‹ DescartesChapitre 93 sur 172 · e 31>id., I · texte numérisé non relu

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3. 5" Méd., I, 315. Pour Descaries, l'existence est immédiatement liée d'une façon nécessaire à l'idée de Dieu. Aux preuves que nous en avons données dans le texte, nous pouvons ajouter les passages suivants. « 11 faut faire distinction entre l'existence possible et la nécessaire; et remarquer que l'existence possible est contenue dans la notion ou dans l'idée de toutes les choses que nous con"cevons clairement et distinctement, mais que l'existence nécessaire n'est contenue que dans l'idée seule de Dieu : car je ne doute point que ceux qui considéreront avec attention cette différence qui est entre l'idée de Dieu et toutes les autres idées n'aperçoivent fort bien que encore que nous ne concevions jamais les autres choses sinon comme existantes, il ne s'ensuit pas néanmoins de là qu'elles existent, mais seulement qu'elles peuvent exister ; parce que nous ne concevons pas qu'il soit nécessaire que Texistence actuelle soit conjointe avec leurs autres propriétés, mais que de ce que nous concevons clairement que l'existence actuelle est nécessairement et toujours conjointe avec les autres attributs de

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seule l'idée de Dieu jouit de cette prérogative \ et, pour en être certain, il n'est besoin d'aucun raisonnement; la simple inspection de l'idée suffit ^

On reconnaît là l'antique affirmation de l'être nécessaire, mise en forme syllogistique par saint Anselme, longtemps avant Descartes. C'est, aux yeux de Descartes, la meilleure preuve et la première de l'existence de Dieu. Il la produit au premier rang dans les Principes; il s'y réfère comme à une vérité inébranlable dans les Méditations, dans les Ré2:)onses aux objections. Gomment se fait-il alors qu'il ne s'en contente pas et y ajoute d'autres preuves? Celles-ci sont-elles surabondantes ou ont-elles un rôle distinct et indispensable dans le cycle

Dieu, ii suit de là nécessairement que Dieu existe. » {Mp. aux object.^ 1, 390.) — « Je demande qu'ils s'arrêtent Longtemps à contempler la nature de l'être souverainement parfait, et, entre autres choses, qu'ils considèrent que, dans les idées de toutes les autres natures, l'existence possible se trouve bien contenue ; mais que dans l'idée de Dieu ce n'est pas seulement une existence possible qui se trouve contenue, mais une existence absolument nécessaire. Car de cela seul, et sans aucun raisonnement, ils connaîtront que Dieu existe ; et il ne leur sera pas moins clair et évident, sans autre preuve, qu'il est manifeste que deux est un nombre pair, et que trois est un nombre impair, et choses semblables. » {Rép. aux objed., I, 486.) — « Dans l'idée et le concept de chaque chose, l'existence y est contenue, parce que nous ne pouvons rien concevoir que sous la forme d'une chose qui existe, mais avec cette différence que, dans le concept d'une chose limitée, l'existence possible et contingente est seulement contenue, et dans le concept d'un être souverainement parfait, la parfaite et nécessaire y est comprise. » {Bép. aux obj et., I, 460.) — « Lorsque j'ai dit que Dieu était son être, je me suis servi d'une façon de parler fort usitée par les théologiens, par laquelle on entend qu'il est de Tessence de Dieu qu'il existe ; ce qu'on ne peut pas dire de même du triangle, parce que toute son essence se conçoit fort bien, encore qu'on supposàt-qu'il n'y en eût aucun dans la nature. » {Lett., VIII, 282.)

1. 5"= Méd., I, 316 : « Je ne saurais concevoir autre chose que Dieu seul, à l'essence de laquelle l'existence appartienne avec nécessité. »

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