‹ Description agréable de la République argentineChapitre 24 sur 65 · XV. — J'ai décrit déjà Vestancia du Chaja en m'occupant · texte numérisé non relu

XV. — J'ai décrit déjà Vestancia du Chaja en m'occupant

de la variété Negrete et j'ai rappelé que M. Aguirre avait reçu une souche de brebis saxonnes.

Des trois cents têtes que comprenait ce troupeau, il en choisit avec soin cent trente. En 1882, il acquit douze antenaises Rambouillet de la célèbre Cavagne « Nuestra Sehora del Pilar » de M. Na^ar et 1 00 brebis de Vestancia « San Juan », dans l'État Oriental et il y ajouta douze brebis importées de la Bergerie nationale de France.

Telle est Torigine de son troupeau; il le fit servir par deux béliers importés de la Bergerie nationale de France et par deux mérinos allemands, obtenant des uns et des autres des résultats satisfaisants.

Cette Cavagne, bien que récente, a commencé ses ventes avec succès. Pour les premières antenaises il obtint 40 piastres monnaie nationale et 80 pour les béliers. L'établissement n'a pas encore mis ses produits aux enchères de Buenos Aires et n'a pas concouru aux expositions.

XVI. — La Cavagne « El Carmen » appartient à Tauteur de ce livre; elle fait partie de Vestancia du même nom qui fut fondée au mois de mai 1 883 ; elle est administrée intelligemment par mon frère Don Manuel Antonio Zeballos.

11 y a deux troupeaux; le troupeau type a pour origine 20 antenaises Rambouillet, d'origine Homeyer par le bélier; elles furent achetées à la Cavagne « Sattta Catalina » du docteur Don Domingo Frias par l'intermédiaire de MM. Adoljo Bullrich et 0\ En mars 1884, j'achetai à M. Eniilio Poret, de Lobos^ un magnifique groupe de 40 brebis et antenaises descendantes d'une souche de la Bergerie nationale de France. La brebis 524, qui existe encore dans le troupeau, est la dernière des importées.

Finalement, en 1886, j'acquis 8 autres antenaises pures de Santa Catalina de Frias à choisir sur 20, par l'intermédiaire de MM. Sanchei et Moreno.

J'ai employé, pour fixer le troupeau type et le préparer à recevoir des reproducteurs de grand mérite, deux très beaux béliers tout à fait spéciaux de caractères, provenant de la Capagne de MM. Oliver a Hermanos^ « Las Acacias ». Le bélier 3i fut choisi par mon ami le savant éleveur Z)o« Claudio Stegman qui m'en conseilla Tachât en ces termes : « A n'importe quel prix, ce bélier est bon marché. » Le n* 52 fut un des reproducteurs de la Cavagne « Las Acacias »; je l'achetai, en i885, à la vente publique de MM. Bullrich et' 0\ Les produits de ces deux béliers sont pleinement satisfaisants. Ils me donnent des animaux de toison serrée et uniforme et de laine longue, frisée et nerveuse. Les béliers dedeuxans^ descendant du n* 3i, donnent de i8 à 24 livres de laine, selon les indications de plusieurs acheteurs.

Les vingt premiers béliers que je mis en vente dans la saison i885-86 ont été payés de 40 à 100 piastres monnaie nationale suivant qualité. Ils furent achetés particulièrement, sauf quelques-uns vendus aux foires de Lobos.

El Carmen ne vend ses produits que particulièrement, ce qui permet aux acheteurs d'examiner auparavant les ascendants dans les différents troupeaux.

Outre ce troupeau, j'en ai formé un autre par sélection, qui compte 700 tètes et a toujours employé des reproducteurs purs. En novembre 1886, ce troupeau a été réduit par une nouvelle sélection à 5oo têtes, abandonnant le reste aux troupeaux généraux. La nouvelle souche ainsi obtenue, d'un type et d'une toison raffinée, est servie par des reproducteurs notables soigneusement choisis. Le but de cette création est de produire des béliers rustiques pour la vente générale; j'en ai présenté sur le marché, dans les deux dernières années, plus de 25oen les vendant immédiatement au prix de 10 à 20 piastres chaque.

