‹ Descente de l'âme de Molière dans les Champs-ElyséesChapitre 15 sur 18 · PERMISSION · texte numérisé non relu

PERMISSION

Je nempesche pour le Roy qu'il soit permis au

Sieur Jullieron d'imprimer le Cayer intitulé, Descente

de VAme de Molière dans les Champs Elizées, et que

les deffences accoutumées luy soient accordées pour

une année.

A Lyon, le 9 May 1674.

Vaginay1.

1. Jean Vaginay, seigneur de Montpinay et de Leyroude, né en 1619, mort en 171 1, âgé de 92 ans, fut prévôt des marchands et procureur général de la Cour des Monnaies de Lyon.

En 1708, il envoyait à Boileau-Despréaux un remède contre l'hydropisie par l'intermédiaire de Brossette, leur ami commun.

C'est ce même Vaginay qui mit en réputation, vers 1692, Jacques Aymard, l'Homme à la baguette. (Voir la lettre de Brossette à Despréaux du 8 mai 1708.)

Le permis d'imprimer le Théâtre François de Samuel Chappuzeau, daté de Lyon, le 22 janvier précédent, est également signé Vaginay, et le Consentement est ainsi conçu : « Soit fait suivant les conclusions du Procureur du Roy, les an et jour cy-dessus.

De Sève. >»

Nous imprimons ici, à cause de leur rareté, les vers que Robinet a consacrés à Molière dans ses Lettres des 18 et 2.5 février 1673. Les Continuateurs deLoret s'arrêtant, avec le 2e volume, à 1667, il est assez difficile de se procurer le texte original des années suivantes, réparties entre les quatre grandes bibliothèques de Paris : Nationale, Mazarine, Arsenal, Sainte Geneviève.

18 février 167.3.

Nôtre vrai Térance françois,

Qui vaut mieux que l'autre, cent fois,

Molière, cet incomparable

Et de plus en plus admirable,

Attire, aujourd'hui, tout Paris

Parle dernier de ses Écrits

Où d'un Malade Imaginaire

Il nous dépeint le caractère

Avec des traits si naturels,

Qu'on ne peut voir de portraits tels.

La Faculté de Médecine

Tant soit peu, dit-on, s'en chagrine,

Et... mais qui vient, en ce moment,

M 'interrompre si hardiment >

0 Dieux! j'aperçois un visage

Tout pâle, et de mauvais présage ! —

t Qu'est-ce, monsieur? viste, parlez,

« Je vous voi tous les sens troublez...

« — Vous les allez avoir de même....

« — Hé! comment r ma peine est extrême,

« Dites vite... — Molière... — Hé bien,

« Molière r— A fini son destin.

« Hier, quittant la Comédie,

« Il perdit tout soudain la vie — .

4 Seroit-il vrair » Clion, adieu!

Pour rimer je n'ai plus de feu.

Non, la plume des doigts me tombe,

Et sous la douleur je succombe.

A l'extrême chagrin par ce trépas réduit, Je mis fin à ces Vers, en février le dix-huit.

25 février 1673.

Le fameux Autheur théâtral, Le célèbre Peintre Moral, L'Acteur de qui, sur le Théâtre, Chacun fut toujours idolâtre, L'Introducteur facétieux Des Plaisirs, des Ris, et des Jeux, Qui le suivoyent comme leur Maître, Et celui qui les faisoit naître, Le Charmant Morne de la Cour Qui l'appelloit en chaque jour De ses festes et ses liesses, Pour mieux remplir ses alaigresses,

Universitta

Molière, enfin, dont Prose et Vers Ont ébaudi tout l'Univers, Et qui gagna d'immenses sommes En frondant les vices des Hommes, Ce Molière a fini son sort.

Oui, la Mort, la traîtresse Mort Au sortir de sa Comédie Borna le filet de sa vie Avecque son trait meurtrier, Sans luy donner aucun quartier ; Et ladite Parque incommode Travestit, hélas! à sa mode Celuy qui, tant et tant de fois, Travestit son Corps et sa Voix D'une si plaisante manière.

J'en sens une douleur plénière; Mais bornons cet article-ci Par l'Epitaphe que voici:

Dans cet obscur tombeau repose Ce comique chrétien, ce grand peintre des mœurs, De qui les âpres vers et la mordante prose Des défauts de son temps furent les vrais censeurs.

Cy gît ce rare pantomime Qui sous divers habits jouant tous les humains, S'acquit des uns la haine et des autres l'estime, Et du jaune métal gagnoit à pleines mains.

Cy gît ce Morne de la terre Qui si souvent fit rire et la Ville et la Cour Et qui, dans ses écrits que chèrement on serre. Va faire après sa mort rire encor chaque jour.

Il ne lui prit jamais envie D'appeler à son aide aucun des médecins. Il déclama contre eux presque toute sa vie Et néanmoins par eux il finit ses destins ».

C'est, passant, ce que j'en puis dire, Sinon que, tout autant qu'il fut sur le bon pié, Et travesti jadis à faire chacun rire, 11 l'est sous cette tombe à faire à tous pitié2.

11 mourut en venant de jouer une comédie intitulée le Malade Imaginaire, où il parloit des médecins. (Note de l'auteur.) 2. A Paris chés C. Chenault, rue de la Huchette.

(Bibliothèque Mazarine. Réserve, 296 A 6.)

Amboise, page 3o.

Ames, 14.

Amphitryon, 04, 3- .

— — en machines, 35.

Anchise, 6.

Aristophane, 40.

Aurore, 3.

Baron, comédien, 3q.

Barque de Caron, 5.

Batelier des Enfers, 5, 9.

Beauchamp, comédien, 3q.

Bergers 10

Berneurs, 29.

Berthelot, poète satirique, 40, voy. Du Parc.

BlGEARRE, II.

Bigots, 3i, 32.

Bouffon, io, 18, 28.

Bourgeois, 3i.

Braguette, opérateur, 18.

Brécourt, comédien-auteur, 24, 39.

Cagots, 3i.

Caron, 5, 9, 10.

Catholique imaginaire, 3i.

Champs-Elysées, 7.

Chevalier, comédien-auteur, 24.

Cigogne, poète satirique, 40.

Cliquettes de Ladres, 40.

Cocu Imaginaire (le), 26.

COCUAGE DE PANURGE, l3.

Cocus, 26, 3o.

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