces cas, le réservoir spermalique cat résistant, plus ou moins dut*, avec
tique, c'est sa sensibilité. Lorsque le doigt la presse, surtout si avec l'autre main on déprime la paroi abdominale, ou mieux encore si la vessie est remplie, on n'a pas besoin d'interroger le malade : celui»ci accuse une vive douleur, parfois fait un mouvement brusque ou cherche à éloigner la main qui le fait souffrir.
Nous considérons ce signe comme le plus important de ceux que nous venons d'énumérer ; il permet de reconnaître une spermatocystite commençante, et même de la découvrir lorsque manquent les autres, et qu'on a soin de le rechercher, au début d'une épididymite, par exemple.
On pourrait, disent quelques auteurs, confirmer encore le diagnostic en pressant avec le doigt sur la vésicule, et en exprimant du liquide purulent qui viendrait sourdre au méat. Cette petite manœuvre est très douloureuse et n'a pas toujours le résultat qu'on attend. Et puis, si l'on parvient à faire sortir une goutte du canal, qui peut affirmer qu'elle ne vient pas de l'urèthre lui-même? Ce signe n'aurait quelque valeur que si le pus était en assez grande abondance.
La vésicule, nous allons le voir, renferme en effet, dans ces cas, un liquide sanguinolent, qui plus tard peut devenir absolument purulent : à l'hémospermie succède la jjyospermie; et, de fait, le liquide d'éjaculatioû des individus atteints d'épididymite blennorrbagique contient
des variations dans la consistance et la forme que nous signalerons en temps et jieu, douloureux ou non. Si le col seulement est atteint, on sent, sur le prolonge" ment do la corne prostatique, un cylindre ayant à peu près le volume d'une plume de corbeau ou d'une plume d'oie; si l'affection remonte plue haut, on voit le cylindre s'élargir en forme de massue que Ton peut suivre plus ou moins loin suivant la longueur du doigt qui explore : là encore, la réplétion de la vessie et la pression sur Tabdomen aident à l'exploration en abaissant un peu l'appareil pro« stato-vésiçulaire.
toujours une certaine quantité de globules Mancs qui viennent de la vésicule ou du déférent. (Terrillon. Des altérations du sperme ^ans Vépididymite blennorrhagiquei Annales de Dermat, et de Syph, 2* série, T. I, 1880, p, 440.)
Les symptômes généraux sont à peu près nuls dans cette affection, du moins nous ne les avons pas observés. Faye les admet» mais en faisant remarquer que l'inflammation des vésicules existe rarement seule, et que la phlegmasie des organes voisins entre pour sa part] dans la production
de la fièvre : « Scimus motus fébriles inter inflammationem vesicularum acutam existere, cum vero hèec raris-' sime sine contemporanea affectione partium vicinarum prœprimis prostatœ observetur, febris haud dubie ab utraque inflammatione ortum babet. » Nous croyons que ces symptômes, lorsqu'ils existent, indiquent une complication, et doivent faire craindre surtout la propagation de l'inflammation à la séreuse abdominale.
C'est que, si la résolution est la terminaison la plus fréquente de la spermatocystite, elle n'est pas la seule. La vésiculite peut suppurer; elle peut aussi se propager aux organes voisins, déférent, testicule, péritoine.
La résolution s'annonce par la diminution des différents symptômes qui caractérisent la maladie; les douleurs spontanées s'appaisent, la pression est moins sensible, et, s'il y a des pollutions nocturnes, le liquide d'éjaculation se décolore peu à peu, passant du rouge foncé au rouge pâle et au rose pour reprendre bientôt son aspect normal.
La suppuration nous parait beaucoup plus fréquente qu'on ne le suppose, puisque, dans presque toutes les autopsies deblennorrhagiques, on a trouvé du pus dans les vésicules ; puisque^ d'autre part, le sperme de ceux-ci contient toujours une certaine proportion de globules puru-
lents. C'est la règle : les mu((ueuses génitales produisent des leucocytes lorsqu'elles sont enflammées, comme le font les muqueuses nasale où bronchique» Mais» parfois, la production du pus s'exagère» il se fait un véritable ahcèê de la vésicule qui a de la tendance à s'ouvrir dans le rectum.
Cock, au dire de Mitcbell Henry, en a observé un cas remarquable. Un homme de 35 ans, cachectique, accusait des douleurs dauii la foase iliaque et la hanche ganche* Quelque t^mpi aprè», «ït pratiquant le toucher rectal, on sentit aurde«^ua et h gauche de la prostate une tumeur fluctuante qu'on jug^^ ôtre formée par la vésicule. Un coup de bistouri donna is9UQ À du pus fétide» et le malade guérit en quelqi^es a^maine^.
Un semblable abcè* pgurrait^il se faire jour au périnée et donner li^u à une fi^tul^? L% chose est possible, mais n'a été démontrée que-pour les abcès tuberculeux.
Ile^t une av^tre complioation qui n'est pas très rare et qui mérite plus qu'une «mple mention, c'est la péritonite,
La contiguïté du péritoine et de la vésicule rend bien compte de la propagation poasiblQ de Tinflammation de çelleiçi à la ppeiubyan^ séreuse.
