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CHAPITRE IV

LE DÉSARMEMENT NOUS LAISSERAIT APRÈS DÉFAITE MOINS DIMINUÉS QUE l'ÉTAT ACTUEL ET PLUS GRANDS APRÈS LA VICTOIRE.

iDes deux propositions indiquées dans l'entête

^ ce chapitre envisageons d'abord la première.

ïlepoussant le principe du pacifisme absolu,

^ïneurant fidèles au jeu des compromissions et

^^^ alliances, munis de l'armée et de la flotte que

^^^iis possédons, nous nous laissons entraîner dans

^^^ conflit, soit à la remorque de l'Angleterre,

^^^it à la remorque de la Russie, et nos forces sont

^^^xnplètement mises en déroute.

Quelle sera notre situation ultérieure ?

Celle des peuples que dans l'antiquité Rome a

vaincus; celle de la Pologne contemporaine. Nous perdrons notre nationalité, à la longue notre langue. Nous serons assimilés par nos vainqueurs qui — surtout si ce sont les allemands — , moins avancés que nous, feront reculer notre civilisation. Et n'ayant combattu que pour obéir aux lois de la concurrence vitale, sans avoir proclamé aucun grand principe, sans nous être proposé quelque grand idéal, nous mourrons platement — je répète ce mot que j'ai prononcé jadis, quoi qu'il paraisse déplaire à Clemenceau. — Malgré notre grand rôle passé, nous ne laisserons à la postérité en fin de compte qu'un souvenir banal et sans grandeur.

Passons maintenant à la proposition opposée.

Imbus de cette idée supérieure que les hommes ont à accomplir une tâche plus haute que celle de s'entretuer, nous faisons taire nos griefs et nous abandonnons nos revendications territoriales : tous les peuples en ayant eu, en ayant ou pouvant en avoir demain de semblables, la guerre serait éternelle si l'un d'eux au moins ne commençait pas par y renoncer.

Ce sacrifice fait, nous licencions nos forces, et nous adressant aux autres groupes humains, nous leur disons :

« Frères, nous renonçons à jamais à vous attaquer, et comme nous ne vous supposons pas

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