‹ Description abrégée de la cathédrale d'AmiensChapitre 40 sur 58 · IV. — CHAPELLES · texte numérisé non relu

IV. — CHAPELLES

Chapelles autour du chœur.

Chapelle XIII. — En 1668 une peste terrible éclata dans Amiens. Pour en obtenir la cessation, réA’êque François Faïu’e, d’aeeord avec l’éche vinage, fit le voeu d’élever dans la cathédrale une chapelle en l’honneur de saint Jean-Baptiste. Mais ce vœu ne reçut son exécution que de 1709 à 1711, et encore d’une façon incomplète. Au lieu d’élcA'er une chapelle de tontes pièces, suivant l’intention première, on se contenta de changer le vocable de la chapelle XIII, primitivement dédiée à Saint-Pierre et de la garnir intérieurement d’une nouvelle et somptueuse décoration. Dexmis lors, la chapelle porte le nom de chapelle (ht Chef saint Jean, ou de Saint-Jean du Vœu.

Le projet fut dressé par l’architecte Gilles Oppenord, et l’exécution confiée à Jean-Baptiste Poultier, sculpteur à Paris, originaire de Picardie. Les marbres furent fournis par Pierre Malleroy, marbrier à Paris. Le retable de l’autel,' tout en marbres rares et en plomb doré, se compose d’un ordre corinthien avec fronton demi-circulaire dans lequel est un ange doré, prenant son vol et tenant une éxiée, instrument du martyre de saint Jean-Bajjtiste. A droite et à gauche sont les sta-

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tues en pied, de grandeur naturelle, de saint Firmin, premier évêque d’Amiens, et de saint François de Sales. Sur le gradin, est iin sujet décoratif en plomb doré, au milieu duquel est une petite porte en forme de médaillon ovale, ouvrant sur un petit réduit destiné à renfermer la relique du chef de saint Jean-Baptiste.

Le sujet central du retable était un tableau sur toile de Claude-Guy Hallé, représentant le Baptême de Jésus. Ce tableau, qui s’était rapidement détérioré, fut remplacé en 1780 par un grand basrelief de Carpentier père, d’Amiens, dans lequel on a voulu rappeler le vœu en vertu duquel l’autel avait été érigé, mais dont l’allégorie n’est as très compréhensible.

La grille latérale, qui ferme la chapelle en 17 -19 c, fut léguée par Mcolas Filleux, chanoine, mort le 23 mars 1743, et exécutée par Claude Badaroux, serrurier à Corbie. L’autre, qui forme l’entrée, aurait été donnée par Martin Baron, ancien maire d’Amiens et îsToèl Baron, son frère. Comme elle est d’un dessin analogue à celui de la première, elle doit être aussi de Badaroux, mais on ne le sait

Saint Firinin.

par Poultier.

ACC.KSSOIRES — CIIAPl'.I.LES 17i)

pas d'une façon eertaine. Toujours est-il que ces deux ,:^’illes sont fort belles.

8ous la fenêtre du coté nord de la chapelle (travée 17-19 d), s'élève le tombeau de l'évêque François Faure, décédé le 11 mai 1087. Ce monument, en pierre et marbre, œuvre de Jean- Baptiste Duquet, est assez médiocre. L’évêque défunt y est représenté à demi-couché sur un sarcophage, et accompagné d’un ange, (jui lui montre le ciel.

Chapelle XY. — C’est plutôt un autel adossé au pilier 17 h, faisant pendant à un autre placé contre le pilier 18 b (chapelle XVI). Depuis fort longtemps déjà, ces deux emplacements étaient occupés par des autels : l’un avait été établi un peu avant 1.346 par l’évêque Jean de Cherchemont ; l’autre, vers 1334, par Firmin deCocquerel, qui devait devenir chancelier de France et évêque de Xoyon ; mais, tels qu’ils existent aujourd’hui, le premier de ces deux autels est le présent collectif de Jean Hémart et de François Mouret, maîtres du Puy, l’un en 1634, l’autre en 163.5. Le second est celui d’Antoine Pingré, maître de la même confrérie en 1627. Tous deux ont été exécutés sur un môme dessin par Nicolas Blasset.

