‹ Descartes Et La MusiqueChapitre 63 sur 101 · ONE RES · texte numérisé non relu

ONE RES

Vaudeville est le plus simple de tous les airs, et s'applique à toute sorte de poésie que l'on chante note contre note, sans mesure réglée, et seulement selon les longues et les brèves qui se trouvent dans les vers, ce que l’on appelle mesure d’air ; sous laquelle sont compris le plain-chant de l’église, les faux-bourdons, les airs de cour, les chansons à danser et à boire, et les vaudevilles, et n’y a souvent que le seul dessus qui parle, que l’on appelle aussi le sujet, et ce sans accords ou consonances des autres parties, parce que faire une chanson signifie simplement mettre en chant, ou donner le chant à quelques paroles. Or cette grande facilité fait appeler les chansons vaudevilles, parce que les moindres artisans sont capables de les chanter, d'autant que Vauteur n'y observe pas ordinairement les immenses recherches du contrepoint figuré, des fugues, et des syncopes, et se contente d'y donner un mouvement et un air agréable à l'oreille, ce que l’on nomme du nom d’Air, comme de sa principale, et presque seule partie !. »

On le voit dans ces œuvres dédiées aux plus simples amants de la musique, c’est le soprano qui l'emporte. Quelques maîtres des plus habiles cèdent eux-mêmes, dans les premières années du xvu siècle, au goût du public. Vittoria écrit tout un motet où le sujet, l'antienne de plain chant Estote fortes in bello, est

entièrement confié au soprano ?. Cette pratique devient bientôt

commune,

En 1636, le jésuite Charles d’'Ambleville publie des chœurs où deux groupes de voix se répondent, l’un chantant à 6 parties, l’autre à quatre. Mais ce dernier ensemble peut se réduire : si le maitre de chapelle le juge avantageux, il suflira de faire chanter le soprano et la basse, où même le soprano seul, avec les instruments ?. Cette prédominance du soprano est bien reconnue par Mersenne, quand il écrit: « Nous expérimentons que les dessus des concerts sont beaucoup plus agréables que les autres parties, et que le seul dessus ravit l’auditeur, quand il est bien chanté, de sorte qu'il semble que la composition ait esté inventée pour faire trouver le dessus excellent, et pour faire gouster sa bonté par la comparaison des autres parties, qui luy donnent de l'esclat,

Page 1