LE CERVEAU PENDANT LA VEILLE ET DANS LE SOMMEIL
coulent de là vers B, puis vers C, et enfin vers D, d'où ils se répandent dans tous ses nerfs, et tiennent par ce moyen tous les petits filets dont ces nerfs et le cerveau sont composés tellement tendus que les actions qui ont tant soit peu la force de les mouvoir se communiquent facilement de l'une de leurs extrémités jusques à l'autre, sans que les détours des chemins p>ar où ils passent les en empêchent.
Mais, afin que ces détours ne vous empêchent pas aussi de voir clairement comment cela sert à former les idées des objets qui frappent les sens, regardez en la figure cijointe les petits filets 12, 34, 56, et semblables, qui composent le nerf optique, et sont étendus depuis le fond de l'œil I, 3, 5 jusques à la superficie intérieure du cerveau 2, 4, 6, et pensez que ces filets sont tellement disposés que si les rayons qui viennent par exemple, du point A de l'objet vont presser le fond de l'œil au point i, ils tirent par ce moyen tout le filet 12, et augmentent l'ouverture du petit tuyau marqué 2, et tout de même que les rayons qui viennent du point B augmentent l'ouverture du petit tuyau 4, et ainsi des autres ; en sorte que, comme les diverses façons dont les points i, 3, 5 sont pressés par ces rayons, tracent dans le fond de l'œil une figure qui se rapporte à celle de l'objet ABC ainsi qu'il a été dit cidessus. Il est évident que les diverses façons dont les petits tuyaux 2, 4, 6 sont ouverts par les filets 12, 34, 56, etc., la doivent aussi tracer en la superficie intérieure du cerveau.
Pensez, après cela, que les esprits qui tendent à entrer dans chacun des petits tuyaux 2, 4, 6, et semblables, ne viennent pas indifféremment de tous les points qui sont on la superficie de la glande H, mais seulement de quelqu'un en particulier, et que ce sont ceux qui viennent, par exemple, du point a de cette superficie, qui tendent à entrer dans le tuyau 2, et ceux des points b et c, qui tendent à entrer dans les tuyaux 4 et 6, et ainsi des autres ; en sorte qu'au même instant que l'ouverture de ces tuyaux devient plus grande, les esprits commencent à sortir plus librement et plus vite qu'ils ne faisaient auparavant par les endroits de cette glande qui les regardent, et que, comme les diverses façons dont les tuyaux 2, 4, 6 sont ouverts tracent une figure qui se rapporte à celle de l'objet ABC sur la superficie intérieure du cerveau, ainsi
celle dont les esprits sortent des points a, b, c la tracent sur la superficie de cette glande.
Et notez que, par ces figures, je n'entends pas seulement ici les choses qui représentent en quelque sorte la position des lignes et des superficies des objets, mais aussi toutes celles qui, suivant ce que j'ai dit ci-dessus, pourront donner occasion à l'âme de sentir le mouvement, la grandeur, la distance, les couleurs, les sons, les odeurs et autres telles qualités, et même celles qui lui pourront faire sentir le chatouillement, la douleur, la faim, la soif, la joie, la tristesse, et autres telles passions. Car il est facile