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CHAPITRE II

Ce chapitre sera très court*

L'étude que nous avons faite du développement des voies séminales nous dispense d'entrer dans de longues explications ; et puis la plupart deâ cas que nous allons citer ne sont que des curiosités pathologiques et n'intéressent que par leur coïncidence plus ou moins parfaite avec d'autres vices de conformation de l'appareil de sécrétion et d'excrétion du sperme.

Ce serait une erreur, du reste, de croire que l'absence de la vésicule suppose celle du testicule. Il n'en est rien ; les faits que nous énumérons en sont la preuve et c'est à la portion terminale du déférent qu'est liée l'existence du réservoir: nous savons qu'il n'en est qu'un bourgeonnement.

a. Absence des vésicules séminales. ^^ Cette anomalie est double ou simple.

Bilatérale^ elle n'a été observée que deux fois dans l'anorchidie double, et alors il y a absence de tout l'appareil séminal (Kretschmar (1801), Friese (1841) (1).

Les exemples sont nombreux au contraire de non-développement des deux vésicules chez des individus dont les testicules étaient d'ailleurs normaux ou simplement atrophiés :

(1) Pour la bibliographie antérieure à 1860, consulter le mémoire de Godard; pour le reste» voir li la fln dé ce travaU.

Tenon (1761). Exsti'ot)hie de la yesste. Canaux tléféfents se terminant en cul-de-sac derrière le réservoir urittaire.

Mayer de Bonn (1827). Testicules au voisinage des capsules surrénales, pas d'atius^ de reins, de vésicule biliaire, de vessie, ni de prostate^

Rambeau (1851). TeetiCttles petite, yésicules è l'état rudimeûtaire.

Parisot (1856). liîfiperforatioïl dû rectum. Déféi'ents se perdant sur les pdrois lâtéfftlëé de la vessie.

Godart (1860, p. 7Ô). Pô§ de prostate ni dé verge. Dêff rents se termiûaût par Hh tUbtfrcUle dur près des vaîi*. seauxiliaqties interneâ.

Godûrt (186Ô, p. 79)i Hermaphrodite pédéraste. Testi-»cule à gauche. Canal déféreût de 4 centimètres. Pas de sperthatoiôïdes.

Martin-Magron (cité par Godard)» Les déférents et les éjaculatettrs eliètéùt;

Bérattd (id.). Anomalie comT51e:fte : côàlescénce des deux déféreiits ; éjaculâtéur uâî<}ùe.

Cornelli (1879). Testicules dans l'abdomen ; bypoâpadia^; absence de la prostate et de Tutricule.

Même proportion à peu près potit rsib^èilce unilatérale.

Godard (Recherches.... 1860, p. 28), Blandin {i83i}^ Velpeau (1837), Terreux (cité par Godart), ont VU mà^^er chez des sujets tout l'appareil feéihinal d'un set»! eôté: testicules, déférente, vésicules. Il est certain que,' dan^. ces cas, le ôorps et le canal de WolflF ne rôe soilt développés que du côté opposé. - '■• ^ . -* - ■ ' ^

Il est plus fréquent de voir l'ôrrôt de» d4vedo|)t)etoettt porter sur le rein que sur le testictiléi êrlots que 'font' âé«faut le déférent et le réservoir sperumtiquérf : '■' ; » '•

Bosscha (1813). Pas de véî^icule ùi d'éjaCiïlateur. * gauche. *

Parisô (1837). Hypospadias; absence de rein, déférent et vésicule à gauche.

Dufour (1853). La vésicule gauche n'est représentée que par une simple bosselure du déférent.

Godart (1860 p. 87). A gauche, pas de rein, de capsule surténale, d'uretère ni de déférent.

Cusco (cité par Godard). Même disposition à gauche.

Mûnchmeyer (1868). Observation identique.

Reverdin (1870). Même anomalie à gauche.

Afai/or (1876). L'absence du rein, de Turétère, du déférent et de la vésicule est également à gauche.

Dans tous ces cas, le testicule était normal; l'épididyme n'existait pas ou était représenté seulement par son extrémité testiculaire, selon que l'arrêt de développement avait porté à la*fois sur le corps de Wolfï et son canal, ou seulement sur celui-ci.

Il est à noter que toujours l'anomalie a été observée à gauche. C'est là une règle qui s'applique à un grand nombre de vices de conformation, mais jamais aussi stricte- •iDient qu'ici.

