VILLE ET EST DECEDE LE XIX^ JOVR D 'OCTOBRE
l’an Mil six cens trente nevf. Priez Dieu pour son ame.
Chapelle XX. — Au contraire de remplacement occupé par la chapelle XIX, les travées 22- 24 ^ c et 24-26 b c (chapelle XX) furent remplies non pas absolument dès l’origine, mais certainement dès le xiii^ siècle, par une chapelle connue sous le nom de Notre-Dame Anglesque ou Angleite. Les chapelains j tenaient leurs réunions et y célébraient leurs offices particuliers. Elle était renfermée dans des clôtures. Tout son ancien mobiher disparut en 1761, lorsqu’on plaça contre la muraille 26 h c l’autel qui s’y trouve actuellement (1).
Cet autel, primitivement sous le vocable de Saint-Charles Borromée, passa en 1832 à celui de Saint- Joseph. La statue de saint Charles Borromée, par Dupuis, qui occupait la niche centrale, fut reportée à l’entrée du chœur et remplacée par une statue de saint Joseph, œuvre des frères Duthoit. Le bas-relief qui est au-dessous représente les Israélites recueillant la manne dans le désert. Dans le couronnement sont les évangélistes saint Mathieu et saint Luc.
(1) V03’. oi-dessus, p. 111.
ACCESSOIRES
CHAPELLES
Dans l’arcature de soubassement, sous l’appui de la fenêtre 22-24 c, est un joli petit monument en pierre noire de Belgique, au centre duquel est une plaque de cuivre émaillé, représentant l’évêque Jean Avantage (1437-1450) agenouillé devant la Vierge Marie et accompagné de saint Jean l’Évangéliste, son patron. Au bas, on lit cette inscription en caractères gothiques :
Sacent fous que reuerend pere en Dieu monseigneur maistre Jehan Avantage jadis evesque d’Amiens fonda en son vivant en ceste chapelle messe perpétuelle qui chacun jour doibt estre dicte basse par iing de l’universite des chapellains de cheens, tantost apries la messe du Breton, et apries le son de la cloche qu’il danna pour sonner ladite messe et pour chacune faulte, XVI deniers d’amende et restauration de messe a appliquer aulx. . . . chapelains se haulte messe ou convencion desdifs chapellains ne prorognent ladicte heure. Et aussi a fonde ledit Reverend Pere jmr avant ladite messe quatre obis et messes haultes a dyacre et subdijacre et deux choriste aulx tiers jours des mois de frevier may aoust et novembre comme appert plus à plain es lectres sur ce faictes dont les copies sont au messel qu’il donna a ladite université pour dire lesdites messes.
Chapelle XVI. — Elle fait pendant, comme nous l’avons vu, à la chapelle XV. Cette chapelle, dite jadis Notre-Dame du Pilier rouge, était ceUe de la confrérie du Puy Xotre-Darae, et porte encore le nom de Notre-Dame du Puy. Xoüs rappelons que l’autel actuel, œuvre de Xicolas
CATHÉDKALE d’aMIENS
Blasset, fut offert en 1627 par Antoine Pingre, maître du Puy. Sa disposition générale est la
même que celle de l’autel XV (1).
Le tableau central est une Assomption, i)ar François Francken le jeune. Ce tableau, très bien conservé, est le meilleur que possède actuellement la cathédrale. Tout en haut du retable, est la statue allégorique de Xotre-Dame du Puy, tnant d’un puits un enfant nu, suivant une légende dont l’origine n’est due qu’à un simple jeu de mots. Un enfant de chœur de l’éghse du Puy, jeté dans un puits par un Juif, en aurait été retiré miraculeusement par la Vierge. A la droite et à la gauche de Xotre-Dame du Puy sont les statues assises de David et de Salomon. Sm’ le gTadin, à droite du spectateur, s’élève une statue de Judith tenant la tête tranchée d’Holoferne ; de l’autre côté, était une statue d’Esther, qui fut brisée à la Eévolution. Depuis ce temps on l’a remplacée par une statue en bois du xvm® siècle, provenant des religieuses de la Providence. Représentant à l’origine sainte Geneviève, cette statue avait été transformée en déesse de la Liberté pour figurer dans une fête révolutionnaire. Elle est là telle que la Révolution l’a faite.
Chapelle XIV. — Alors que la chapelle XIII était dédiée à saint Pierre, ceUe-ci, qui lui fait pendant, l’était à Saint-Paul. Aujourd’hui elle
(1) Voy. ci-déssus, p. 180.
ACCESSOinES
CIIAPEELES
porte le double titre de Saint-Pierre-et- Saint Paul.
En 1749, le chanoine Cornet de Coupel lui fit faire un autel semblable à celui de la chapelle Saint-Jean du Vœu (1), mais avec cette différence que ce qui, là-bas, est en marbres précieux et eu plomb doré, est ici en bois sculpté, peint en imitation de marbre et doré. La menuiserie fut exécutée par Dron, menuisier à Amiens. Les deux grandes statues en pierre qui accompagnent le retable sont de Dupuis et représentent saint Pierre et saint Paul, patrons actuels de la chapelle. Au centre du retable est une grande toile d’un des Parrocel (Ignace, sans doute) représentant l’Adoration des Mages.
Les grilles, qui ferment la chapelle, sont exactement semblables à celles de la chapelle XTIT.
Chapelles de la nef.
Toutes les chapelles de la nef ont conservé la décoration qui leur a été donnée dans le courant du xvin^ siècle. Cette décoration, bien que variant dans le détail à chaque chapelle, est cependant conçue sur une donnée à peu près uniforme. Chaque chapelle est garnie jusqu’à hauteur de l’appui de la fenêtre par un lambris généralement de bois. L’autel, qui était primitivement orienté.
(1) Voy. ci-dessds, p. 177.
lî)6 CATHÉDRALE d’aMIEXS
a été reporté sous la fenêtre, face à la nef, et flanqué de deux portes s’ouvrant sur de petits vestiaires à l’usage des chanoines. Une grille en fer forgé ferme la chapelle sur le bas-côté.
Chapelle XII. — Xous rappelons qu’elle a été élevée un peu avant 1292 par l’évêque Guillaume de Mâcon, sous l’invocation de Sainte- Mar guérite (1), vocable qu’elle a toujours gardé. Sa décoration actuelle, due aux libéralités du chanoine Pierre-Joseph Pingré, fut exécutée de 1768 à 1770 par le sculpteur Dupuis et l’architecte Christophle, son gendre. Elle est toute en marbre, et sa marbrerie, œuvre de J. -B. Brognet, est d’une exécution très remarquable. La statue en plâtre de sainte Marguerite, qui est placée sur l’autel, est assez médiocre.
Chapelle X. — Son vocable de Saint-Etienne n’a jamais varié. Sa décoration actuelle fut exécutée en 1768 aux frais du chanoine François Caron. Elle diffère légèrement de celle qui fut donnée aux autres chapelles, parce qu’on a voulu utiliser quelques morceaux provenant du retable de l’ancien autel, qui était le présent offert par Augustin Cordelois, chapelain, maître du Puy en 1628, et qui passait pour fort beau ; mais avec tous ces débris, on n’a réussi qu’à faire un arrangement du plus mauvais goût. De l’ancien autel
(1) Voy. ci-desous, p. 10.