M. Meyer^ directeur de la Cavagne « Bernardîno Riva-

davia », visita El Carmen en 1887 et m'écrivit ce qui suit :

« Ma visite au Carmen m'a fait grand plaisir, c'est une « Cavagne qu'on est heureux d'admirer. Les deux hangars « de chaume sont de vrais modèles pour les brebis fines. (( Une bergerie comme il faut (en français dans le texte espa- « gnol) solide et commode.

« J'ai trouvé le petit troupeau Rambouillet en très bon « état. Le lot est bien uniforme et de laine fine.

« Le bélier reproducteur, le vieux n" 3 1 , ne laisse rien à « désirer sous le rapport de la laine, et l'autre, le n" 52, d'un « beau port, bien formé de tête, de poitrine, etc. Les autres « béliers Rambouillet portent également une laine très fine « et jaune qui plaît beaucoup aux acheteurs. »

Je m'abstiens d'entrer dans les détails et autres considérations puisqu'il s'agit de mon propre établissement. J'espère que ses produits feront leur chemin au fur et à mesure que l'on appréciera mes efforts et la valeur des résultats obtenus. L'établissement vient d'acquérir un notable bélier de la bergerie de Steiger en Allemagne. C'est le n** 81, admiré à Buenos Aires par les éleveurs les plus compétents et qui a coûté i.3io piastres monnaie nationale. Cette qualité de reproducteur était surtout réclamée par la situation organique actuelle de mon troupeau et j'ai eu de la chance de trouver si à propos ce qu'il me fallait.

XVII. — Dans le chapitre consacré à la variété Negrete, j'ai fait connaître les antécédents et les mérites des frères Olivera. Je vais maintenant m'occuper de leur célèbre Cavagne Rambouillet.

Elle fut fondée en i855 par M. Domingo Olivera avec quelques brebis et béliers provenant des importations d'animaux Rambouillet et faites presque immédiatement après la chute de Rosas; ces animaux venaient des bergeries Impériale et Wideville^ de M. Gilbert, En 1868, quand la société

indiquée plus haut prit à sa charge le troupeau, elle fit rintroduction du sang Wideville^ au moyen de brebis et de béliers scrupuleusement choisis dans cette bergerie, par le propriétaire lui-même, M. Gilbert^ père du possesseur actuel; il disait dans sa lettre d'envoi : « qu'il s'était appliqué, « d'une façon très spéciale, au choix des animaux qu'il « vendait à MM, Olivera frères^ en reconnaissance des « services que lui avait rendus M. Eduardo Olivera^ » — auquel il parlait en ces termes, dans une lettre particulière : « Attendu que je ne pourrai jamais répondre digne- « ment aux services que vous m'avez rendus en m'accompa- « gnant en Allemagne, car les nombreuses affaires que « mon fils vient de réaliser dans ce pays sont dues, en grande « partie, aux relations que vous m'avez fait avoir; je ne « pourrai jamais vous le dire assez; disposez de moi comme « vous voudrez, parce que je n'oublierai jamais que le beau « voyage que j'ai fait avec vous a ouvert un magnifique « avenir à mon fils. »

Plus tard la société acheta aux enchères le troupeau qui constituait la Cavagne de MM. Hardoy et Woodgate^ dans le département de Mercedes près de Buenos Aires, provenant tout entière du plus pur sang Rambouillet de la Bergerie nationale de ce nom et de celle de même élevage de Thîrouin Soreau.

Le troupeau, depuis sa fondation, fut séparé en diverses familles dont les individus étaient inscrits sur un registre scrupuleusement tenu, qui permettait d'en connaître l'origine et le degré de parenté, afin de pouvoir éviter la consanguinité, une des bases principales du système d'élevage de cette Cavagne et de faire les croisements avec la plus grande exactitude possible.

