Correspondance, III, p
dant qu en louant Huygens il admet implicitement, avec lui, que la musique d'orgue peut avoir des caractères opposés, incliner l'homme au recueillement, ou le dissiper. Mais il ne s'engage point, en avouant qu'il a cédé lui-même aux sollicitations de ces voix diversement conduites, et il ne fait allusion qu’à leur grand pouvoir d'harmonie. Il s’abstient même d’épithètes significatives et se garde bien d'écrire, comme Montaigne, « le son dévotieux de nos orgues » {. |
Nous avons déjà indiqué pourquoi, sans doute, Descartes évitait de se prononcer au sujet de la force expressive de la musique. Il ne nous appartient pas de chercher les causes de cette réserve dans sa philosophie même. Observons toutefois que, nulle part, il.ne refuse formellement à la musique cette vertu qu’il a tenue pour certaine dans le Compendium. Encore que, dans cet ouvrage de jeunesse, il fasse preuve d'une étonnante crédulité ?, il n’accepta point d’y affirmer que la musique nous émeut, sans le savoir autrement que par les récits de quelque diseur de merveilles. Mais il s'arrête, nous l’avons vu, chaque fois qu’il s’agit de le démontrer. On ne saurait lui reprocher d’avoir été prudent et, se défiant du sujet même, et de ses propres moyens, d'en être resté le plus souvent, dans ses considérations sur la musique, à ce qui pouvait être traité comme un chapitre de la « mathématique universelle ».