Évolution créatrice^ p
lî. /d., p. 191.
il!
L'intuition étendra donc son domaine bien au delà de celui de l'intelligence. Mais, M. Bergson tient à le Tépéter, c'est de l'intelligence qu'est venue la secousse qui fait monter au point où elle est, notre faculté d'intuition. Sans l'intelligence elle serait restée, sous forme d'instinct, « rivée à l'objet spécial qui l'intéresse pratiquement, et extériorisée par lui en mouvements de
locomotion ^ ».
Le rôle de l'intelligence, d'abord si sévèrement restreint, est donc finalement agrandi.
Cependant M. Gillouin, auteur d'un excellent commentaire de la philosophie de M. Bergson, a pu commencer ainsi son livre : « Le trait le plus saillant par où la doctrine de M. Bergson se distingue des doctrines classiques, c'est son anti-intellectualisme. » Un autre écrivain, celui-là fort hostile, M. Benda, ayant parlé d'un redressement de l'intelligence et de la dilatation de rinstinct, conclut par cette remarque : Tout cela ne pourrait-il pas s'appeler simplement être très intelligent?
Ce serait réduire à une querelle de mots toute cette controverse. Le moyen est expéditif et il est insuffisant.
Nous allons présenter nos objections. Elles porteront surtout sur la théorie de la durée concrète, opposée à l'espace vide et homogène. Nous croyons aussi que M. Bergson a trop concédé à la tendance anti-intellectuelle, qui, après la crise du relativisme, a porté des philo-