‹ DescartesChapitre 100 sur 172 · Méd., I · texte numérisé non relu

Méd., I

180 LA IMRTAPIIYSIQUE

une négation, mais une privation. Est-elle cependant imputable à Dieu? En elle-même, la faculté d'élire est impeccable, si j'en préviens les écarts, en l'arrêtant où cessent les lumières de l'entendement. La privation ne se trouve donc pas dans la faculté que j'ai reçue de Dieu *. Mais n'est-elle pas dans l'acte de cette faculté, et Dieu ne concourt-il pas à former cet acte? Pas davantage. Toutes les opérations de ma volonté dépendent de moi, et de ce que je puis les former, il y a en moi plus de perfection que si je ne le pouvais pas. Accuserai-je Dieu de m'avoir donné une liberté infinie? Ce serait me plaindre de son plus grand bienfait. L'accuserai-je de n'avoir pas suffisamment éclairé cette puissance illimitée d'élire et de l'avoir exposée à s'égarer dans les ténèbres? Mais n'a-t-il pas mis dans mon entendement une claire et distincte conception des choses que je puis connaître? Dès lors, si je me trompe, c'est que je le veux. L'imperfection de mon entendement est une négation qui résulte de ma nature créée ; la privation est le fait de ma volonté ". Je suis infaillible si je ne laisse pas ma volonté s'emporter au delà des régions qu'éclaire l'entendement, et cela, je le puis^ puisque je vois où la lumière cesse, où commencent l'obscurité et la confusion. Je me trompe, mais je me trompe parce que je le veux bien, en donnant « témérairement mon jugement sur des (c choses que je ne conçois qu'avec obscurité et confu- « sion. » Les erreurs ne sont donc pas « des choses, des « substances » qui aient besoin du concours actuel de

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