CHAPITRE II
Comment la musique nous plaît. — Les proportions. — Etude des consonnances. — L'octave. — La quinte. — Les sixtes et les tierces. — Les degrés. — Les dissonances.
Comme nous l'avons vu, Descartes pose en principe que, pour être perçus, les sons doivent être proportionnés au sens de l’ouïe. Pour qu'ils nous plaisent, il est encore nécessaire qu'ils aient entre eux quelque proportion. Nous ne pouvons, en elfet, être charmés par des objets où nous ne distinguons rien d’ordonné. « Il ne faut point que l’objet tombe sous le sens avec trop de difficulté et confusément : ainsi, une figure fort compliquée, fût-elle régulière, telle que la mère de l’astrolabe, ne plaît pas autant à la vue qu'une autre figure composée de lignes plus égales, ainsi qu'est le filet dans le même apparëil : le sens est satisfait par cette dernière figure, plus pleinement que par la première, où beaucoup de choses ne se démélent pas assez clairement.! » Descartes ajoute : « L'objet est d'autant plus facilement perçu par le sens que les parties qui le composent ont moins de différence entre elles : cette différence décroît à mesure que la proportion entre les parties augmente ?, » On doit observer cependant que st, trop compliqué, « l'objet fatigue le sens », trop simple, iln’est pas très agréable à l'esprit : il importe qu'il ne soit point si facile à saisir «que le désir naturel par lequel les sens sont portés vers les objets soit comblé du premier coup * ».