‹ Désarmement ou alliance anglaiseChapitre 75 sur 88 · CHAPITRE CINaUlÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINaUlÈME

aon détruit, nous aurions incontestablement le 3ioyen de nous relever, et le relèvement ne laisserait pas que d'être très rapide.

Voilà pour le côté économique. En envisageant le coté moral du problème, nous aboutirons à des conclusions identiques.

Chaque adversaire sortant grièvement blessé de la lutte, les Empires du nord — à supposer que la guerre n'eût pas déchaîné la révolution chez eux — ne pourraient pas plus nous imposer leur politique' que nous n'aurions les moyens de leur imposer la nôtre. Nous demeurerions libres les uns et les autres de poursuivre notre évolution normale. Nous subirions certainement une réaction due au réveil de l'esprit nationaliste et chauvin ; mais, comme après 1870, cette réaction n'aurait qu'un temps, et le mouvement de progrès, de libre pensée, de cosmopolitisme et de révolution prolétarienne, ne tarderait pas à reprendre son cours.

Prenons maintenant le contrepied de l'éventualité dont nous venons d'examiner les conséquences probables.

La France unie à la Russie est amenée par elle

à s'engager dans une coalition continentale contre

l'Angleterre alliée au Japon ou aux Etats-Unis,

peut-être aux deux malgré l'hostilité actuelle qui

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existe entre les américains et les asiatiques. Sur mer le sort des combats tourne contre nous. Les escadres de la coalition continentale sont anéanties par la flotte combinée des puissances maritimes ; et nous nous trouvons impuissants contre ces dernières, ne pouvant faire passer l'océan à nos troupes alors que nos ennemis seront les maîtres des mers.

Dans ce cas, tout comme dans le précédent; devant l'impossibilité absolue où se trouveront les adversaires de se joindre et de s'entredétruire, un traité de paix interviendra ; mais combien différentes pour nous en seront les clauses de ce qu'elles auraient été dans l'éventualité opposée.

Le Japon se sera emparé de nos colonies d'Asie, l'Angleterre de la plupart des autres^ c'est-à-dire de Madagascar, du Congo, du Soudan, peut-être de l'Algérie. Il ne sera pas impossible que l'Italie profite de la circonstance pour nous arracher Tunis, qu'elle considère toujours comme ayant été conquis par nous en méconnaissance de ses droits ; et, après tant de sacrifices consentis par le peuple de France pour se créer un domaine colonial, nous nous trouverons de nouveau enserrés dans nos frontières continentales rapetissées.

En outre, alliés des deux puissants empires du nord^ mais n'ayant plus contre eux en Europe

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