‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 74 sur 88 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'alliance anglaise nous assure les moindres inconvénients en cas de revers et les plus grands avantages en cas de succès.

Supposons d'abord que les choses se passent comme l'écrivain patriote prétend qu'elles se passeraient.

Alliés de l'Angleterre, nous sommes vainqueurs sur mer; mais sur terre nous sommes envahis, mis en déroute ; l'ennemi s'est emparé de la France entière et il y a éteint tout noyau de résistance avant qu'aucun allié ait pu venir à notre secours.

La situation ne serait pas encore désespérée.

l66 LE DÉSARMEMENT

Pour qu'elle le fût il faudrait que, se désintéressant des suites de la guerre après avoir atteint 1« but immédiat qu'elle poursuivait, la Grande-Bre= tagne nous abandonnât, et traitât directement av Berlin en dehors de nous. C'est une suppositio que nous n'avons même pas le droit d'émettre, serait un acte de félonie dont nul ne peut sans outrage soupçonner une grande et noble nation.

L'Allemagne — et la Russie peut-être avec elle — tiendrait la terre ; mais l'Angleterre et nous, nous tiendrions la mer. Les armées continentales arrêteraient chez nous toute industrie et tout commerce; mais les flottes unies, en bloquant les ports de nos ennemis, arrêteraient aussi chez eux toute exportation, toute importation, et par cela même tout essor commercial et industriel. Des deux côtés la situation serait pareille. Les deux parties auraient un intérêt égal à cesser les hostilités; aucune des deux ne serait complètement placée, comme nous en 1870, sous les pieds du vainqueur ; et dans des conditions pareilles, fatalement une paix intervient acceptable par tous.

La guerre nous léguerait indubitablement des plaies profondes ; c'est le cas de toutes les guerres. Mais les plaies du moins ne seraient pas incurables.

Conservant le grand client qu'est le royaume uni, lequel serait certes éprouvé lui aussi mais

Page 1