MM. Olivera frères^ dans le rapport qu'ils ont bien voulu me communiquer, disent :

<( C'est ainsi que nous avons continué, délivrés de toute « infusion étrangère, en prenant les types reproducteurs des « diverses familles, en faisant toujours attention de ne jamais « croiser entre eux de proches parents, en rafraîchissant le a sang avec des animaux de la meilleure classe que nous « ayons pu rencontrer chez les principaux éleveurs du pur « sang Rambouillet, autant en France qu'en Allemagne, sans <i nous écarter du premier but que nous avons toujours eu en « vue : d^unir au gi^and rendement de laine une grande taille « et un animal propre à la production de la viande. Nous « arrivâmes ainsi à modifier complètement le type de a Wideville^ et nous produisîmes l'animal auquel le public (( a donné le nom à Buenos Aires de Argentino et dont « nous n'avons jamais négligé la conservation, car un de « nos associés {M. E, Olivera) a fait dernièrement un voyage « d'exploration en France et en Allemagne qui nous a « permis de nous convaincre de la perfection du type que « nous possédons, et d'introduire quelques animaux qui, par « la même occasion^ nous permettaient de rafraîchir le sang « de nos troupeaux sans en altérer la pureté, l'ancien- « neté et la constance dans la reproduction des caractères « obtenus par la sélection la plus scrupuleuse depuis le grand « nombre d'années que le troupeau existe.

« Le rendement en laine des brebis varie entre lo et « i8 livres. Celui des béliers entre 20 et 28.

« Le régime est des plus simples. L'animal est élevé en « plein air avec un supplément d'alimentation dans les han- « gars pendant les rudes jours de l'hiver; il consiste en four- « rage sec et en maïs, en certains cas, ce qui nous a permis t< d'obtenir un animal vigoureux et propre à résister à tous « les inconvénients de notre climat.

« Tous les ans, avant l'époque de la monte, nous appa* « reillons les animaux avec un soin scrupuleux, repoussant

tout ce qui ne répond pas d'une manière absolue au but que nous nous proposons : unir au grand rendement en lame une taille plus apte à la production de la viande, un des objets les plus importants dans l'élevage de la brebis, si l'on tient compte des nécessités du Marché universel de

CAVAGNE " LAS ACACIAS - n'OLIVKRA FRÈRES

" viandes, sans abandonner pour cela la production de la "plaine que nous ne pouvons laisser comme le font aujour- « d'hui les Européens, vu les conditions de nos marchés, de « notre propriété territoriale et le peu de densité de notre '< population. »

La société OUvera frères a concouru à la plupart des expositions en s'imposant, depuis celle de Cordoba^ l'inalté-

rable règle d'assister hors concours, afin de laisser au public la liberté complète de juger les résultats obtenus par la Cavagne « Las Acacias » déjà fort renommée dans le pays.

Cette Cavagne possède l'assurance d'une grande clientèle qui d'elle-même va choisir sur place les nombreux reproducteurs offerts annuellement au public, — en dehors de 80 à 100 têtes de haute résen^e, — et vendus invariablement en août de chaque année en trois séances publiques par la maison Adolfo Bullrich et C\

C'est là que la plupart des Cavagnistes actuels ont fait leur choix de reproducteurs, comme base de leur élevage pehdant ces dix dernières années.

Les prix obtenus à ces enchères ont varié annuellement entre 100 et 600 piastres monnaie nationale par tête.

XVIII. — La Cavagne « San Juan » de MM. Pellegrini et Lagos était située dans le département General Rodrigue{ sur le ruisseau du Dura{no à 55 kilomètres de la capitale et 1 5 de la gSLVC Rodrigue^ de la ligne de l'Ouest. L'extension de la propriété est de i . 100 cuadras.

En i856. Don Juan Lagos acheta à Don Juan Hannah de Santa Catalina 200 brebis mérinos choisies au prix, fort élevé pour répoque, de 25o piastres monnaie courante (vingt centimes de franc l'une). Ce troupeau, desservi constamment par des béliers purs Rambouillet, passa en 1879 au pouvoir de MM. Carlos Pellegrini et Rodolfo Lagos qui en séparèrent 200 femelles choisies pour fonder une Cavagne.

