‹ Des Vomissements Graves de la Grossesse Dans Leurs Rapports Avec Des Lésions du Système NerveuxChapitre 19 sur 20 · PER · texte numérisé non relu

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elle est obligée de s’aliter. On la nourrit avec des lavements nutritifs.

Le 1e janvier, elle entre à l'hôpital de Moscou.

A l’examen, on constate un utérus en antéversion : son col dirigé en arrière est conique et rigide.

De plus, la malade présente des symptômes qui indiquent évi-

demment l'existence d’une névrite périphérique multiple. On constate, en effet, une parésie marquée des membres inférieurs s’accompagnant d'hyperesthésie.

: La pression sur les muscles et les principaux troncs nerveux est douloureuse, surtout à gauche. L’atrophie musculaire est très prononcée. Il y a des traces d'albumine dans les urines. Certains muscles, tels que les péroniers, le tibial antérieur et lextenseur commun des orteils présentent une diminution considérable de l’excitabilité faradique, et on y constate en outre la réaction de dégénérescence. Réflexe rotulien aboli à la hanche, affaibli à droite.

Il existait du prurit et une éruption eczémateuse au dos et à la nuque. Les vomissements persistent et ces symptômes de polynévrite s’accentuent tous les jours. Soloview se refuse à pratiquer un accouchement provoqué en raison de l’état d’affaiblissement de la malade. La maladie se termine par la mort.

L'examen microscopique des différents troncs nerveux démontra l'existence d’une névrite parenchymateuse caractéristique dans le nerf phrémique et moins prononcée dans les autres nerfs.

Observation V.

STEMB0, de Wilna (Russie).

Un cas de polynévrite au cours de la grossesse consécutive à des -

vomissements incoercibles.

La femme Céc. Gr., ne présente aucun antécédent héréditaire fâcheux. Dans l'enfance, elle a toujours été bien portante. Elle a été réglée à 14 ans, et depuis elle a toujours été bien réglée. À 24 ans, elle se marie avec un homme robuste et bien portant. Sept mois après son mariage, elle devient enceinte, Au commencement du

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deuxième mois de sa grossesse, elle présenta des vomissements qui en peu de temps devinrent très prononcés malgré les traitements variés etopportuns qu'on leur opposa. Ils durèrent plus de trois mois. C’est durant cette période que la malade commença à se plaindre de douleurs dans les jambes. Ces douleurs cessèrent au bout de quelque temps, et la malade, alitée depuis le début de ses vomissements, voulut se lever.

Mais elle sentit une telle faiblesse dans les jambes qu'elle ne put se tenir debout et elle s’affaissa. Le membre inférieur gauche était le plus faible et était aussi le siège de vives douleurs. Je fus consulté pour la première fois peu de temps après; j'examinai la malade et je fis un examen électrique.

Voici ce que je constatai :

La patiente est une femme de 25 ans, bien constituée, de taille moyenne.

Du côté de la face, on ne remarque rien d’anormal : elle fronce les sourcils, elle ouvre et ferme les yeux qui peuvent accomplir tous les mouvements normaux. Les pupilles réagissent bien, le champ visuel n’est pas rétréci. Pas de dyschromatopsie.

La mémoire est affaiblie, la compréhension un peu difficile. La langue n’est pas paralysée et ne présente pas de tremblements fibrillaires. Il n'existe aucu à trouble de la phonation, ni de la déglutition. La température est normale; le pouls, le cœur, et les poumons n'offrent rien d’anormial.

La hauteur de l’utérus répond au sixième mois de la grossesse. Les fonctions urinaires et intestinales ne présentent rien de particulier.

Les urines ne contiennent ni albumine ni sucre.

Au membre supérieur, la motilité n’est pas atteinte; pourtant la flexion et l’extension des doigts sont un peu douloureuses,

Au membre inférieur, la cuisse est légèrement fléchie sur le bassin et le pied est en varus équin.

Les muscles des membres inférieurs sont visiblement plus atrophiés que les supérieurs. Cette atrophie est surtout accusée dans la région antéro-externe de la jambe gauche.

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La sensibilité est peu altérée; on constate seulement un peu de diminution de la sensibilité à la partie inférieure de la cuisse.

La force musculaire est très amoindrie. Le réflexe patellaire est affaibli à droite, complètement aboli à gauche.

Les muscles sont très sensibles à la pression et présentent une grande surexcitabilité : les nerfs tibial et musculo-cutané sont de même douloureux à la pression.

L’exploration électrique donna les résultats suivants : Au membre supérieur, on ne note rien d’anormal, peut-être peut-on dire qu'il existe un retard dans la contraction. Au membre inférieur droit, l’excitation galvanique et faradique est amoindrie d’une façon insignifiante. Au membre inférieur gauche, on trouve que l’excitation au courant faradique est presque nulle, de mêmeau courant galvanique, l'excitation des nerfs est faible. Les muscles réagissent encore au courant galvanique, mais la contraction est lente vermiculaire.

Le traitement électrique amena une grande amélioration, si bien que vers la fin du huitième mois de sa grossesse, la malade a pu marcher. Elle mit au monde un enfant vivant, à terme, qui mourut peu de temps après. Le traitement fut continué et, un mois après l'accouchement, la malade était déjà en état d'entreprendre une

petite promenade à pied.

Observation VI

HerRENSCHMIDT, LEPAGE et Durour, rapportée dans la Revue neurologique du 15 février 1910.

