‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 59 sur 88 · CHAPITRE DEUXIÈME I · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME I

Si depuis lors,, et grâce à Talliance anglaise, nous n'avions pas relâché fortement les liens qui nous unissent à la Russie; si, tout au moins, notre gouvernement n*avait pas pris dans ses rapports envers son allié une attitude plus indépendante, moins en sous-ordre, il aurait appris un jour qu'après l'avoir mené à Pékin sans qu'il s'en doutât, l'empereur it Russie l'avait, sans plus de ménagements, jeté dans une coalition contre l'Angleterre.

M. Judet, pour nous éloigner de l'entente avec la Grande-Bretagne, cherche à nous épouvanter.

Dans les premiers articles auxquels j'ai déjà eu 1 occasion de répondre, il brandit la menace d'une visite que ferait l'ambassadeur d'Allemagne au Président de la République pour sommer notre pays de prendre parti, si un conflit éclatait entre l'empire allemand et la monarchie anglaise.

La menace est vaine et la visite annoncée de M. le prince Radolin à M. Fallières ne se produira jamais tant que nous demeurerons étroitement unis à la Grande-Bretagne, quels que soient d'ailleurs les rapports de cette dernière avec la Russie,

^ récit, surtout si l'on est convaincu que je ne nommerai pas mon *^formateur ; mais je nen affirme pas moins son authenticité absolue.

Près de quatre ans se sont écoulés depuis le jour où cet article a I^ru et aucun démenti n'est venu, ce qui apporte au fait que j'ai '^SQalé une nouvelle preuve de véracité.

parce que, dans ces conditions, la guerre n'écla,tera pas.

Mais cette démarche, Guillaume la fait constamment en nous avertissant à toute occasion des dangers que nous courrions du seul fait que la guerre éclaterait entre lui et son royal oncle. Ce n'est pas, il est vrai, son ambassadeur qui s'en charge, et M. de Radolin ne va pas porter quotidiennement à M. Fallières cet ultimatum anticipé. Il a des substituts : les hommes qui, à la manière de M. Judet, croient placer la France sur un terrain indépendant et libre en recommandant l'entente avec Saint-Pétersbourg. En réalité, qu'ils le veuillent ou non, qu'ils protestent ou non, les Français qui tiennent pour Talliance russe tiennent pour l'alliance allemande. S'ils sont de bonne foi en le niant, cette bonne foi ne prouve qu'une chose : la pauvreté de leurs vues sur les problèmes que recèle l'échiquier européen.

C'est que si d'aucuns prétendent ne pas faire intervenir la politique intérieure dans les questions de politique extérieure, les divers gouvernements de l'Europe n'ont pas ce beau désintéressement.

Le tsar et ses conseillers professent la haine et le mépris de notre République, et ne lui témoignent un peu de respect que quand il s'agit de lui emprunter son or. Ils n'ont garde de vouloir

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