Évolution créatrice^ p
DE LA VIE
sophes découragés à chercher d'autres ressources que celles de la raison; à invoquer la Nature, la Volonté, l'Action, la Vie; enfin l'inspiratrice nouvelle, aux noms variés, qui, dans la fresque de Florence, a le pas sur toutes les sciences divines et humaines. L'intellectualisme se contente de ces sciences et de leurs méthodes.
Le disciple de Descartes ne rendra pas moins pleine justice à un philosophe qui, avec autant de résolution que son maître, a voulu rompre l'appareil des catégories et des formes vides, percer le voile des phénomènes, et se mettre en présence de la réalité. L'objet poursuivi est le même. Et quelquefois, même à propos des méthodes, on sent qu'une sympathie règne entre les deux esprits. Comparer M. Bergson à Descartes peut sembler paradoxal : le rapprocher de Kant serait absurde.
Ses analyses psychologiques dans Matière et Mémoire resteront les merveilles du genre. Personne n'a su prendre, ou plutôt disséquer des états de conscience avec cette lumineuse précision.
Sa théorie de l'instinct qui agit sans ce moment d'arrêt et de choix où la conscience se produit, ferait, il en convient, des animaux des somnambules. Quand Descartes en faisait des machines, c'était surtout parce qu'il ne voyait pas apparaître en eux la conscience.
M. Bergson pense que l'intelligence peut donner une impulsion à l'instinct, user de lui, l'ériger, le transformer en faculté d'intuition. Cette intuition pénètre