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Ainsi opère rintelligence dans cette région superficielle, et endurcie par le contact avec l'extérieur, que M. Le Roy nous a décrite.
Et ainsi a été constamment rétrécie, rabaissée, resserrée dans un étroit domaine, réduite à des formes et à des abstractions, notre intelligence. L'instinct est plus heureux; il confond la représentation et l'action; il porte sur les choses. Il ne subit pas, de la part du monde extérieur, ce choc en retour qui déforme et obscurcit, à la surface, notre faculté de connaître.
Mais il ne possède ni la conscience, ni le libre choix
de l'action.
Comment donc fera l'homme, muni de ces deux instruments incomplets, s'il veut se connaître lui-même?
Son intelligence étant réduite à ne connaître que les tristesses géométriques et quantitatives de l'espace, à ignorer les beautés luxuriantes de la durée; il faut, pour deviner ces beautés, qu'il dispose d'une faculté autre que l'intelligence; d'une intuition directe, d'une conscience de ce qui est vivant. Il le pourra, moyennant un eflPort méritoire.
Le réel ayant deux formes, la conscience s'est scindée : en intelligence tournée vers la matière inerte, et instinct tourné vers la vie^ Malheureusement l'instinct s'empresse de s'extérioriser en action; il ne réserve pas ce moment d'hésitation et de choix pendant lequel la conscience se manifeste. Il était sympathie; mais il a mal tourné.