L’un et l’autre a pour retable un tableau sur toile, au milieu d’une ordonnance architecturale à colonnes de marbre, accompagnée de deux grandes statues debout, et surmontée de trois

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statues de même taille, Tune debout, les deux autres assises, le tout pyramidant d’une façon très originale et très heureuse. Tous deux sont entourés d’une balustrade de marbre noir à balustres de cuivre.

La chapelle XV, dite du Pilier vert, a pour vocable Saint- Sebastien. L’ancien tableau, qui était de Claude Vignon, n’existe plus. Il est remplacé par une assez mauvaise toile du xviii® siècle représentant Jésus en croix entre la Vierge et saint Jean ; elle est d’ailleurs assez détériorée. Le retable est surmonté d'une statue de saint Sébastien, patron de la chapelle, accompagné des deux figures allégoriques assises de la Justice et de la Paix : à droite et à gauche, sur le gradin, sont les statues de saint Eoch et de saint Louis. Celle-çi détruite à la Eévolution, a été refaite en 1832 par les frères Duthoit.

li est bon de rappeler qu’en 1634 la peste sévissait violemment à Amiens : c’est avec intention que l’on a ici placé trois saints qui sont souvent invoqués contre elle. De tout temps, des prières ont été faites à cet autel lors des épidémies.

Chapelle XIX. — Cet emplacement n’est affecté à usage de chapelle que depuis 1761. A cette époque, on adossa aux murailles 25 6 c et 26 6 c, deux immenses autels, placés d’abord, en 1755, à droite et à gauche de l’entrée du chœur, pour

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CHAPELLES

remplacer le jubé récemment démoli, mais leurs dimensions colossales avaient fait à cet endroit un effet désastreux.

Cliché Hacquart.

Chapelles S.aint-Séhaslien et Notre-Dame «le Pitié.

Ces deux autels, œuvres du sculpteur Jean- Baptiste-Michel Dupuis, d’Amiens, sont tout en marbre avec ornements de plomb doré. Chacun se compose d’un ordre corinthien à colonnes torses encadrant une niche qui renferme la statue en pierre du patron de la chapelle, au-dessous de laquelle est un bas-relief en fonte dorée. A droite et à gauche du couronnement sont les statues assises de deux évangélistes.

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L’autel XIX est dédié à Notre-Dame de Pitié. La statue centrale représente la Vierge de douleurs debout, le cœur percé d’un glaive, dans une attitude à la fois douloureuse et suppliante. Le bas-relief en fonte dorée qui est au-dessous, représente le Sacrifice de Melchisédech. Dans le couronnement sont les statues des évangélistes saint Marc et saint Jean.

ChapeUe XXI. — EUe est dédiée à Saint- Quentin. Depuis 1853, elle n’a plus d’autre mobilier qu’un autel en pierre fort simple, dessiné par Viollet-le-Duc, au-dessus, un grand tableau sur toile non signé, du xvin® siècle, provenant de l’ancienne église des Célestins d’Amiens et représentant la Transfiguration, et enfin, vis-à-vis, un Evangéliste (?), tableau sur toile du xvme siècle.

Chapelle XXIII. — Dédiée à Saint-Jean-Baptiste, elle a encore la décoration que le chanoine Cqrnet de Coupel lui fit donner de 1775 à 1779 par le sculpteur Jacques-Firmin Vimeux, d’Amiens. C’est un lambrissage en bois sculpté dans le goût dit Louis XVI, mais assez laid, le tout peint en blanc et or. Dans le retable de l’autel est une grande figure en demi-bosse de saint Jean- Baptiste. La grille, d’un dessin agréable et original, est d’une exécution médiocre.

