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OBSERVATIONS III

Blennorrhagie; poussée aigud de taberculose. Mort. Autopsie; lêstona des

vésicules et des déférents.

Le 28 janvier 1881, entre à la Pitié, dans le service de M. Lancereaux, un homme de 26 ans, présentant des signes évidents de tuber« culose. De plus, nous constatons une balano-posthite intense, avec phymosis congénital ; la pression sur Turèthre fait soudre une goutté de pus.

Le malade nous raconte qu^il a contracté une blennorrhagie au mois d*août dernier ; l'écoulement était passé à Tétat chronique lorsqu*U le réchauffa par un nouveau coït, il y a trois semaines. Le testicule est absolument sain.

Une poussée aiguë de tuberculose survient et emporte en quelques jonrs le malade, qui succombe le 10 février.

Autopsie» — Tubercules en voie de ramollissement au sommet gau« che et granulations récentes dans toute détendue des poumons.

Organes génito^ur inaires, ^ Le gland est congestionné, violacé, présentant par places, surtout près de la rainure et au voisinage du frein, des plaques blanchâtres, légèrement saUlantes, adhérentes, analogues aux plaques laiteuses du péricarde. Le prépuce, également d*un rouge violacé, porte des plaques exsudatives semblables dans sa moitié gauche. Les embouchures des glandes de Tyson sont dilatées et très visibles ; la pression ne fait pas sourdre de pus. Le tissu caverneux du glund est d'un rose foncé, beaucoup plus coloré que celui de la verge.

Assez pâle dans une partie de son étendue, Vurèthre est vascularisé en deux points : la fosse naviculaire et la région membraneuse. Là, la muqueuse est rouge ou violacée, avec de nombreuses arborisations va»culaires qui, en avant, se prolongeât en forme de traînée.sur laface

inférieure du canal jusqu'à 10 centim. du méat ; en arrière, la rougeur s*arrète au verumontanum. Pas de granulations apparentes.

La patoi même du canal parait peu atteinte; mais au-dessus, toute la partie de l'enveloppe fibreuse des corps caverneux qui correspond, à Turèthre est épaissie (3 Â 4 railiim.), indurée, lardacée, criant sous la scalpel, de sorte qu'il est difficile, avec des ciseaux, de faire la coupe classique de la verge. Cet épaississement se prolonge dans la partie inférieure de la cloison.

Les glandes de Cowper sont saines.

La vessie montre des lésions intéressantes de cystite. Son col est in* demne; mais toute sa face inférieure est le siège d'ecchymoses multiples ou mieux d* infiltrations sanguines, dont l'étendue varie de quelques millimètres à 1 ou 2 centimètre«. D'un rouge noir, elles résistent au lavage et occupent toute Tépaisseur de la muqueuse; au centre des plus larges, font légèrement saillie des taches jaunâtres et adhérentes, d'apparence ex sudative. Entre ces sufFusions qui donnent à la muqueuse un aspect tigré élégant, la membrane est couverte de fines arborisations vaaculaires.

Bien à signaler aux uretères ni aux reins ^

La prostate, de volume normal, est vascularisée sur sa face externe» Par la pression, on fait sourdre, surtout du lobe droit, un liquide grisâtre, louche, contenant quelques leucocytes.

Le verumontanum est gros, mais pâle ; Vutricule renferme^un liquide gris, sans globules blancs.

P&les dans la plus grande partie de leur étendue, les éjaculateurs se vascularisent dans leur portion large, au niveau de leur origine.

Les vésicules séminales sont volumineuses (vés. sém. droite : 78, 25, 18 millim.; vés. sém. gauche: 60, 20, 18 mill.),bien lobuléesy se séparent facilement du tissu ambiant. Leur face externe est très vascularisée, d'une teinte rouge pâle dans toute son étendue, sauif près du col, où cette coloration devient violacée.

A la coupe, les alvéoles présentent un aspect à peu près normal, sauf quelques arborisations, beaucoup moins nombreuses et moins volumi* neuses que celles qui rampent dans Tinterstice des circonvolutions*

Leur contenu ressemble beaucoup plus à du pus qu*à du sperme.

Le canal déférent gauche, légèrement vascularisé en dehors, a son volume normal; le droit est dilaté au niveau de son ampoule qui a 8 millim. de largeur sur 6 millim. d'épaisseur. Elle est bosselée, cou* verte à Textérieurde ramifications artérielles. Les traces d'iuflamma^ tion ne remontent qu'à 2 centimètres au delà de la portion vésiculaire du déférent. L'ampoule est remplie d'une substance grise et épaisse, renfermant quelques sympexions, et des leucocytes moins nombreux que dana la vésicule; il n*y a pas de spermatozoïdes.

Les deux épididymts sont ahsolut&eiit normaut ; il en est de tnéme des testicules, sauf un peu de pâleur de la subslfeitice glandulaire à fau<ihe.

