Pragmalism, p. 54, « firsl things
DE LA SOCIÉTÉ
d'une expérience à l'autre ; elle travaille bien, elle épargne de la peine : elle est vraie dans cette mesure, et seulement en cela; elle est vraie, en tant qu utile comme instrument. Tels sont les termes mêmes du philosophe américain.
La vérité n'est plus une lumière, mais un véhicule. « Nous vivons 1 dans un monde de réalités qui peuvent nous être infiniment profitables ou nuisibles... La possession de la vérité n'est pas en elle-même un but, mais un moyen préliminaire d'arriver à d'autres satisfactions pour notre vie. » C'est alors qu'au mot « truth )> M. James ajoutera le mot (( vérification ». « Truth » n'était pour lui qu'un point de départ et vérification est la satisfaction, l'utilité croissante qu'il rencontre au cours de la route adoptée : en sorte que la vérité pousse sur une idée^ L'idée devient vraie; elle se fait vraie... La vérité se fabrique, comme la santé, comme la richesse, au cours de l'expérience 3.
La vérité acquise subsiste à peu près comme le crédit d'une banque. Nos pensées, nos croyances passent, tant que rien ne les arrête, comme des billets à ordre passent, tant que personne ne les refuse^.
La vérité, ou plutôt les vérités ont en commun cette seule qualité : elles paient bien-'.
Cette valeur ne peut être jugée bonne qu'à l'user,