Chapelle XXV. — Elle avait originairement pour vocable Saint- Augustin. En 1853, Mgr de

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flU

Salinis, évêque d’Amiens, rapporta d’Italie un « corps saint » des Catacombes, sous le nom d’ Aurélia Theudosia, que son inscription paraît désigner comme Amiénoise. L’année suivante, ces reliques furent déposées en grande solennité dans l’ancienne chapelle Saint- Augustin somptueusement décorée et meublée à neuf à cet effet, sur les dessins de Yiollet-le-Duc, aux frais de l’empereur îlapoléon III et de l’impératrice Eugénie. La chapelle prit dès lors le nom de chapelle Sainte- Theudosie.

Du haut en bas, la chapelle est couverte de peintures et de dorures, exécutées par Alexandre- Dominique Denuelle, de Paris. L’autel, qui est en pierre, est surmonté d’un Jiaut tabernacle servant d’abri à la châsse de sainte Theudosie : il est l’œuvre des frères Duthoit, de style gothique, peint et doré comme le reste de la chapelle.

La grille en fer forgé, par Corroyer, dit Dauphin, serrurier à Amiens, est plus remarquable par son travail que par son dessin.

Chapelle XXVIII. — Elle a toujours été dédiée à la Vierge Marie, et son plus ancien vocable est Notre-Dame Drapière. Depuis fort longtemps, dès le xm® siècle, eUe fut le siège d’une paroisse fort peu nombreuse, dont le chapitre était curé. Un vice-gérant était désigné par celui-ci pour y remplir les fonctions curiales. C’est ce qui lui fait la plupart du temps donner le nom de Petite

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Paroisse. Après la Révolution, on y a encore fait pendant quelques années les offices de la nouvelle paroisse Notre-Dame. Rappelons qu’elle est beaucoup plus profonde que les autres.

Son ancien mobilier fut enlevé en 1853, et, dans les années suivantes, elle fut décorée et meublée à neuf par Viollet-le-Duc. Des peintures et des dorures la couvrent aussi entièrement. Son autel monumental en pierre, de style gothique, est l’œuvre des frères Duthoit, et la grille dont elle est fermée, de Théophile Hanot, serrurier à Amiens.

Les deux dernières travées parallèles de la chapelle du côté de l’Évangile sont occupées par deux tombeaux datant du commencement du XIV® siècle. L’un est celui de l’évêque Simon DE Gonçans, mort le 3 décembre 1325, l’autre celui de Thomas de Savoie, chanoine d’Amiens, fils de Thomas de Savoie, III® du nom, comte de Maurienne et de Piémont, et de Guye de Bourgogne, mort en 1332, suivant les uns, en 1335 ou 1336, suivant les autres. Ces deux monuments avaient été odieusement mutilés pour placer des boiseries qui les cachèrent jusqu’en 1853. Ils furent alors restaurés avec soin par les frères Duthoit, mais ils étaient tellement abîmés que cette restauration équivaut presque, à une réfection complète. La statue gisante de Thomas de Savoie est le seul morceau un peu important qui ait été conservé. Beaucoup de débris, et no-

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CMAPEI.EES

taminent la statue mutilée de Simon de Gonçans ont été mis au musée d’Amiens.

lies deux monuments. ])r(*s({ue semblables dans leur disposition générale, ne différent que dans les détails de rornementation. Chaeim d’eux est formé d'une grande aread(* surmontée d’un gable et d’une rangée de elochetons. La statue du défunt est couchée sous eette arcade, sur un soubassement orné d'une suit(“ de p(*tits pleurants sculptés en bas-relief sous une arcature. Ges arcatures à pleurants sont peut-être un des plus anciens exemples d’une mode ciui eut tant de succès un peu plus tard, et dont il existe des spécimens très remarquables et très célèbres.

