Compendium, p
nécessaire, lisons-nous encore dans une lettre adressée à Mersenne en 1630 que, pour être discerné par l'oreille, le son doive frapper l'oreille «au moins deux ou trois fois, afin que, par l'intervalle qui est entre les deux battemens, on estime combien il est grave ou aigu ; ce qui paroist en ce que, si vous mettez le doigt sur-une de si-tost dprès que vous l’avez touchée, avant
qu'elle ait le temps de faire plusieurs retours, .on entendra bien
quelque bruit, mais on ne pourra juger s’il est grave où aigu ! ». Si le son ne frappe l'oreille « qu’une seule fois, dit Descartes dans la même lettre, il est bien entendu comme bruit, mais non pas distingué comme son qui soit grave ou aigu ? ». Quant au bruit, on n'y trouve « point d’autre variété, sinon qu'il se trouvera plus ou moins grand, selon que l'oreille sera frappée plus ou moins fort ? ». Il faut ainsi que le son, pour être perçu, soit en quelque sorte mesurable. S'il dépasse la capacité de l'oreille, elle n’en connaît point, comme il advient du « fracas des canons ou du tonnerre qui ne paraît point musical, parce qu'il blesse l’oùie, de même que l'excès de lumière du soleil offense la vue, quand on le regarde en face * ».
Porté de proche en proche, « le son s'étend toujours en rond de tous côtés », observe Descartes dans une lettre à Mersenne *. Autre part, il déclare : « Quant au mouvement qui engendre le son, il se peut assimiler au mouvement des cercles produits dans l’eau d’une rivière lorsqu'on y jette une pierre, comparaison faite par Aristote, ou au mouvement ‘causé par les vents sur l’eau courantef ». (fe mouvement se communique de chaque partie de l'air à la partie voisine. Mais il faut bien se garder de « dire que la même partie d'air in individuo qui sort de la bouche de celuy qui parle va frapper toutes les oreilles », car « cela est ridi-