sociologie de Proudhon, p
Fi-
fil
iOk^
théisme politique dans la plus mauvaise signification du mot, comme si de l'addition d'une quantité quelconque de suffrages pouvait jamais résulter une pensée générale! »
Enfin dans la solution du problème social^ se lit cette phrase mystérieuse : « Le peuple, être collectif, j*ai presque dit, être de raison, ne parle point dans le sens matériel du mot. Le peuple, non plus que Dieu, n'a des oreilles pour entendre, des yeux pour voir, une bouche pour parler! »
Cooiment fera-t-on, demande avec inquiétude M. Bougie, pour connaître la véritable pensée du peuple? C'est une question à Jaquelle il serait important de répondre.
S'il existe en effet une volonté du peuple, qui est la mienne même si je l'ignore ; qui est au moins ma volonté de citoyen, et que ma volonté particulière a tort de ne pas suivre, je dois bénir la contrainte qui me rappelle à l'exécution de ma vraie volonté, la clairvoyance qui a aperçu la pensée vraie de l'être collectif qui ne parle pas î
Malheureusement personne ne répond à la question de M. Bougie : ni Rousseau, ni Proudhon. Et d'ailleurs ces sophismes ne sont pas nouveaux : ils sont tirés presque mot à mot deHobbes ou de Grotius qui les exploitaient au profit de la monarchie absolue, ils expliquent toutes les tvrannies, la révocation de l'Édit de Nantes aussi bien que la Terreur. Personne ne sait où prendre cette mystérieuse volonté générale. Mais il y aura tou-