La statue de Thomas de Savoie est plus que médiocre et i)eu digne d'un prince d’une si illustre maison. Celle de Simon de Gonçans devait être beaucoup meilleure.

Chapelle XXVI. — Son primitif vocable était 8aint-Jacques-le- Majeur. En 1860, alors que le choléra faisait dans Amiens d’effroyables ravages, Mgr Boudinet, évêque de cette ville, fit vœu de dédier la chapelle qui nous occupe au 8acré-C(jeur de Jésus, auquel il consacra son diocèse. Cette chapelle fut alors décorée, aussi sous la direction de Viollet-le-l)uc, avec une extrême richesse, en grande partie au moyen des offrandes des fidèles. Comme les deux j)récédentes. elle fut peinte et dorée du haut en bas, mais avec encore plus de

CATHÉDRALE d’aMIENS

luxe. La partie ornementale de ces peintures fut exécutée par Mcolle, de Paris. Des personnages en pied ont été en outre peints sous l’arcature du soubassement par Théodore Maillot et Louis Steinheil, aussi de Paris (1). Ils représentent : sainte Marguerite-Marie Alacoque, — saint François de Sales, — saint Thomas d’Aquin,

— saint Bernard, — *saint Firmin, — le chef de saint Jean-Baptiste, — saint Jean l’Évangéliste,

— saint Pierre, — la Vierge Marie, — saint Joseph, — saint Paul, — ^sainte Marie-Madeleine — • saint Augustin, — *saint François d’Assise. — saint Ignace de Loyola, — *sainte Thérèse.

L’autel, tout en bronze doré, sort des ateliers Poussielgue-Busand, de Paris.

La grille a été forgée par Lequet, serrurier à Amiens, successeur de Corroyer, dit Dauphin.

Dans le dallage, est la pierre tombale de Jacques- Antoine Boudinet, évêque d’Amiens, mort le 1®^ avril 1873.

Chapelle XXIV. — Placée originairement sous le vocable de Saint-Nicaise, elle porte aujourd’hui celui de Saint-François d’Assise, qui s’est insensiblement substitué au premier.

Sa décoration, exécutée de 1775 à 1779, en même temps que celle de la chapelle XXIII, par

(1) Les personnages exéeutés par Steinheil sont précédés d’un astérisque. Tous les autres sont de Maillot.

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CHAPELLES

le sculpteur Yimeux, aux frais du chanoine Cornet de Coupel, est, à très peu de choses près, semblable à celle-ci. Dans le retable de l’autel est une figure en demi-bosse de saint François d 'Assise, fort médiocre, pour ne pas dii’e mauvaise.

Contre le mur. Saint François d’Assise mourant bénissant la ville d’Assise, tableau sur toile d’après François-Léon Bénouville.

Chapelle XXII. — Elle a et a toujours eu pour patron Saint-Eloi.

Depuis que cette chapelle a été débarrassée de son ancienne décoration, en 185.3 (1), elle laisse voir sous l’arcature du soubassement de magnifiques peintures du commencement du xvi® siècle, qui jouissent d’une légitime célébrité. C’est tout ce qui reste d’une riche décoration donnée à la chapelle en 1506 par le doyen Adrien de Hénencourt, qui voulait en faire la chapelle de la confrérie des peintres, verriers, entailleurs et enlumineurs de la ville d’Amiens.

Sauf un portrait d’Adrien de Hénencourt, les peintures qui occupent les deux travées orientales de la chapelle sont peu intéressantes ; elles devaient être en grande partie masquées par l’autel, qui se trouvait de ce côté. Celles des deux travées ouest méritent surtout d’attirer l’atten-

(1) Elle a été alors simplement garnie d’un autel de pierre comme la chapelle XXL Voy. ci-dessus, p. 182.

CATHEDRALE I) AMIENS

tion. Elles représentent huit Sibylles en pied, tenant divers attributs et accompagnées de légendes (1).

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