.Ti\]^h^y^omalie par fusion. Les deux exemples connus de ,<^^fi¥i9ejd.e conformation ne nous semblent probants ni ii^^iftîrl/^JiJtre.

-gdîfî^^Jfô (fet;>Sivoir vu une poche occupant la région latéi*^^g%^h$L4iiMssin, au niveau de la division de l'iliaque i9^(^(MwiÂ3^ÂMàT^m^ droit n'existait que dans sa partie abdominale et croisait la vessie pour se rendre à la poche fifiÂftB^cf )J*®ïplte %^Wti?sait aussi le déférent gauche. -Mftiffft^t^iil^vi^^ai^jfeijf^^laire et chaque moitié se gonflait isolément5ij^j5liP^]|gu,^§aitde l'air par le déférent. ^H^imsdWi^^^^^Jfl /W«j?i^f^^B^w7iî9wer avec Vurèthre. Dans le cas de Deville^ la vésicule unique était en partie

atrophiée et située juste sur la ligne médiane, entre les déférents; son canal excréteur n'a pu être disséqué.

La communication avec Turèthre n* ayant pas été démontrée, on peut se demander s'il ne s'agit pas de productions kystiques. On peut encore admettre que la vésicule médiane de Deville n'est que Tutricule prostatique anormalement développé (1) chez un sujet n'ayant pas de vésicules.

Nous avons déjà signalé une disposition qui, à un exa« men peu attentif, ferait admettre la fusion des vésicules, alors que celles-ci, très développées, sont simplement accolées par leurs bords internes.

h. Anomalie par dédoublement. Il n'en existe pas de cas bien authentique. Paul Zacchias dit bien avoir vu d'un côté une double vésicule; mais il ne donne aucun détail, et il s'agit très probablement d'une bifidité de Vintesti^ nulum, séminale, comme nous en avons vu un exemple.

Pour être complet, nous devrions citer les observations assez nombreuses d'atrophie des vésicules coïncidant le plus souvent avec une absence ou une diminution de volume de l'épididyme et du déférent. Elles sont dues à J5rw-

(1) Cette disposition del'uiricule n'est pas absolument rare.

II peut aussi manquer, sans autre anomalie de l'appareil génital (1 fois sur 5 nouveau-nés d'après Robin).

Enfin, si les canaux de Muller ne sont pas complètement atrophiés, il présente la disposition de Tutérus mâle des rongeurs, garni de ses appendices wéberiens^ ou bien un canal unique persiste, qui va de la région rénale à Turèthre en s'abouchant sur le veru-montanum :

Petit. Histoire de l'Académie royale des sciences, 1720, p. 38.

Civlale. But. ac. méd. 16 avril 1833 et Traité des maladies deê organes géniiourinaires. l'* éd. T. II, 1841, p. 476.

Boogard. Journal de Robin, 1877, p. 200.

E. Martin. Id., 1878, p 21.

Barth. Soc. anat. 14 nov. 1878 et Rémy, Journal de Robin, 187«.

gnonêf Crui^éilhiêr, Broca^ Denonvilliers^ Godarcï, etc-, on les trouvera résumées dans les travaux de ce dernier au-* teur. Wenzel Grûbeten a aussi publié un cas (1868;.

Il faut enfin noter l'existence de la vésicule che2 des indi" vidus privés eongénitaletneUt d'ûti ôU àeé deu^ testicules. Les exemples n*én sont pas rares.

Alors là vésicule, qui a son aspect et SôH VôluMe tiùt» maux, renferme un liquide jaunâtre ou brunâtre, asseiS épats, Veuf, bien entendu, de speriliâtozoïdeâ, et contcîtiant des cellules épithéliâles et d'âssô2 nombreuses gouttelettes ffraissêuseê (i) (FôlHn, Légôtidré).

Même remarque pour la monorchldiô et la cryt^torchidie. Les vésicules sont parfois plus [petites qu'à Tétai normal, mais elles existent et contiennent les mêmes élémentsi Ces faits ont été également observés chee les chevaux cryptorchides par Colin {BuL soo. anat. 1850« T. xxv» p. 205).

Dans Vhermaphrodisme^ tdiniàt elles existent, tantôt elles manquent, suivant en delà le sort du déférent. Leurs rapports changent alors t ainsi Petit (de Namur) a décrit un cas d'hermaphrodisme véfticàl, [où les vésicules étaient placées â droite et à gauche de l'utérus. .

