‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 68 sur 88 · CHAPITRE Q.UATRIÈME I5I · texte numérisé non relu

CHAPITRE Q.UATRIÈME I5I

V Allemagne, au cas où cette dernière nous contraindrait par rînvasion à sortir de la neutralité, Qous serions loin d'être indemnes de tout péril. Mais d'abord c'est là une hypothèse que je n'envisage que par acquit de conscience, car je ne vois guère Guillaume II obligeant la France à se joindre i ses ennemis, alors qu'il aurait déjà contre eux seuls une formidable partie à jouer. Je ne le crois P^ assez impulsif pour le supposer capable de ^mmettre de gaîté de cœur une pareille faute.

Envisageons cependant cette éventualité pour ^c laisser aucune objection sans réponse.

Nous avons pris parti pour le royaume uni et les légions germaines envahissent notre sol.

Je laisse de côté toute idée d'une aide venue ^^ la Russie. Elle demeurera dans ses steppes et découvrira bien une clause dans le traité d'alliance pour établir que le casus fœderis ne joue pas. Le Q^eux que nous puissions en attendre, c'est qu'elle ^^ se joigne pas aux Allemands contre nous. Pourquoi viendrait-elle défendre la République alors 9^ elle n'aurait plus aucune espérance d'y con- ^^cter des emprunts ?

Nous sommes donc momentanément seuls ^^tre les forces de la Germanie.

Serons-nous écrasés dès la première heure ainsi *^^ le prétendent les plus fougueux patriotes ? Je

ne le crois pas. J'en ai dit les raisons dans la Petite République et dans la Niveteenth Century. Je me répète.

L'Angleterre nous enverrait cent mille hommes — M. Judet réduit ce chiffre à 60,000 — soit ! je l'accepte. De plus, il est possible qu'elle entraînât avec elle l'Espagne sur laquelle elle exerce aauel — lement une action directrice.

Je reconnais, sans hésitation, que l'attitud^E assez louche du gouvernement espagnol dan.^ l'affaire marocaine est pour susciter des doutes ^ cet égard. Elle ne suffit cependant pas à prouver:^ qu'il refuserait de nous soutenir et de soutenL:^ l'Angleterre contre l'Allemagne envahissante. Dan ^ la question du Maroc, l'ordre du Vatican — ca^^ c'est lui qui a empêché la collaboration • — rencon^ ' trait un terrain fertile dans la péninsule : Ti mense majorité du pays y était hostile. Ici le par libéral et le parti républicain pousseraient la m narchie à intervenir, et elle pourrait diflScileme résister au courant. Aussi, avec quelque scepticisme dédaigneux que l'on accueille cette hyp(^ thèse, suis-je convaincu que compter sur le concour de 100,000 ou de 200,000 espagnols n'est poi une conception qui relève de la pure chimère.

Il faut noter, en effet, que nous ne serions p les fauteurs de la guerre, que nous la subirion

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