Tantôt la péritonite rester limitée à la partie inférieure de Vabdpoien^ Pan^ l'oba^rvatiou que noua avons rap« portée tout à Vh^ur^A on peut supposer l'existence d'une poussée sewblaWetçè* limitée, Un cas bien connu est celui que le Prof^^i^ur &0^eUn ai raconté Mns ses Cliniques. Se trouvant ^n présente d'une péritonite aiguë chez, un jeune homme en puissance de bJiennorrbagie, ce chirurgien explora les orgaipiesi génitaux et constata les signes d*une inflammation de lat yésicule séminale.. Sous l'influence d*un traitement é^^rgique, Tao^élioration fut rapide, et l'apparition d'une épii^idymite vint confirmer le diagnostic
étiologique eu rendant évidente la marche de la phlegmasie (1).
Malheureusement la terminaison n'est pas toujours ausai favorable*
Guyot a rapporté dans sa thèse deu^ exemples de péri-^ tonite généralisée et morteIle« consécutive à une pro$tatovésicnlitc blennorrhagique.
Dans le premier ca^^, communiqué à M, Fournier par Ricord. les symptômes otut été très accentués, et à Vau<^ topsie on a trouvé les lésions d'upe inflammation généralisée à la séreuse*
Le second, observé par Ricord et Roux, a présenté les mêmes symptômes, La péritonite avait été précédée d'éjaculations répétées de sperme d'abord hématique, puis franchement purulent.
Enfin» on a cité bien souvent Tobservation publiée par M, Peter, alors qu'il était l'interne de Cruveilhier; nous la résumons en quelques lignes :
Un jeune homme de 16 ans entre à la Charité pour une épididymite blennorhagique* Il est pris de nausées, puis de vomissements bilieux et de fièvre» On diagnostique une péritonite par propagation d'une inflammation de la vésicule et du déférent. Buis surviennent des symptômes de pleurésie diaphragmatique, et le malade meurt sept jbur^ après le début des accidents.
Outre les lésions d'une péritonite et d'une pleurésie diaphragmatique double, sans abcès métastatiques, on constate celles d'une proslatite canaliculaire, et> tandis que la vésicule sépainale droite est normale), la gauche, celle qui
(l) Le D» Rougon a aussi publié un cas de Péritonite blennorrhagique^ sur Tenue dans le eours d'une orchlte. Mais il n'a pns fiait l'examcfn de la protUtê «t des vésicules, et robservation est incomplète {Union mM. ii78. T, JJHfg
correspond à répididyme enflammé, est volumineuse, entourée de tissu cellulaire injecté et épaissi, et contient un liquide purulent. « Le péritoine sus-jacent est manifestement plus vasc.ularisé qu'en aucun autre des points où siège cependant l'inflammation. »
Le malade de Mittchell Henry a succombé à une véritable péritonite par perforation^ le pus quig contenait la vé* sicule séminale gauche s' étant fait jour dans la vessie et dans le cul-de-sac péritonéal. Le malade s* était surtout plaint d'une douleur dans les lombes et dans la région de la hanche gauche, et avait éprouvé des symptômes de dysurie.
D'autres fois, ce n'est plus la séreuse, mais le tissu cellulaire sous-péritonéal qui participe à l'inflammation. De même que chez la femme il peut y avoir des pelvi-péritor nitesblennorrhagiques (Bernutz, Mairtineau), on voit parfois se développer chez l'homme des phlegmons aous péri^ tonéaux qui reconnaissent la même origine.
' M. Faucon a appelé l'attention sur cette complication ; dans le cas qu'il a pu suivre, il est parlé de déférentite ; malheureusement le toucher rectal n'a pas été pratiqué : nous sommes bien^ersuadé qu'il eût démontré l'existence d'ui\e spermatocystite. Quoi qu'il en soit, le chirurgien dut ouvrir un phlegmon qui venait faire saillie au-dessus de l'arcade crurale.
L'observation de M. Reliquet, suivie avec soi3, est beaucoup plus concluante. Le titre seul en est un résumé :
a Hypersécrétion uréthrale ancienne. Excès génésiques. € Inflammation aiguë de la vésicule séminale droite qui se < propage le long du canal déférent, aux tissus circonvoic sins, au péritoine et au cordon en masse. Hernie inguic- nale consécutive; gaérison. »
Comme dans beaucoup de cas semblables, la péritonite
fut précédée de cystite; La vésicule droite était gonflée et douloureuse. Puis la région antévésicale devint le siège d'un empâtement et deux jours après seulement apparut une épididymite.
Ainsi, lorsque l'inflammation uréthrale est arrivée à la région prostatique, die peut, soit spontanément, soit sous l'influence d'un excès ou d'une irritation, s'étendre brusquement; tantôt, alors, elle suit les voies urinaires, produisant de la cystite, un phlegmon périnéphrétique (Lancereaux, Lafo^ue).; tantôt elle choisit les voies séminales, en enflammant sur son passage le déférent, la vésicule, répididyme et parfois le tissu cellulaire pelvien et le péritoine.
Y a-t-il là une simple propagation, ou. s'agit-il plutôt d'une véritable angioleucitel Nous penchons vers cette dernière hypothèse, d'autant plus que, dans les. autopsies, on constat^ que les lésions inflammatoires sont bien plutôt en * dehors des organes que dans leurs parois mêmes.
Pour en finir avec les complications de la spermatocytite aiguë, il nous faut encore signaler Vinfection puru^ ente dont nous connaissons deux observations.
Celle de Béer est cotgplexe, car il y avait à -la fois sup- . puration du testicule, de Tépididyme, de la vésicule; du* déférent et de la prostate.
La seconde, qu'a publiée Purser, estplus concluante, et le médecin de.Dublin a cru trouver l'explication de l'infection de l'économie dans une véritable pullulation de mi^ crococci. Voici le résumé de ce cas remarquable.