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OBSERVATION XVIII

Tuberculose pulmonaire ; cloisonnement de la vaginale ; coloration brune do

liquide des vésicules séminales.

D. (Gabriel), 53 ans, entre à l'hôpital en 1881 pour une tuberculose pulmonaire dont le début remonte à cinq ans. En 1865, il avait contracté une blennorrhagie de longue durée qui s'accompagna d'orchite double; on fit la ponction de la vaginale. Depuis trois mois, les érections sont abolies. II y a quelques mois, il s*est aperçu que ses testicules enflaient. Nous constatons en effet des lésions de vaginalite chronique, avec un petit kyste à la naissance du cordon gauche, et un autre plus gros au niveau de la tète de Tépididyme droit.

Quatre jours après son entrée à Thôpital, le malade succombe à ses lésions pulmonaires.

Nous trouvons la vaginale droite cloisonnée par des tractus fibreux qui limitent des poches complètement séparées, et, à gauche, un kyste séreux à la partie inférieure du cordon.

Les vésicules séminales contiennent un liquide hrun^ couleur chocolat foncé. On y voit au microscope, outre des sympexions et de très rares spermatozoïdes, de nombreux globules rouges, les uhs intacts, les autres altérés, fractionnés, avec des granulations pigmentaires nées évidemment de leur destruction.

Parfois le sang est encore moins abondant, le liquide est café au lait ; enfin, s'il s'y mêle quelques leucocytes, il est d'un roux sale^ ichoreux, comme Velpeau l'a observé deux fois.

Dans ces cas, l'examen microscopique peut seul déceler les éléments du sang ; cette recherche est, du reste, toujours utile pour déterminer Vâge de l'hémorrhagie.

Outre les éléments normaux du sperme, on y voit des hématies bien reconnaissables à leur forme et à leur coloration ; d'autres sont altérées et fragmentées ; quelquesunes sont englobées dans les sympexions. Une poussière brunâtre est semée dans la préparation, et, à côté jdes granulations libres d'hématoïdinei ou en aperçoit d'autres,

renfermées dans les sympexions ou les globules granuleux. Ces derniers éléments sont quelquefois tellement chargés de matière colorante, qu'ils apparaissent dans le champ du microscope comme des masses tout à fait noires.

D'autres fois, les globules rouges qui servent pour ainsi dire de témoins à Thémorrhagie, ont disparu, et ne sont plus représentés que par leur matière colorante. Dans un cas semblable, Michel (de Strasbourg), ne trouvant pas d'hématies, en conclut que la coloration rouge est due à la présence de corpuscules particuliers qui jouiraient de la propriété de faire avorter la cellule spermatique. Ces prétendus corpuscules n'étaient que des sympexions ou des leucocytes chargés d'hématoïdine.

Il ne faudrait pas confondre la teinte brune de l'hémo spermie avec la coloration grisâtre du sperme de quelques individus, coloration qui est produite par la desquamation des cellules épithéliales granuleuses de la muqueuse vésiculaire (1).

Que deviennent les spermatozoïdes dans ces cas où le sang est intimement mélangé au liquide séminal ?

Dans l'observation de Rapin, ils étaient beaucoup moins nombreux que d'habitude ; Dieu fait remarquer qu'ils manquent souvent, quand la coloration du liquide des vésicules est d'un brun foncé. Nous avons remarqué de notre

On a prétendu que la coloration du sperme est plus foncée chez les individus de race nègre... Nous n'avons pas été à même de vérifier cette assertion. Voyez à ce sujet :

Le Cat. Traité de la, couleur de la peau humaine, Arost. 1763, in-8.

II. de P*". Recherches philosophigues sur les Américains^ Berlin, T, II. 1774,

Volstel. Handbuch der pathol Anat. Bd III. Halle, 1805, p. 415. Fayi)* De vésiculis seminalibus, Sk'enœ, 1840, p. 56.

Guellio ^^

côté que, lorsque Tazoospermie n'est pas attribuable à une maladie du testicule, du déférent ou des vésicules, cellesci contiennent toujours un grand nombre de globules rouges; mais la réciproque n'est pas vraie, et bien souvent, dans du sperme d'ailleurs normal, on trouve une certaine quantité d'hématies. Albers cite aussi deux cas d^éjaculations sanguinolentes, avec persistance des spermatozoïdes.

Il semble donc que l'arrêt de la sécrétion spermatique favorise l'exhalation d'une certaine quantité de sang dans les voies séminales ; d'un autre côté, quand le liquide sanguin est en petite quantité^ il ne semble pas avoir grande influence sur la production ou la vie des spermatozoïdes : on sait, du reste, que ceux-ci conservent leurs mouvements dans le sang, comme dans le pus et le lait.

La quantité du sang éjaculé est plus considérable, dans quelques cas, qu'on ne le supposerait. Nous avonç vu un homme qui avait rendu assez de sang pour que sa femme crût à Tapparition de ses menstrues. Toutefois Petrus Borellus exagère par trop lorsqu'il parle d'un de ses amis qui, à chaque rapprochement, inondait sa femme d'un ^.euve de sang.

Asse^ rarement, l'hémospermie est douloureuse.

Cependant les douleurs étaient extrêmement vives chez un des malades de Rapin (obs. VI de sa thèse) : elles donnaient la sensation d'un fer rouge traversant le canal de Turèthre. Le patient, âgé de 21 ans, avait des épididymites à répétition, et les autres symptômes que nous avons re* gardés comme caractéristiques de la spermatocystite chronique.

C'est, en effet, dans l'inflammation aiguë ou chronique des vésicules que la douleur est le plus souvent signalée comme accompagnant l'hémospermie. Velpeau, Nélaton,

Bapin, Humphry, Kocher, Delfau, Le Déntu» en font un syrtiptônie de cette maladie.

Il y avait certainement spermatocystite chez le sujet de la 67' observatioii de Lailemand, qui, à la suite d'excès de coït, eut des symptômes décystite,des éjaculations sanguinolentes et douloureuses, puis des orchites. Dans un autre cas (Lallemand, obs. S2), on signale des douleurs dans les testicules et pendant la défécation, des éjaculations rouges et douloureuses, suivies plus tard de pollutions nocturnes. Uhémospermie douloureuse nous paraît donc être un signe de spermatocystite*

Nous aurons fini avec l'étude du symptôme proprement dit, quand nous aurons signalé V effet moral qu'il ne manque pas de produire. Parmi toutes les hémorrhagies, celles qui ont leur siège dans les voies respiratoires ou dans l'appareil génito*urinaire effrayent tout spécialement les malades, et parmi ces dernières, Thémospermie nous semble impressionner plus vivement encore que l'hématurie.

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