Examen microscopique. Le liquide de la vési(iute droite (quantité : 2 c. c. 500) est puriforme» très épaU, s*écditlant dilfidlement» On y ttouve des teiicotyUê extrêmement nombreux, de rates symp exions et quelques gbimie» rougu; iln*y a pas traces de spermatozoïdes, A gau' ehe, liquide analogue, moins épais et plus jaune, renfermant exactement les mêmes éléments : les globules blancs sont seulement en proportion un peu moins considêral&le.

Ce qui frappe tout d*âbôrd sur les coupes de la Vésicule, c^est le développement anormal des saillies de la face interne^ qui ressemblent absolument à des franges synoviales, dont quelques-unes atteignent près de 2 millimètres, de sorte que, même k l^œil nii, elles forment une élégante dentelure autour de la cavité centrale. Les villosités se sont fenâèes, ont végété : les plus grosses se sont anastomosées avec leurs voiàines de façon à tlmiter^des àrèolë& pluà oU moins larges. La muqueuse est épaissie de près du double de sa largeur normale; les cellules embryonnaires sont nombi^eused à Sa faéô interne, et les vaisseaux, ftl difficiles à voif habituellement, ftppataissent nettement dans son épaisseur et jusqu*au voisinage de sft surface inteltie, en grande partie desquamée ; on peut même ttuivfe des capillaires qui pénètrent dans l'axe de quelques Tillositêé i en eomme, il y à une inflammation végétante et suppurative de cette membrane.

Cette obâervatiofi a quelquMmportanoe.

Elle montré : 1* que la spèrmatocystîte peut Se développer en Tabsence cle Tépididyinite, l'inflammation restant limitée au segment vésical de Tappareil spermatique; V qué, dtltf e les lésions superficielles, muqueuse», il existe une inflammation extérieure aux canaux atteints : p^Hurèihrite^ péri-^vésiculitet péri-défér entité. Ces altérations, qui sont en faveur de Thypothèse de TangioltUcite, ont été notées dans la plupart des observations et dans les expériences faites pour reproduire autant que possible les lésions de la blennorrhagie (d).

(i) Halasses et 'f érillën. Becherohes expérlmetitales suv ranatomie pa^

Lu complication poMible d'une péritonite doit fendre le pronostic d'ane vésieulite toujours un peu inquiétant, et faire insister sur les moyens de traitement propres à en arrêter la marche.

Les antiphlogistiques d'une pai^t, les calmants de l'autre, doivent être tout d'abord employés t sangsues au périnée , lavements émollients, cataplasmes intra-rectaux, lave-^ ments au laudanum ou au chloral^ suppositoires à Topium ou à la morphine^ sont les moyens à opposer à l'inflam^mation vésiculaire»

Plus tard, si la suppuration s*établit$ on pourra et l'on devra, à l'exemple de Cock^ et pour éviter une rupture dans le péritoine, ponctionner la collection purulente en se guidant avec le doigt introduit dans le rectum, et en dilatant au besoin l'anus avec un spéculum de Sims ou un spéculum ordinaire après avoir anestbésié le malade.

Enfin, contre les complications, et en particulier contre la péritonite» on emploiera les topiques at médicaments ordinaires sur lesquels il est inutile d'insister»

B. SpetmatocysiiU chrofiique.

Soupçonnée par Albers, Tinflammation chronique des vésicules a surtout 4t4 dé()rite par Faye (1840), qui écrit cette phrase caractéristique et vraie : c Forma chronica < inflammationia inter omnes morbos vesicularum maxime

tMogique de tipiéiâ^miUê ûûHêécuHOê à tinflammitHan du cnnat déféteni. Archives de physiologie^ 1880, p. 738.

If. CoDche (de Lyon) a publié une observation de prostatite suppaj^^sUrvénile dans le cours d*une bleUDdri'hftgid ; les vésicules étaleiit anflAmdlAllii et llatf abc^fl s*étaieiit formés en dehors d0 lettn parois. Maislé m4«I MiimiyillHi avec des tubercules des reins; on peut se demander ai Ift léaUu géi|limi|| pas du même ordre (Bm/. iSoc. a7la^, 1867, p. 188) • -. ,ri-» **)

1 j #% .if ■

€ frequens esse débet, si ad reperta seclionum respicia- « mus. » Il signale leur hypertrophie et leur atrophie, leur induration, et consacre tout un article aux varices de leurs veines. Duplay, dans ses recherches sur les organes génitaux des vieillards, a eu plusieurs fois l'occasion d'observer des altérations des vésicules qu'il rapporte, avec raison, à l'inflammation chronique. Ce sont là, si nous exceptons quelques observations séparées, les articles très courts de Humphry et de Kocher et une clinique de Verneuil (1874), les seuls documents existant dans la science sur une affec*tion commune et qui mérite une description à part.

