POUR BIEN CONDUIRE SA RAISON ET CHERCHER LA VÉRITÉ DANS LES SCIENCES
Desgaetes naquit à la Haye ^ en Touraine y le 81 mars 1S96 , et mourut à Stockholm , le 11 février 1650.
Le Discours de la Méthode parut pour la première fois en 16S7. Il est inutile d'en Monner une analyse, car il est bref et s'explique sufiBsamment lui-même.
Il y a quelques remarques importantes à faire iiu sujet de ce petit IvfXfit aui eut tant d'influence sur le mouvemeat de Tesprit moderne.
La première , c'est que les droits de la raison humaine y sont clairement expliqués et revendiqués fermement. Ces droits sont les titres mêmes de la philosO" phie , qui est le développement de la raison affranchie. C'est pourquoi il est juste de dire que Descartes a fondé la philosophie moderne. Indépendance de la pensée qui ne relève que d'elle-même et des lois que Dieu lui a faites, voilà le principe qui domine toutes les conceptions et les entreprises de Descartes , et en l'honneur duquel est écrit ce Discours. C'est là la principale raison de Timportance de ce jnonument , que l'on peut, à bon droit ^ tiommer la charte de toute philosophie.
Il INTRODUCTION.
La seconde remarque, c'est que le Discours de la Méthode donne à la philosophie un point de départ nouveau dans le fait de la pensée , établi comme la base de toute certitude et le premier objet d'analyse. La pensée saisie et clairement aperçue par le sens intime est la vraie lumière , et doit être le guide constant de la réflexion et du travail philosophique ; tel est le sens des idées et des préceptes de Descartes. La philosophie moderne n'a pas d'autre méthode , et les doctrines les plus diverses qu'elle ait produites sortent toutes d'une analyse plus ou moins exacte et profonde de la pensée. A ce titre encoie le Discours de la Mé^ thode fait loi et exerce une influence aussi universelle qu'incontestable.
Une troisième remarque es^qi^ , dans ce Discours, Descartes s'est montré tout entier. Ouirex[ue, dans les premières parties , il nous donne l'histoire de son esprit et nous fait assister à la naissance et aux progrès de ses pensées , dans la quatrième il nous donne une esquisse de son système métaphysique , et dans la cinquième , une idée sommaire de ses théories générales sur les cieux, la terre et l'homme. Or, les plus grands ouvrages de Descartes après le Discours de la Méthode, sont les Méditations métaphysiques et 1^ Principes de la Philosophie, qui contiennent , )|^s unes, le développement du système proposé dans la quatrième partie de ce traité ; |etf autres ^ le*détail et l'explication des théories indiquées «dans «la cinquième.
Enfin , on trouve dans la troisième des vues sur la morale , précieuses à recueillir, en ce qu'elles sont à peu près les seules de cet ordre que nous ait laissées Descartes. On en rencontre encore quelques-unes dans sa correspondance, mais éparses, et qui n'ont pas Tori ginalité de celles-ci. Ainsi le Discours de la Méthode est un premier trait de toute la doctrine cartésienne, et nous l'y pouvons voir en raccourci.
Ces remarques très-simples doivent guider l'esprit dans la lecture d'un discours dont il est difficile de comprendre du premier coup toute la portée et le mérite.