‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 58 sur 88 · CHAPITRE DEUXIÈME I3I · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME I3I

nisse n'est pas le contrepied de l'alliance allemande. Ce contrepied, c'est l'entente cordiale avec la Grande-Bretagne. L'alliance russe n'est que l'alliance allemande déguisée. En nous liant à la Russie, nous nous bornons à passer par Saint- Pétersbourg pour aller à Berlin. Ce détour était inutile. Aller directement à BeVlin était plus simple, et j'ai dès lors été excusable de considérer comme acquis à l'entente avec l'Allemagne les détracteurs de l'entente avec le royaume uni.

L'Allemagne est encore très féodale, et la féodalité teutone ne demanderait pas mieux que d'engager une lutte armée contre l'Angleterre dans 1 espoir d'assurer pour des siècles la suprématie de la. race germaine sur le monde par la défaite des Anglo-Saxons.

Guillaume II, féodal comme son pays, nourrit l^s mêmes désirs, les mêmes espérances ; mais ce ^ est un écervelé qu'aux yeux de ceux qui ne le connaissent pas. Il combine ses actes et ne se lan- ^rait dans une pareille entreprise que s'il croyait avoir les plus grandes chances d'en sortir victorieux. Ofj il ne lui suffit pas pour cela d'avoir l'appui de la Russie désemparée par ses défaites de Mandchourie, privée de flotte et minée par la révolution. Il lui 6ut le concours de la marine française, et, depuis Quinze ans, il cherche à se le procurer en utilisant ^ bons offices de la diplomatie moscovite.

Il nous a déjà menés en Chine où nos troupes ont marché sous le commandement de Valdersee, Il voudrait nous mener de même à Londres.

A la veille de l'expédition de Chine, l'ambassadeur de France à Berlin reçut la visite de l'empereur. Il venait le prier de transmettre au gouvernement français ses remerciements et ses félicitations pour le bons sens dont il avait fait preuve. L'ambassadeur ne comprenait pas et répondait par de vagues propos. Guillaume s'en aperçut vite et ce fut lui qui apprit à notre représentant l'événement dont il se montrait si heureux. C'était la décision, prise par le Cabinet de Paris, de placer le contingent français de l'expédition de Chine sous lesordres d'un généralissime allemand. Notre ambas— sadeur ne s'expliquait pas comment son ministre avait prévenu la chancellerie allemande par une* autre voie que la sienne. Sa curiosité fut vite satisfaite : le kaiser n'avait pas été renseigné par Paris ; il l'avait été par Saint-Pétersbourg. Nous traitant en quantité négligeable, le gouvernement russe, sans nous avoir au préalable consultés, avait notifié son adhésion et la nôtre au projet allemand (i).

(i) Ce fait a été déjà publié par moi dans V Européen du 12 mati 1904 et précédé de ces quelques lignes :

« Et qu'où me permette ici de raconter un incident démonstratif que je tiens d'une personne bien informée. On démentira peut'Mft

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