RER TE
On connaît l'influence de la grossesse sur le système nerveux. Les femmes les plus normales à ce moment, deviennent émotives, bizarres, présentent des altérations du caractère et du goût, à plus forte raison les femmes nerveuses ou hystériques chez qui la grossesse peut déterminer de véritables accidents, comme des vomissements incoercibles, |
Mais l'argument le plus décisif en faveur de cette théorie, c'est que ces femmes guérissent quelquefois spontanément sous l'influence d’une émotion, d’un changement de milieu, par l’isolement ou par la suggestion.
D’après ce que nous venons de dire, il est très admissible, pour ne pas dire certain, que dans beaucoup de cas les vomissements de la grossesse n’ont pas d’autre origine qu'une hyperexcitabilité du système nerveux.
Mais lorsque ces vomissements ne cèdent pas au traitement, sommes-nous en droit d’invoquer l’hystérie ou d’autres névroses pour les expliquer ? Ne semblent-ils pas provenir de lésions nerveuses plus accentuées que ces névroses vagues et mal définies ?
Nous sommes loin de connaître l'hystérie, la neurasthénie et les névroses en général. Nous ne pouvons apprécier que des phénomènes relevant de causes qui nous échappent. Et tant qu’on n'aura pas trouvé la lésion nerveuse origine de ces troubles, on ne pourra que s’égarer dans une pathogénie obscure et problématique.
Nous en avons fini avec l’exposé des théories relatives à la pathogénie des vomissements de la grossesse. Nous voyons que la théorie de l’auto-intoxication et la théorie nerveuse sont extrêmement intéressantes et toutes deux
OVAS
aussi très plausibles. Nous ne les discutons pas et nous pensons qu'elles ne s’excluent pas l’une l’autre.
Il nous semble que dans une question aussi ardue et soutenue par des maîtres si éminents, il serait prétentieux de notre part d'apporter des arguments pour ou contre diverses théories. Mais ce que nous pouvons dire c'est qu’elles sont loin d'expliquer tous les cas devomissements graves au cours de la grossesse.
Comme nous le disons au début, ce syndrome aussi peu spécialisé que les vomissements, peut relever de causes diverses, et vouloir leur attribuer une pathogénie unique nous semble résoudre trop simplement une question aussi complexe.
L'amour de la logique nous fait difficilement admettre qu’un même effet soit produit par des causes différentes.
Quant à nous, ce n’est pas une théorie nouvelle que nous voulons exposer ici. En attribuant dans certains cas les vomissements graves de la grossesse à des lésions nerveuses bien définies, nous ne voulons pas dire par là que tous les vomissements incoercibles relèvent d'une affection nerveuse méconnue, nous faisons simplement remarquer que l’on fait une part trop grande aux vomissements dus uniquement à la grossesse.
Dans les observations qui vont suivre, on verra comment, chez des femmes enceintes, on avait pris pour des vomissements incoercibles, relevant de la gestation, des vomissements provoqués par des lésions nerveuses avérées. Cette erreur de diagnostic tenait à ce qu'on n'avait pas fait l'examen du système nerveux de ces femmes dans
les services d'accouchement où elles étaient soignées. Si
ces femmes n'avaient pas passé dans un service de médecine, jamais on n’aurait attribué à leur véritable cause ces vomissements qui présentaient tout à fait le caractère de ceux que l’on observe au début de la grossesse.
Nous ne disons point que la grossesse n'ait pas eu une certaine influence dans l’évolution de ces vomissements. Sans doute elle avait dù précipiter l'apparition de ce symptôme qui se serait cependant produit tôt ou tard en dehors de la gestation.
Nous savons en effet que le vomissement est un phéno-
mène presque constant des lésions des centres nerveux. M. Doléris nous dit du reste qu’il ne revêt ce caractère d'extrême violence que dans les lésions bulbaires et cérébrales, et que par contre il manque dans les toxémies d'origine hépatique ou intestinale.
Si l’on se reporte au mécanisme du vomissement, on voit que c'est un phénomène purement nerveux. Le centre du vomissement qui siège au niveau du bulbe peut être excité soit directement soit de facon réflexe.
Dans les vomissements de cause réflexe, le réflexe se faisant par l'intermédiaire des nerfs périphériques, peut | avoir des points de départ extrêmement variés.
On sait que les impressions psychiques (la vue de certains objets ou l'odeur de certaines substances, l’idée d’une chose répugnante) suffisent à déterminer, à produire l’évacuation spontanée de l'estomac.
Tous les viscères à leur tour peuvent être le point de départ d’un réflexe qui aboutit à un phénomène analogue.
Mais le centre du vomissement peut être encore excité