‹ DescartesChapitre 146 sur 172 · Lctt., IX · texte numérisé non relu

Lctt., IX

nous soustraire ainsi aux mécomptes de l'illusion. Quelle autre béatitude souhaiter que le contentement de l'esprit? Et quelle source plus intarissable de ce contentement que la conscience de l'union de nos pensées avec l'ordre éternel de l'univers?

« Le souverain bien d'un chacun... ne consiste qu'en « une ferme volonté de bien faire et au contentement « qu'elle produit ; dont la raison est que je ne remarque « aucun autre bien qui me semble si grand, ni qui soit « entièrement au pouvoir d'un chacun. Car, pour les « biens du corps et de la fortune, ils ne dépendent point <( absolument de nous, et ceux de l'âme se rapportent « tous à deux chefs, qui sont, l'un de connaître, etl'au- « tre de vouloir ce qui est bon ; mais la connaissance « est souvent au delà de nos fcu'ces ; c'est pourquoi il « ne reste que notre volonté dont nous puissions abso- « lument disposer. Et je ne vois point qu'il soit possible « d'en disposer mieux que si l'on a toujours une ferme « et constante résolution de faire exactement toutes les « choses que l'on jugera être les meilleures, et d'em- « ployer toutes les forces de son esprit à les bien con- « naître ; c'est en cela seul que consistent toutes les « vertus ^ »

Ainsi la résignation à l'ordre du monde, voilà en fm de compte, d'après Descartes, le dernier mot de la morale, la vertu et la source du souverain bien. La fonction de la liberté est donc, en définitive, de se pliei' à la nécessité ; là est le mérite. Nous ne créons pas un bien qui ne serait pas dans les chos,es. Le bien, c'est le vrai,

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