Très fréquentes, en effet, sont les altérations qui peuvent être mises sur le compte de la spermatocystite chronique, et tous ceux qui se sont donnés la peine d'examiner les or* ganes génitaux internes dans les autopsies, n'ont pas man« que de les signaler. Morgagni en cite des cas; Lallemand rapporte des exemples de suppuration, d'induration, d'ossification des vésicules (obs. I, II, III, IV, VIII). « Des re» cherches nombreuses que j'ai faites sur le cadavre, en 1847 et 1848, dit M. Gosselin, m'ont appris que l'une des vésicules ou toutes les deux présentaient souvent les lésions anatomiques de l'inflammation quoique, pendant la vie, aucun symptôme appréciable n'en eût indiqué Texis-» tence. » Bien souvent aussi nous avons pu constater ces altérations; on peut même dire qu'elles sont la règle chez les vieux blennorrhéiques, les prostatiques, les rétrécis.

La spermatocystite chronique reconnaît donc plus d'une cause.

L*uréthrite chronique est une de celles qui ont été le plus souvent signalées. Sans aller jusqu'à dire, avec Astruc, que dans toute espèce de gonorrhée les pro^^tates et les vésicules séminales sont enflammées et ulcérées, il faut bien

admettre que la phlegmasie ne séjourne pas longtemps dans les profondeurs de Turèthre sans retentir sur la terminaison de l'appareil spermatique. Bapin a rapporté l'histoire d'un homme de 34 ans qui, après avoir eu plusieurs blennorrhagies compliquées d'injections au nitrate d'argent, eut des troubles de la miction, des pollutions rouillées, de la pesanteur dans le rectum et des épididymites à répétition. L'urèthre était absolument libre; mais le toucher rectal fit reconnaître un épaississement et une induration douloureuse des vésicules (obs. I). Le diagnostic, fort rationnel du reste, fut inflammation chronique des vésicules séminales (1).

Le malade chez lequel nous avons trouvé à l'autopsie les lésions les plus complètes de spermatocystite chronique (obs. V) avait eu plusieurs blennorrhagies et une orchite à gauche.

Quand l'uréthrite manque dans l'étiologie, on trouve presque toujours la rétention d'urine, qu'elle soit le fait d'un rétrécissement de l'urètbre (Rapin, Thompson, Le Dentu) ou d'une hypertrophie de la prostate (Sandifort, Clément, Dodeuil).

Deux causes peuvent agir dans ces cas. D'une part, la dilatation de la portion du canal située au delà de la coarctation, la stagnation de l'urine en ce point sont une première cause d'irritation à laquelle vient s'ajouter parfois la dilatation des conduits éjaculateurs, comme Brémond (cité par Rapin) et Civiale en ont rapporté des exemples (II, p. 137 et 156). Mais, plus souvent encore, chez les vieux urinaires, on trouve le col de la vessie, la prostate, les vésicules et le rectum englobés dans un tissu cellulaire dense

(1) Voyez aoisi : Hesmelles. Bistoin d« It ^ ~ "**

1854. In-8. p. 126.

Guelliot.

qui fMd fort diffldle la dissection des organes du petit bassin. L'iûflàmmation, partie de la vessie ou de la prostate, envahit lô» tissus circônvolsiûs et de là gagûô les té-

âiêrvoirs spertiiatiques et réxtrémité des défëréutâ qui leur ëAt adjacente (1).

Les calculs véisîcaux peuvent aboutir aujtmêmôô lésions dé voisinage (iroy. p. 32, note); etBirkettâpublié un cas de calcul de la prostate et de la vessie où à Tautôpsle on découvrit une poche limitée par la vessie, le rectum, le péritoine et les vésicules. Celles-ci ne communiquaient plas avec Turèthre et étaient tellement enchâssées dans une masse fibreuse s'étendant de la vessie à la prostate, qu'il était impossible de les en séparer.

Les vésicules présentent dans ces cas deâ lésions fort dlvef àôs dont nous allons faire l'énumération.

Le contenu a été trouvé à peu près purulent par Laborde, à l'autopsie d'un vieillard de 80 ans, présentant des altérations multiples de tout Vapparéil génital, que l'on pouvait rapporter à une inûammation chronique. La vésicule gauche contenait des globules de pus mêlés & des amas de globulins; la droite ne renfermait pas de leUcoCjrtes, mais des gouttelettes graisseuses en abondance; il n'^ avait pas Tombre d'un spermatozoïde (2). Thompson cite deux cas analogues.

D'autres fois* le liquide est muco-purulent et ressemble absolument à celui qu'on fait sortir par le conduit lacf/mal dans la dacryocystite chronique.

(1) Obs. IV (t. m, p. 79) du Traité des maladies des reins deWLmye^^ 1841.

(2) Nous fbrdos remâlfqttôr uûe fdis de plus la dolnoidenoe de l'azoôspermie et dC'S gouttes gmitseuses.

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