En 1881 ils décidèrent d'y adjoindre un petit troupeau pur sang de la Bergerie nationale de France. En décembre de la même année ils reçurent le premier envoi composé de 2 béliers et de 3o brebis qui furent choisis de la réserve de cette bergerie sur l'autorisation expresse du ministre de l'agriculture,

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obtenue par l'intermédiaire du consul argentin à Paris, M. Otto Bemberg. Les deux béliers portaient les numéros 1410 et 76 dont le premier, connu dans la bergerie sous le nom de Pasha^ y avait servi de reproducteur pendant trois ans; parmi les plus notables, on cite le n* 41 acheté par Don Carlos Urioste^ de Buenos Aires, au prix de 5. 000 francs et le n' 97 qui obtint le premier prix à l'Exposition de Melbourne (Australie).

Les brebis portaient les n" 5, 9, 17, 19, 24, 42, 53, 55, 56, 59, 60, 65, 67, 77, 78, 80, 81, 86, 87, 88, 90, 91, 95, 104, 106, 107, 108, no, 116, 122.

D'après M. Bernardin^ directeur de la bergerie, c'était le meilleur lot d'ensemble qui fût sorti de l'établissement.

Le second envoi se composait de 10 brebis, n"" 452, 468, 504, 55o, 6o3, 455, 464, 519, 528, 451 ; et le troisième d'un bélier n* 833 et de 10 brebis n" 618, 65 1, 670, 685, 692, 696, 714, 718, 722 et 725.

En outre, un remarquable bélier de la réserve, servant de reproducteur à Rambouillet, avait été acquis en dernier lieu par l'intermédiaire de M. Marco del Pont pour ]a somme de 5.000 francs.

Le troupeau pur sang de la Cavagne se composait dès lors de 148 breWs mères dont la laine se distinguait sans exception par son caractère de finesse, l'abondance de la toison, l'énergie et la pureté du sang.

Les propriétaires de cette Cavagne me disaient dans leur rapport :

« Elle a conservé sans mélange le pur sang du mérinos « Rambouillet français qui, s'il n'a pas la finesse de mèche du « Negrete ni le développement du mérinos précoce allemand, « a sur le premier l'avantage de la longueur de la mèche et « sur le second celui de la finesse de la toison, son abondance « très fournie en suint et, enfin, sur les deux, l'avantage

« de constituer un animal beaucoup plus sobre ou frugal tout « en étant de sang plus vigoureux. »

Les béliers de cette Cavagne ont obtenu des premiers prix dans les Expositions Continentale de 1 882, Internationale de Buenos Aires de 1886, et dans celles de la Société rurale de l'Uruguay, comme réputés au plus haut degré pour la production du Rambouillet.

Les ventes annuelles aux enchères chez MM. Sanche{ et Moreno ont toujours trouvé une active demande et des prix proportionnellement réguliers.

En raison de tels précédents, on apprendra, sans doute, avec regret la liquidation de cette Cavagne^ opérée il y a quelque temps en 1887. La dispersion de ce précieux groupe a été véritablement déplorable, car par la pureté de sa haute origine et les qualités intrinsèques et la beauté des béliers obtenus, il était remarquablement digne des progrès ruraux faits par le pays dans ces dernières années.

Les existences de la Cavagne mises aux enchères se composaient ainsi : « 370 brebis Rambouillet pur sang de la Berce gerie nationale de France, dont 55 brebis importées; « 17 antenaises de même sang ; 1 02 agnelles de 5 à 6 mois ; « 114 agneaux de 5 à 6 mois; 3 béliers notables de la bergerie « Kaiser Haubit^ ; 26 béliers, descendants de bêtes impor- « tées de la Bergerie nationale de France ; 20 béliers Ram- « bouillet, etc.. »

XIX. — La Cavagfie <r Perseverancia » a fait son apparition sur la place en 1 887 en offrant aux enchères de la maison Bullrich un lot de Rambouillet.

Elle est située dans le département çle Maipu sur la voie ferrée du Sud qui unit la capitale fédérale à Bahia Blanca. Elle élève le mérinos français précoce importé de la bergerie Dellii et appartient à MM. Agustin Capelle et C\

.. — J'ai déjà parlé de Vestancia « San Juan » de

M, Leonardo Pereyra et c'est ici le cas d'ajouter qu'elle élève le mérinos national français à un degré de pureté, de développement et d'énergie de types et qualités qui mérite d'être spécialement rappelé.