,^,11 nous reste enfin à signaler une anomalie plus rare et plus complexe. - c..

^. Aé Anoinalie par éofnmunieation af^ec Vuretitêi ^^^ Au début de léUi* àévîilô|)petnènt, l-ùretère et le déférent s'abouchent dans le sinus uro-génital par |une ouvertur«

(t) Nofmalet!«iâU OU fié ItôïïVê p«M ddtiS léê Vêsieûlei Aê oeil gôttttei llttitétiiès, ou ce ne sont que quelques granulations rérfi^iâgehtéâ tfès ttetitctl. ËUeS ëtlUSât au contraire chez Tenfant^ avant ré tdblissetâènt de ta SefivStlofi Spdmiattqtté. leur disparition chez l'adulte nous parait tenir à ce faK, signalé pAf LOU^èt, qoQ l9 sperme jotili de là ^pHéf 6 d'éMulmimiléf lés {f^àlssë)!.

cofnmuiié. Smifiemmerit transitdii'é ehè2 lUctniaé où elle ne dure que quetqueiS jourâ, cette disposition deirîetit pet^ maiienté chez quelques aiïitliaui.

Klle a été observée à titre d'anomalie excêptio&u elle âàtt» Tespèce humaine.

Les cas les pluâ simples sont téii± à'Eppingét et de Rott. Le premiers vu un rein rudimeutaire, cièûsititué par 5 conduits, donner naissance à un uretère qui, après sa pé^ nétration dans la vessie, suivait un trajet â6US'-musculeuat pour aller s'aboucher dans le canal éjàcul&teur, dô sorte que sa muqdduie êe continuait «vec €tlle dii q% conduit et du réservoir spermdtique. L'uretèft et la vésicule contenaient des cônerétimis formées de subatakioe colloïde et de

phosphatée terreuic.

Lé fait de Th. Rott éftt presque identique. Le rein (droit) était également atrophié et formé- seulement de S con» duits. L'uretère dilaté et môniliforme entrait en connenion avec le déférent à un centimètre de la vessie.

Ici le Canal tire/éro<-èé7mna2 était plus long que daUâ le fait d'Bppinger et rànomalie représentait Bsees bien le tjpe uro-génltal dès batraciens.

Les cas d'Bojfmann Sont beaucoup plus ^sompliqués

Dans ses deu:!t observations, lés uretères étalent doubles,

ou, du moins, Il côté d'un canal normal, il 9tt existait un autre qui, partant du baasinet et bilobé lui-mémej se dilataît en arrivant â la partie postérieure de la vessie et y constituait une pochè de 2 centim. 5 de diamètre, occupant la plaee de la vésicule séminale normale.

En introduisant une soie de sanglier par le déférent, on pouvait constater que là poche était d'abord séparée de celui-ci par une mince cloison, puis Venait s'ouvrir, comme l'éfc^ulateur normal^ sur les parties latérales du verumontanum.

S'agit-il, comme le croit l'auteur, d'une transformation d'une vésicule séminale en uretère, ou, n'est-ce pas simplement, comme nous sommes tenté de le croire , un exemple de dédoublement du bassinet et de l'uretère, compliqué de cette autre anomalie, Tabouchement d'un des deux conduits excréteurs du rein dans la terminaison du canal spermatique? Quant à la poche rétro- vési cale, il es( difficile de dire si elle n'est qu'un renflement de l'uretèri anormal ou une véritable vésicule ayant bourgeonné à la naissance même du conduit uretéro-séminal.

Anomalies des éjaculateurs. — Leur absence est évidemment subordonnée à celle de la partie vésicale du déférent : dans ces cas, celui-ci se termine à une hauteur variable, par une extrémité oblitérée et renflée le plus souvent.

Leur fusion, que les anciens regardaient comme normale (Habicot, Leal Lealis), est absolument exceptionnelle et coïncide généralement avec d'autres vices de conformation de Tappareil séminal.

Béraud (voy. Godart, 1860, pi. XIV, fig. 3) a vu le déférent droit croiser la face postérieure de la vessie pour se réunir à son congénère, et le canal éjaculateur unique s'ouvrir à gauche du caput gallinaginis. Il n'}- a pas là une véritable fusion, mais l'éjaculateur absent est suppléé par celui qui existe.

