CHAPITRE m
DO RELATIVISME
Tout le dogmatisme, dit Schopenhauer, est contenu dans les parLs de Leibnit. ,ui viennent d.tre^^^^^^^^ ^ées. « Mais une philosophie transcendenta d p ss ces vérités éternelles. Où sont-elles logées? Dans leau de l'homme. « Et il faut leur ôter leur no^ an^bitieux : elles ne sont nécessaires que pour n- , elles n'ont une existence que relativement a la nature, à la forme de notre esprit.
,1 ajoute : « Kant aconfirméet élargila philosophie de Locke s'est servi de celle de Hume, a détruU ceUe d Leibnitz. .> Ainsi notre repos était trompeur- Le^bm^ et Bossuet nous apprenaient à contempler d s ven es nécessaires et éternelles, supérieures à la nature sensible et à nous-mêmes; or ces vérités ne dureront pas plus que notre existence éphémère, étant créées a la Lsure de notre intelUgence et vraies -ulemen pour nous. Un voile nous sépare de l'éternelle reahti nous est interdit et impossible de déchirer le voile et
BESCARTES.
d'espérer connaître jamais autre chose que le drame qui se joue pour nous seuls.
Essayons d'explorer l'impasse nouvelle où Kant nous introduit.
Il commence ainsi que Leibnitz ou Bossuet auraient pu le faire. Connaître n'est pas seulement voir, entendre, sentir, goûter. L'édifice de notre connaissance s'appuie sur deux fondations : un objet extérieur; une intelligence, ou faculté de penser l'objet de notre perception sensible. Sans la sensibilité aucun objet ne serait conçu. Et tout le monde a retenu la célèbre formule de Kant : « Les pensées sans contenu sont vides; les perceptions sans concept sont aveugles. ..
Mais quel est d'abord ce contenu que les perceptions apportent à nos pensées? Bien peu de chose, on va le voir. Nos sens, en effet, ne perçoivent que des apparences; et sur ce mot il est bon de s'entendre.
Par exemple nous appelons l'arc-en-ciel une apparence, et la pluie une chose réelle : Nous avons raison a dit Kant, si nous voulons montrer que, contrairement à 1 arc-en-ciel, la pluie, vue de tous les côtés, restera pour nos sens un réel objet d'expérience. Mais si nous dépassons cette vérité, à savoir que l'objet sensible est ICI le même pour tout le monde ; si nous pensons le connaître tel qu'il est en lui-même, nous nous plaçons au
ne RELATIVISME.
«oint de vue transcendental, et il s'agira maintenant de Lr laUou entre notre conscience et l'objet, tel quil :l n deho. de cette conscience. Mors, non seulem nt les gouttes de pluie, mais leur forme ronde, et 1 espa e nfème dans lequelelles tombentne devront pas être considérés comme des réalités extérieures, comme de" choses en soi. Tout aspect du phénomène est une édification ou une forme permanente ^e notre per-Ption sensible, tandis que l'objet transcendental nous
r!p meure inconnu. . .
Isi considérée la pluie est une apparence aussi bien
nue Tarc-en-ciel.
Voilà pour l'objet extérieur de la perception.
Maintenant passons à l'intelligence; serons-nous ^ieux informés de ce qui se passe en nous-même ? Kant se livre à une véritable dissection de notre faculté
de connaître.
Par concepts et jugements purs, on entend c ux qui sont exempts de tout élément empirique, c est-adire de tout renseignement venu du dehors. Les catégories sont des concepts qui précèdent l'expérience et sans lesquels je ne puis porter aucun jugement^ L'analyse met en lumière une vérité qui était de à contenue dans la proposition énoncée. La d-kct.que au contraire est synthétique, c'est-à-dire qu «Ue appoMe une notion nouvelle. L'analyse emploie et utilise une provision déjà acquise. La dialectique va chercher e cueille, entre les feuillages, un nouveau fruit de 1 arbre de la science.
Et toutes ces opérations de l'intelligence sont empiriques ou pures : pures, quand Texpérience extérieure n'a rien fourni. Le caractère général de tout ce qui appartient à la raison pure est la nécessité : ses argu- • ments ne s'appuient pas sur un fait, puisque l'expérience n'intervient pas ; ils s'imposent, parce que nous sommes incapables de comprendre et d'affirmer autre chose.
Tout jugement porté sur les données de l'expérience est synthétique, l'expérience ayant fourni à notre connaissance un élément nouveau.
On est tenté de penser qu'inversement tout jugement à priori est analytique. Il ne fait, dirons-nous, que tirer d'une idée ce qui, implicitement, y était contenu, et même, sans que nous nous en apercevions toujours, contenu par définition. Par exemple, toutes les propriétés du triangle que la géométrie expose et développe, étaient contenues dans cette convention à laquelle nous donnons le nom de triangle,
Kant cependant maintient qu'il existe des jugements à la fois synthétiques et à priori. Suivant lui tous les jugements mathématiques ne sont pas simplement explicatifs. Ils peuvent être synthétiques et ampliatifs, suivant l'expression de Kant; leur prédicat n'étant pas contenu dans le sujet, pas identique, et ils apportent à l'esprit une notion nouvelle.
L'intérêt de la question est considérable : pourronsnous, sans élément venu de l'extérieur, sans expérience, accroître notre connaissance ?
DU RELATIVISME
Nous le pourrons : Kant tient pour l'affirmative 11 Nous le pou vintelligence « la spontanéité du
le Te^f et six font quinze : quinze n est pas eontenu dalt les idées de neuf et de six. C'est une xdee nou- T Ta lisne droite est le plus eourt ehenun dun '. à un autre ee sont là encore des idées d'ordre point a un autre . ce chemin est
Le philosophe de Kônigsberg continue ainsi : '^.Îiles;.ementssynthétiquesétaientcommeW
Hume, fondés uniquement sur les données de la p rcep tion il n'y aurait pas de science métaphysique 1 n y a pas d science en effet si elle n'avance pas, si elle n ac- Tu er s des notions nouvelles ; et les notions acquises rmétUi.-. ne nous viennent pas ^e ^^P "^^ Or il existe, et combien les âmes mquietes la recla :;: . lue 'science métaphysique. Les .rands pro.r. des mathématiques et de la physique !'-> en^ Jprunter la mélhode de ces sciences. Un seu homm a L, peut-être, l'auteur de cette évolution intellecelle^ Pe^ être ce fut Thaïes : il a dû alors devant un Lngle isocèle, non pas contempler la figure visible Z pas examiner l'image du triangle pour en extraire îeTpropriétés; mais faire ressortir ce qui était necessai-