‹ DescartesChapitre 24 sur 63 · I.A METAl'HVSlyUE · texte numérisé non relu

I.A METAl'HVSlyUE

SOUS et toutes les autres choses extérieures, ne sont rien que des illusions et rêveries dont il s'est servi pour tendre des pièges à ma crédulité. Je me considérerai moi-même comme n'ayant point de mains, point d'yeux, point de chair, point de sang, comme n'ayant aucun sens, mais croyant faussement avoir toutes ces choses ; je demeurerai obstinément attaché à cette pensée ; et si par ce moyen il n'est pas en mon pouvoir de parvenir à la connaissance d'aucune vérité, à tout le moins il est en ma puissance de suspendre mon jugement : c'est pourquoi je prendrai garde soigneusement de ne recevoir en ma croyance aucune fausseté, et préparerai si bien mon esprit à toutes les ruses de ce grand trompeur, que. pour puissant et rusé qu'il soit, il ne me pourra jamais rien imposer.

LE DOUTE CARTÉSIEN n'ATTEINT PAS LES IDÉES

Descartes demande une chose impossible, objecte Gassendi, « en voulant qu'on quitte toutes sortes de préjugés ».

« L'auteur, répond Descartes, n'a pas considéré que le mot préjugé ne s'étend point à toutes les notions qui sont en notre esprit desquelles j'avoue qu'il est impossible de se défaire, mais seulement à toutes les opinions que les jugements que nous avons faits auparavant ont laissées en notre créance ; et, pour ce que c'est une action de la volonté que de juger ou ne pas juger, ainsi que je l'ai expliqué en son lieu, il est évident qu'elle est en notre pouvoir ; car enfin, pour se défaire de toutes sortes de préjugés, il ne faut autre chose que se résoudre à ne rien assurer ou nier de tout ce qu'on avait assuré ou nié auparavant, sinon après l'ordre derechef examiné, quoiqu'on ne laisse pas pour cela de retenir toutes les mêmes notions en sa mémoire. » {Rép. aux instances), et plus loin : « je n'ai nié que les préjugés, et non jx)int les notions, qui se connaissent sans aucune affirmation ni négation. >>

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