‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 62 sur 101 · Harmonie universelle, liv. V des Instruments, p · texte numérisé non relu

Harmonie universelle, liv. V des Instruments, p

cedere con movimenti eleganti el congiunti... percioche questo à il suo propio!. Il s’imagine que le compositeur l'aura écrit avec toute l'élégance désirable, quand il l'aura dirigé à l’encontre de la basse. Bien différemment, Sethus Calvisius, qui est maître de psallette, renchérit sur la brève indication de Zarlino, disant que, si toutes les voix modulationem hellam, volubilem, et elegantem, non hiulcam, aut asperam ament, on doit cependant surtout veiller à façonner avec grâce la partie du soprano, cantus, vel discantus, qui propter acutissimos sonos facillime aures penetrat ?. Voilà justement ce que Descartes oublie de signaler, cette autorité du soprano qui s'impose, plus que toute autre voix du concert auquel il collabore. Il y avait longtemps cependant que Folengo, avec sa sincérité macaronique, avait avoué que le soprano plus ascoltantum.. captat orecchias * ; et, dans les Villanelle les Frottole, et autres compositions simples, le soprano régnait déjà, vers 1510, avec assez d'empire, pour que l’on se contentât de cette voix seule, chantée avec un accompagnement de luth qui remplaçait les autres parties, ainsi qu'il en est, par exemple, dans les livres de tablature de Franciscus Bossinensis * et de Schlick. Vers la fin du xvie siècle, les compositeurs protestants se mirent aussi à placer au soprano la mélodie des chorals à plusieurs voix, de telle sorte que « la communauté chrétienne puisse chanter avec le chœur ». Salomon de Caus remarque, en 1615, que «le sujet, sur lequel les autres parties se composeront, se fera ordinairement au ténor, quand c’est pour composer motets, chansons, ou madrigals. Mais si c’est un air françois, ordinairement le sujet se fait sur le dessus 5. Les « airs françois » sont en effet d'une structure particulière, et ils s'adressent plutôt à la foule qu'aux savants, de même que Froftole et Villanelle étaient pour amuser le vulgaire, et les chorals pour l'édifier. Mersenne nous explique en quoi consistaient ces compositions accessibles à tous : « Or la chanson que l'on appelle

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