Chez un sujet n'ayant pas de vésicules, Hyrtl a constaté que les déférents se réunissaient en arrière de la vessie sur une longueur de 25 millim., en formant une dilatation impaire et symétrique. Au bord postérieur de la prostate, cette poche diminuait de volume et se terminait en un canal conique et unique dont l'orifice uréthral était situé au sommet du verumontanum (1).

(1) Ne 8*agit-il pas plutôt d*un abouchement des déféréhts dans Tutricule prostatique avec développement de cului-ci (type des rongeurs)-?

Quatrefages aurait vu également la fusion des deux éjaculateurs au sein de la prostate.

La malformation peut porter seulement sur leur extrémité uréthrale.

Cet abouchement anormal peut se faire dans Tutricule prostatique. Morgagni a constaté cette anomalie et Dolbeau a vu les éjaculateurs venir s'ouvrir dans la cavité même de Tutérus mâle, à 1 millim. aiu-dessoas de son orifice.

On cite un cas d'ouverture dé ces canaux sur la paroi inférieure de Turèthre, en avant de la prosta*te qu'ils contournaient (Picard).

Enfin les éjaculateurs pourraient, après convergence, éoh^tituer un canal unique qui, parcourant toute la longueur de la verge, viendrait s'ouvrir isolément sur Iç gVàM.

Cette question des urèthres doubles est loin d'être tranoHëe'."'^ '

lièlàï Certain qu'il existe parfois deux canaux superposés quî çlafràiifeent avoir chacun son attribution propre, le supérieur servant plus spécialement à Texcrétion spermatique; mais les faits rapportés manquent de la consécration àTtatoftriqlfe^(¥*sale, Borélli, Testa, Picardat, etc.).

tJiie dîssèctiSh a été faite par Cruveilhier et elle est incomplet^,! !!U'ill|ii3.t,re anatomiste a vu et représenté un de des eaneit»^ sijil^piértientaires formé par la convergence de dèUx ëô'iidùits' qu'ïï suppose être les éjaculateurs, mais sans preuve évidente, puisque la pièce anatomique étant incomplète, il n'a pu les suivre que dans leur portion pénienne.

Alors que l'urèthre supérieur donne seul passage à la semence (Vesale, Testa), on est bien forcé d'admettre cette anomalie.

Mais, souvent, ce canal accessoire n'est qu'une bifurca*

tion aatérieur^ de l'urMhre normal, ou bien U ne laisse passer qu'un peu de fluide prostatique etdoit^tre considéré alors comme le canal e^crétieur d'u^e prostate accessoire ou plutôt de lobules glandulaires en ectopie* Luschka Ta démontré le scalpel à la main, et M« Yerjpeiiil a consacré à ce syjet un ipémoiri^ intéressant .

Ainsi, la clef delà ior^^tjioQ 4^ tcmites l^a anomalies des organes génitaux internes nou$ est donnée par Tétude du développemeùt et, réciproquemei^t, le« coi;tst|atatipns téra* tologiques viennent souvent confirmer 4es doan^^s discij^r; téôs d*embryologie^

L'indépendance de 4éveloppen^eut de la gls^nde sémin^ et de son qanduit e?:çréteur apparaît ^.urtout évide^jti lorsqu'on lit les observations d'anomalies de l'un ou l'i^i^^^ 4e ces segments de l'appareil spermatique^ ,. ^

(Sur 19 cas d'anorchidie, nous voyons que 12 foiâ les.i^^-r. sicules étaient norjmçiles et 7 fois elle» exi^t^.ieiit atrgpjii^f s î 6 fpjs seulement, l'appftjreil sperin^tlque tput gpj^ipf ^jsfl^| défait) (1), .,,; ^,, .,;,,,

(1) Rindfleisch a publié récemm^pt \ixi cas assoz curieux da^AiiijM^^ltA'^AMl d'hydronépbrose chez un nouveau-né par hypertrophie d^; ja crètA urétn|e Celle-ci était elle-même sous la dépendance d*une atrésie avec ectasie des ieui conduits séminifères. Les éjaoulateurs étaient imperméâliNb U \wi ^ ^^èMhXë^ iras distendua«i> renfjsrmaient un liquif|e fiu^e fiyec Qf| 0^p|i^ fp^b^Killf bï^ loTdes et dess cristaux incolores, réfringents comn^e d& U fS^fff^ , fffEki fVf^ était de 43« à 137o ^Archites de Virchow, T. 81, 4880, pi m et Taf. XV, fi'g. 4).

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