CHAPITRE QUATRIÈME I
^^ gue toute Tinfluence du roi Edouard et de son
gouvernement s'exercerait en faveur de ce concours.
A. cela, M. Ernest Judet répond que je ne considère que des chiffres, qu'il y a à tenir compte ^ axi autre élément de calcul, la valeur morale des armées, et que, d'ailleurs. Deux Cent Mille Anglais ou Espagnols n'augmenteraient pas nos lorcres numériques dans une sensible proportion.
CDr, avant de m'adresser ce reproche, M. Ernest Jïi<ict avait cru devoir citer un passage de mon d^irnier article, et sa citation même était la meillevixe réfutation de son erreur. Je reproduis ci-après le passage cité par lui :
X^'armée française n'est pas aussi forte que l'armée alle- '"^^lade ; mais cent mille Anglais, peut-être cent mille Espag'^ols venant combattre à nos côtés ne seraient pas une ^*^^»tité négligeable ; et la confiance morale qu'ils donneraient ^ ^05 troupes relèverait forcément leur force matérielle.
Comment a-t-il pu prétendre que je négligeais 1^ facteur moral alors, qu'au contraire, c'est sur ^^ facteur-là que j'appuyais le plus.
Les 200,000 hommes de secours, sans être nuls, ^^^^ient par eux-mêmes peu de chose si la question ^^^érique devait être seule envisagée. J'en ai ^^ïivenu. J'en conviens encore. Mais en voyant ^^*ils ne sont pas seuls, isolés, abandonnés comme
en 1870 à leurs propres forces, les soldats de France reprendraient ce courage, cette confiance en eux-mêmes qui les rendaient jadis invincibles, et rien ne prouve que, dans ces conditions, nous ne verrions pas se reproduire les prouesses de notre grande Révolution.
La défaîte, dès les premiers combats, serait loi d'être aussi certaine pour nos troupes en &ce d^s régiments teutons, que le serait Técrasement de notre flotte luttant contre la marine britannique.
M. Judet, qui me reproche de me borner à des aflSrmations sans les corroborer par des preuves chiffrées, repousse à son tour, par une affirmation gratuite, cette hypothèse de victoire.
Il affirme, avec Tinfaillibilité d'un pontife, que nous serions anéantis à la première rencontre.
La suite du passage cité par lui, de mon article, était ainsi conçue :
En outre, je prévoyais dans mon article de la revue Ion-
donienne un concours japonais que le traité conclu depuis entre le Japon et la France rend très probable.
M. Judet n'admet pas que les asiatiques puissent arriver en temps utile. Il ne leur faudrait cependant pas trois raoïs pour débarquer sur nos côtes, et en 1870 nous avons tenu si* mois. Il est difficile de concevoir pourquoi aujourd'hui, dan^ des conditions plus avantageuses, avec les nouvelles fortifi*^' tions de Paris qui rendent l'investissement difficile, notre résistance devrait être moindre.