OBSERVATION I
Ëpididymite blennorrhagiquo ; spermatocjililt Iwfugu psr résolutloi.
Verm.,.^ (LéosJ^eùQtracte une chaudepisse dans les premiers jours deymfier 1981; son cours est normal et n'est guère signalé que par â(Bs érections très douloureuses.
En féyrier, survient une cystite assez violente ; alors les érections deyiennent de plus en plus douloureuses et s'accompagnent de pollutions, dont Tune est sanguinolente.
Le lendemain de cette dernière, le 3 février, apparaît une douleur dans Vaine, qui disparaît le jour suivant.
Du 6 au 11, il y a une amélioration notable; mais à ce moment, It testicule gonfle et le patient entre à l'hôpital avec une épididymite gauche ; le gonflement et la douleur remontent le long du déférent| jusqu'au'voisinage de Tanneau.
Par le toucher rectal, on constate les particularités suivantes : la prostate, sans augmentation de volume, est douloureuse, principale* ment dans son lobe gauche; le col de la vésicule droite est sensible; ce^ lui de la gauche Vtst beaucoup plus ^ la pression à son niveau produit Une aivé douleur et provoque un besoin d'uriner,
Le 16| apparaissent des douleurs assez vives dans le ventre, surtout dans la région sus-inguinale gauche,
.Le 17, nous trouvons le malade avec une température de 39°2, des envies de vomir, un ventre très sensible : on assiste au début d'une péritonite, (Purgation, bain prolongé; opium, large vésicatoire sur la région hjpogastrique.)
Le soir, il y a de la fièvre, TT. 40<'),de la céphalalgie. II y a eu peu* dant lé jour deux selles douloureuses.
Dès le lendemain, il se produit une amélioration manifeste ; la sensi* bilité du cordon et du ventre diminue rapidement, et, le 2 mars, Verm... peut quitter l'hôpital.
îl reste pendant longtemps un suintement uréthral qui, en octobre, à la suite de rapports sexuels, repasse à l'état aigu. Un mois après, le 4 novembre, nouvelle épididymite gauche, accompagnée encore d'une déférentite très manifeste; P^i^i surviennent des romis-
sements, d« la céphalalgie, une doulear inguinale, mais les sjmpiàaeé 9&Dt moins marqués que la première fois. De nouTeao aussi, noua cou • statons la sensibilité de la prostate qui, cette fois, est un peu tuméfiée, et le col de la vésicule gauche^ qui donne au doigt la sensation d'une plume d^ofe, est très douloureux. Le malade ne quittait déônitiTement Thôpital que le 15 décembre.
Dans cette observation, la propagation de Tinflammatiou n*est-elle pas évidente? L'uréthrite, au botrt de trois semaines ou un mois, occupe surtout la région prostatique; là elle peut séjourner sans grand dommage ; mais, maîtresse du confluent génito-urinaire, elle peut aussi s'étèti** dre, soit vers la vessie, Furetère et même lé rein, soit vers l^éjaculateur, la vésicule, le déférent et Tépididyme ; elle peut aussi irriter la séreuse péritonéale en contact avec le déférent et la vésicule. Ce mode de propagation nous semble évident chez notre malade, comme il Tétait che« celui dont notre éminent maître, le professeur Gosselin, a raconté l'histoire.
Si Ton veut donc rechercher la spermatocjstite, on la trouvera quelquefois, et on la reconnaîtra aux signe» que nous allons énumérer.
La douZeur est un. de» principaux. Les patients la rap«* portent tantôt au périnée, tantôt et plu» souvent dans les çiînes, la partie inférieure dé Tabdomen; il est évident qu*il faut tenir compte, pour expliquer ces irradiations, de la participation du déférent à la phlegmasie. On a noté aussi, mais surtout dans la spermatocystite suppurée, une douleur assez vive dans les lombes ou au voisinage de la hanche (Mitchell Henry, Cock) : la disposition du plexus nerveux des vésicules^ ses anastomoses avec les plexus hypo^ gastrique, rénal, vésical, etc., donnent eil partie la raison ,de ces douleurs éloignées*
• Le coït les exaspère et leur donne l'intensité de véritap^ hles coups dé dardé (Viial); la miction et la défitedicfhr^
réveillent, et ces' deux fonctions sont d'autant plus pénibles qu'elles ne se font plus normalement. La constipation est souvent opiniâtre ; il y a du ténesme rectal et, même dans rintervalle des selles, le malade accuse une sensation de lourdeur vers Textrémité inférieure du rectum. Mêmes phénomènes, encore plus accentués, du côté de la . vessie. Reliquet a vu un malade, au début d'une inflammation aiguë de la vésicule séminale droite, être pris pendant la nuit d'envies d'uriner toutes les dix minutes et de douleurs de miction qui lui arrachaient des cris (1). De plus, il y a une contraction réflexe des fibres musculaires du canal, et la bougie est arrêtée par un rétrécissement spasmodique de la portion membraneuse (Verneuil).
Les troubles de V éj aculation ne sont pas moins remarquables.
On a parlé, dans ces cas, d'éjaculation prématurée, de ce que nous appelons le prospermatisme, La chose est possible; mais il y a bien plutôt pollution spontanée, le sperme étant expulsé dès son arrivée dans son réservoir, comme l'urine est chassée de la vessie dans la cystite aiguë ; du reste, bien rarement les malades ont des rapprochements sexuels quand l'inflammation est franchement aiguë. Quant aux pollutions, elles sont le plus souvent douloureuses et parfois sanguinolentes.
Avec Rapin, Dolbeau, Fournier et bien d'autres, nous faisons de Vhémospermie un des symptômes de la spermatocystite. Nous croyons que, si cette hémorrhagie est si fréquente dans l'orchite blennorrhagique, c'est parce que la vésicule est souvent atteinte par l'inflammation. Plus tard, nous étudierons ce symptôme d'une façon générale,
(1) ReUqoet. Leçons sur les maladies des voies ur inaires ^ 1*^ fascicule, i8?8,
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