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II

Une science qui touche de près à la chimie, puisqu’elle lui fournit des matériaux et qu’elle a besoin

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de son aide, la minéralogie, reparut dans le inonde à cette époque. Je dis qu’elle reparut, parce qu’elle n’était pas étrangère aux anciens comme la chimie, ainsi que le témoignent les écrits de Théophraste et ceux de Pline; elle avait été seulement délaissée, lorsqu’en 1502 un Italien nommé Léonardi de Pesaro publia à Venise un traité intitulé : Miroir des pierres, Spéculum lapidum , qu’il dédia au fameux César Borgia, alors duc de la Romagne. Ce traité n’est guère qu’une compilation. On y trouve peu de traces de l’observation directe de la nature, mais on en trouve assez pour qu’on y voie la date d’un retour marqué vers ce genre d’études.

Le vrai fondateur de la minéralogie chez les modernes est un médecin saxon, Georges Agricola, qui avait étudié en Italie, et qui, au commencement du siècle, exerçait sa profession à Chemnitz, près des minières des électeurs de Saxe. Les rapports fréquents qu’il avait avec les ouvriers mineurs appelèrent son attention sur tout ce qui était l’objet de leurs travaux ; il y prit goût; il en fit une étude approfondie, et de cette étude sont nés divers ouvrages parmi lesquels nous distinguerons le Dicilogulus de remetallicâ excursus (1546), relatif surtout à l’exploitation des mines, souvent réimprimé et considéré encore aujourd’hui comme un des monuments de la science en ce genre ; de l’Origine et des causes des

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choses souterraines, de Or tu et causis subterraneorum, publié également en 1546, purement théorique et le moins parfait de tous; de la Nature des choses qui sortent de terre, de Naturâ rerum quœ effluunt ex terra , où Agricola traita des eaux minérales et thermales, ainsi que des bitumes, au grand profit des médecins de son temps encore fort ignorants sur ces matières ; et enfin son ouvrage de la Nature des fossiles, de Naturâ fossilium, où nous rencontrons la première tentative d’une classification méthodique des minéraux. Cette classification est fondée sur les formes extérieures des minéraux, sur leur consistance et leurs usages. En nous dévoilant leur composition intime, la chimie nous a permis d’établir leurs rapports avec plus de sûreté, mais il n’en est pas moins vrai que la méthode indiquée par Agricola a utilement guidé, pendant près de trois siècles, les minéralogistes qui l’ont suivie.

A la même époque, un homme sans lettres, d’un génie tout spontané, qui n eut pour précepteurs, comme il le dit lui-même, que le ciel et la terre , Bernard Palissy, introduisait en France ce genre de connaissances. Il était né aux environs d’Agen, en 1499. Son séjour aux champs durant toute son enfance , la profession d arpenteur-géomètre qu’il exerça depuis, ses voyages, ses expériences, pour arriver à découvrir la composition de l’émail dont

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l’Italie élait en possession, et plus que tout cela, une curiosité instinctive aidée d’une rare sagacité, lui donnèrent sur la structure de notre globe et sur la nature des fossiles des lumières vraiment extraordinaires pour le temps. Il en fît part à ses contemporains dans des cours publics et dans divers écrits qui contiennent en germe les premiers éléments de la science de la terre.

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