Mne B... présente, dès le premier mois de sa grossesse, des vomissements incoercibles persistant pendant le deuxième mois, amenant un amaigrissement énorme; l’état devient grave, le pouls à 130, urines rares, albumineuses, M. Lepage pratique l'avortement le 3 octobre, Celui-ci ne donne pas lieu à des complications, mais l'état de Mn° B... s'aggrave les jours suivants, l’estomac est tout à fait intolérant, le pouls est à 140. La veille de l'avortement, la malade s’était plainte de douleurs dans les jambes, ces douleurs aug-

mentent bientôt.

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Le 6 octobre, la malade commence à délirer, puis les jours suivants elle est frappée d’amnésie en même temps qu'une paraplégie apparaît. Puis ce sont les muscles laryngés qui sont pris ; bientôt les sphincters se relâchent, il y a une petite eschare sacrée.

Le 2 novembre, alors que la polynévrite était sensiblement amé= liorée, la malade fait dans la journée deux crises épileptiformes généralisées, puis des crises subsintrantes suivies d’un coma profond. Quand celui-ci cesse, on constate de l’hemianopsie gauche. Huit jours après l’état psychique était des plus satisfaisants. Les membres inférieurs recouvrent dans la suite lentement sous l'influence du traitement électrique leur motilité. Le pouls reste rapide très longtemps et est encore à 90 au mois de juillet.

En janvier, tout est rentré dans l’ordre.

Observation VII (très résumée),

(CarHaLA et P. Trasrour, Bulletin de la Société d'obstétrique de Paris, séance du 19 mai 1904).

Un cas de polynévrite gravidique.

Pendant deux premières grossesses, la malade avait vomi. Enceinte pour la troisième fois, elle eut des vomissements très abondants, souvent hémorragiques, puis apparut une paraplégie avec douleurs très violentes, hypéresthésie des membres supérieurs, troubles des sphincters, enfin troubles psychiques caractérisés par une irritabilité particulière.

Après l'accouchement qui se fait à terme, la malade s'améliore peu à peu.

Observation VIII (Rupaux).

(Extraite de la Revue neurologique du 15 février 1910).

Une femme de 33 ans, ayant eu une première grossesse accompagnée de vomissements, est prise au cours de sa seconde grossesse de vomissements alimentaires, puis bilieux survenant pendant le cinquième mois.

Ces vomissements s’accompagnent de salivation abondante, douleur, brûlure épigastrique, hoquet, affaiblissement extrême.

Get état persiste plus d’un mois, mais le pouls s’accélère constamment au-dessus de 100, les urines deviennent peu abondantes, du subictère apparaît. On se décide à interrompre la grossesse et on ramène un fœtus mort, Ceci se passe le 5 janvier. Les jours suivants tous les troubles disparaissent et l’état de la malade devient satisfaisant, quand, le 18 janvier, des douleurs apparaissent dans les membres inférieurs et une polynévrite s’installe avec impotence, atrophie musculaire, abolition des réflexes, douleurs, etc. Traitée par le massage, l'électricité, cette polynévrite guérit peu à peu, et

au mois de mai la malade pouvait marcher.

Observation IX (résumée) WaLLicH. Annales d'Obstétrique et de Gynécologie, 8 mars 1909.

Avortement provoqué pour vomissements incoercibles, névrites et rétinite

hémorragique.

G. P..., primipare, entre à la clinique Baudelocque le 23 août 1905. Elle a eu ses dernières règles le 30 juin, et a depuis le début de juillet des vomissements abondants; obligée de garder la diète hydrique, elle tombe dans un état de faiblesse extrême.

Le 2 octobre, des troubles visuels apparaissent : amblyopie très marquée qui va en s’accentuant.

Le 4, on interrompt la grossesse et les vomissements disparaissent le lendemain, mais la malade, très faible, ne peut se lever pour la première fois que le 14 novembre. On constate alors qu'elle se tient debout avec beaucoup de peine; elle a en effet une névrite à forme paraplégique avec abolition des réflexes, atrophie musculaire et douleur à la pression des veines musculaires.

Cette névrite guérit d’ailleurs parfaitement et la malade pouvait quelques mois après, reprendre ses occupations.

Observation X

Durour et CoTrENoOT. Société de Neurologie, & mars 1909.

Mme G..., 25 ans. Elle en est à sa deuxième grossesse. Comme à la première, elle fut atteinte dès le début de vomissements incoercibles qui, quelques temps, nous firent craindre une issue fatale. Ceci se passait en novembre et décembre 1908.

À partir du 3 décembre, elle ne vomit plus, reprend du poids, et elle était au mois demars en parfaite santé. Cependant, depuis trois mois, qu'avaient disparu les vomissements, elle avait gardé, sans aucune lésion organique, sans lymphocytose rachidienne, un symptôme de première importance, permettant d’incriminer une névrite du pneumogastrique, c'est une tachycardie permanente maintenant les pulsations à 120. Ceci, disions-nous, est la preuve d’une mononévrite siégeant sur le nerf qui a les rapports les plus intimes avec l'estomac ; peut être mêmeesl-ce ce nerf quidomine la physiologie des vomissements.

Toutau plus pourrait-on penser que la lésion de cette tachycardie est haut placée, qu’elle atteint le bulbe, et on aurait encore une meilleure raison de lui rattacher le vomissement.

NT Me

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