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Telles sont les conditions générales du plaisir que peuvent recevoir nos sens, qui sont tous «capables de quelque délectation ! ». Quand il énumère ainsi, au début de son Compendium Musicæ, les lois de la jouissance esthétique, Descartes s'inspire de quelques idées émises par les philosophes antiques, et rajeunies par les penseurs et les commentateurs de la Renaissance. Comme Platon, il ne conçoit point de beauté sans ordre ?, il se souvient qu’Aristote a dit que le beau était dans « l’ordre et la grandeur * », il sait sans doute que Quintilien recommande, comme la plus agréable, la disposition régulière des formes, et que saint Augustin déclare : Nihil est inordinatum quod sit pulchrum . Il voit d’ailleurs chaque jour appliquer ces préceptes des anciens, par les architectes de la place Rovyalef et des villes rebâties suivant un plan harmonieux 7, même par les jardiniers auxquels Claude Mollet fait planter des parterres à compartiments de «gros buys 8», et diviser « l’entre-deux des allées par portions esgales, quarrés parfaicts, triangles, pentagones, hexagones, heptagones, octogones », etc.?. L'exposé et la raison de ces méthodes sont bien connus des esprits cultivés : ils n’ignorent point qu’il n’y a de délices pour les sens, si l'entendement n'y a de part. Lisez Cardan : « Quest-ce donc que la beauté ? Elle ne réside que dans une chose que la vue connaît parfaitement, car nous ne pouvons aimer ce que nous ne connaissons point : or la vue reconnaît les choses qui sont formées selon une proportion simple, double, triple, quadruple, sesquialtère, sesquitierce,
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