‹ Des vésicules séminalesChapitre 33 sur 51 · I. — De l'hémospehmie · texte numérisé non relu

I. — De l'hémospehmie

(,Ejacu[ation sanguiaoleiitE,}

Ce symptôme n'a jamais été étudié bien sérieusement.

Hippocrate parle quelque part d'une aemence sanguinolente et brunâtre.

A. Paré fait remarquer que les hommes qui usent intempestivement du coït, « jettent unhumeurà demy-cuit, voire le aang touipur^ dont la mort s'ensuit », et Schurig dans son curieux Traité intitulé Spcrmatologia, en cite des exemples empruntés à différents auteurs.

Morgagni en parle à peine ; Sauvages lui donne le nom d'hematuria jaculatoria et l'attribue aux excès de coït et à la blennorrhée,

Faye y revient à plusieurs reprises, et J.-P. Franck le décrit avec les urèthrorrbagies.

Nour aurons encore à citer les opinions ou les observations de Ricord, Velpeau, Leroy d'EtiolIes, Gosselin, Vidal, Rapin, Robin, Béhier et Hardy, Tîssot, Acton et quelques autres.

Krause prétend que le sperme sanguinolent est une fiction, uniquement parce qu'il ne l'a jamais trouvé en cet état dans les vésicules séminales : cela prouve simplement que cet auteur a examiné peu souvent ces organes, ou a eu la main singuliërement malheureuse.

De son côté, M. Terrillon a publié, dans les Annales de

(IjSynonymiB : Hematwii jaoulatana. — Hemaluria semina/is, — Sper tocystidurrhagia. — Btmorrhagia semmalia.

EjoeulatUm tanguinolente, kématiqat, rottilUe ; tpermaCorrhagit.

dermatologie (i880, 2" série, t. I, p. 440), un mémoire sur les altérations du sperme dans l'épididymite blennorrhagique. Il cherche surtout à montrer l'existence d'un catarrhe purulent des voles séminales, caractérisé par la présence des leucocytes dans le sperme (Pyospermié). Nous sommes fort étonné qu*il ne parle pas de la présence des globules rouges, d'autant plu3 qu*ils sont signaléis dans plusieurs de ses observations (obs. Il et XI),

Un individu, dont les organes spern^atiques sont absolumeiit sains, mais dont Turèthre est malade, rend au moment de Téjaculation un liquide séminal normal, sauf l'adjonction de quelques stries de gang emportées par le sperme au moment de son passage danç lé canalf Peut-on dire que dans ce cas il y a hémospermie ? Nous ne le croyons pas, pas plus que, dans les mêmes circonstances, on prononcerait le nom d'hématurie. Nops définirons l'hémosper-' mie : Véjaculation de sang pur ou mélangé au sperme, provenant des vésicules séminaUs. Il e^t bi^n ^ntônciu qu^ nous ne touiîhons pas, pour Iç moment, à lia question d'origine, Thémorrhagie pouvant s'être produite dans l^^ yé&icules

on le sang y èUfi parvenu consécutivement,

La couleur rouge, plus pu moinç foncé, du sperme éja^ çulé est souvent 1^ sçul caractère qui invita Iw malades i consulter le médecin*

Cette couleur peut parcourir tput^ la gamm^ de§ diffé^ rents rouges, depuis H tçinte du »ang pur, jusqu'à C&lh du brun grisâtre ou du rose tendre. Ces différences reconnaissent deux causes : l'abondance plus pu moin3 considérable et l'état anatomïque des éléments du s^ng.

Les éjafiulatioQS 4^ sang pur n« s'observent guère que

chez les masturbateurs. Tissot (p. 48), Lallemand (t. I, p. 457) en ont rapporté des exemples.

Les excès vénériens peuvent aboutir au même résultat ; Lallemand parle d'un confrère qui pouvait satisfaire à la fois plusieurs maîtresses, et qui en arrivait à n'émettre que du sang (t. I, p. 498).

Quand le liquide séjourni^ dans les véeiculçs, il prend une teinte noirâtre. Un jeune homme, qui répétait U mas^ turbation six à huit fois par jour, rendait, au lieu de sperma, du sang a demi caillé et noirâtre (Dalaudeterie), et Thypochondriaque de Petersen émettait une semence noire comme de l'encre : atramenti scriptorii instar.

Ces cas sont, en somme, exceptionnels ; bien plus souvent, le sang est en faible proportion, et la matière de l'éjaculation est de couleur rouillée. Cet aspect, signalé par Rapin et par M. Fournier , prouve l'intime mélange du sang et du sperme, et nous ne pouvons nous empêcUer de comparer cêitt éjaculation rouillé^ aux crachats caracté^ ristiques de la pneumonie.

L'émission de sperme sfri^ de sang ne se voit guère que

lorsque rhémorrbagie est fournie par l'urèthre : nous y reviendrons,

Pour peu que le sang séjourne dans les vésicules, il y subit des modifications qui donnent au liquide excrété une couleur brune ou jaune i ce sont les mêmes altérations qui donnent une teinte analogue à l'hématurie ou â l'hématémèse.

Dieu avait déjà remarqué que toutes les fois que le sperme des vieillards prend cette coloration, on y trouve des globules sanguins nombreux^ les uns normaux, les au-» tre» en voie da dissolution. Nos recherches confirment absolument celles de ce médecin ; nous donnerons, comme exexnple» Tobservation suivante :

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