Glareani Awôexayopôov, Basileæ (1547), liv. I, chap
4. Decas prima Disputationum Quæstionum illustrium philosophi-
carum, deuxième question.
ES Exercitatià musica tertia, p. 11.
Descartes semble échapper à tous ces débats, car il néglige de définir formellement la musique. Il dit seulement, au début du Compendium : « L'objet de la musique est le son. La musique a pour fin de plaire et de susciter en nous divers sentiments »!. Mais on peut dégager de ces phrases, où elle est impliquée, la définition qu'il aurait sans doute proposée, s’il avait cru nécessaire de s'exprimer plus nettement. Pour Cicéron, c'est à l’art qu'il appartient de charmer et d’émouvoir ?. Si l’on admet que, sorti depuis peu d'années du collège *, Descartes se souvient encore, en 1618, du passage du De Oratore où cette double fonction est assignée à l’art, on arrivera fort aisément à formuler cette définition qu'il avait dans l'esprit, et qu'il omit de nous communiquer : « La musique est l’art de plaire et de toucher par le moyen du son ».
Nous étudierons successivement ce que Descartes dit au sujet du son, matière de la musique, et ce qu'il dit au sujet des eftets de Part musical.
Dans une lettre à Mersenne, Descartes écrit: « Il fault supposer le son n'estre autre chose qu'un certain tremblement d’air qui vient chatouiller nos oreilles * ». D’après le Traité de l'Homme, ce tremblement se manifeste par de petites secousses, « dont l'air de dehors pousse une certaine peau fort déliée », qui est tendue à l'entrée des concavités des oreilles, et ce sont « ces petites secousses qui, passant Jusqu'au cerveau » par l'entremise des nerfs disposés au fond des concavités des oreilles, donnent « occasion à l’âme de concevoir l'idée des sons Ÿ ». Nous voyons déjà dans le Compendium une phrase où Descartes remarque que le son frappe l'oreille multis ictibusf. Il est
1. Renati Des Cartes Musicæ Compendium. Amstelodami apud Joannem Janssonium juniorem (1656), p. 1. C’est à cette édition que nous renverrons dans tout le cours de notre étude.
2. De Oratore. liv. III, « Ars enim quum a naturd profecla sit, nisi naturam moveat ac delectet, nihil sane egisse videatur ». P. 248, éd. Bétolaud, Hachette, (1898).
3. Il avait terminé ses études classiques en 1612. A. Baillet, La Vie de M. Descartes, (1691), t. I.