Il y a quelques mois, visitant ses installations, j'examinais un groupe de douze remarquables béliers. L'éleveur pourrait par eux provoquer la concurrence avec les types semblables qui jouissent de plus de réputation dans le pays. Mais M. Pereyra^ qui a remporté des prix à diverses expositions et qui a importé de remarquables béliers de la bergerie Rambouillet, ne maintient son troupeau que pour son propre cheptel .

XXI. — A l'élevage du Negrete de la Cavagne « Rincon delRosario » de M. Frers^ il faut ajouter celui du Rambouillet dans lequel elle a obtenu des triomphes signalés. Sa création date de iSSy, époque à laquelle un troupeau de brebis de Hannah^ desservi par des béliers importés d'Allemagne de i865 à i883, lui servit de base. Les derniers béliers employés provenaient de la célèbre bergerie de Homeyer de Ran{tn.

Jusqu'en 1878, la Cavagne se bornait à la vente locale, répondant aux besoins des départements du Baradero, de San Pedro et autres, l'éleveur pouvant se vanter d'avoir contribué efficacement au] raffinement de l'espèce ovine, dans cette zone de la province de Buenos Aires. En 1878, elle fit ses premières ventes à Tencan, dans la ville de Buenos Aires, et les continua en 1879, 1880, 1881 et 1882.

Sa présence fut signalée aux expositions suivantes : de la Société rurale argentine, en 1878, à la foire sans option aux prix; en 1880, avec un second prix; de la Continentale de 1882 où elle remporta divers prix.

XXII. — Je n'ai pas reçu les renseignements demandés sur la Cavagne « Nuestra Senora del Pilar », appartenant à

M. Benjamin Na\ar^ mais je dois la mentionner car sa réputation est bien assise sur le marché.

D'après des antécédents irréfutables, ainsi que par les annonces publiées aux dernières enchères, cet établissement fait rélevage de la race pure mérinos et cherche à obtenir une laine abondante, longue, d'un bon brin fin, d'une complète uniformité dans toutes les parties de la toison, enfin, de toutes les qualités propres à cette race. L'annonce ajoute : « Les « laines provenant de la Cavagne « Pilar » sont appréciées « des exportateurs, comme marchandises extra^ et obtiennent « toujours sur la place les prix les plus élevés. »

J'ai vu, ces dernières années, quelques lots de ses béliers qui étaient véritablement remarquables de type et de toison.

XXIII. — Je me trouve dans une situation analogue envers la célèbre Cavagne de « Santa Catalina » appartenant au 2)' Don Domingo Frias^ et qui est sans doute un des premiers, sinon le premier des établissements de raffinement de bétail que la République Argentine compte au nombre de ses plus grands progrès.

A défaut de renseignements émanant de la direction, je me borne à transcrire ce qui suit d'un article descriptif publié dans le journal La Nacion , du 8 septembre 1887 : « La section Rambouillet se compose de yoS brebis pures et « 143 béliers de premier ordre, 106 de second choix; « 1.022 têtes pur sang de pâturage libre et 3.3oo métis. « L'origine de cette Cavagne provient de bêtes scrupuleusece ment choisies parmi les réserves des bergeries allemandes ; ^ le chiffre des animaux importés dépasse 3oo têtes. »

XXIV. — Les produits de la Cavagne « Moron » de M. César Cardoso ont commencé à venir sur la place depuis ces derniers temps. Ils sont d'origine Rambouillet français y importés par Téleveur. Bien que nouveaux, ils font du chemin.

La Cavagne est admirablement située, presque dans les faubourgs de la capitale, dans le département de Moron^ avantage indiscutable, vu la proximité du principal marché. Si réleveur persévère avec intelligence, malgré les difficultés des premiers temps et de la concurrence toujours plus grande, il obtiendra des résultats satisfaisants.

'. — Le Medano Blanco^ appartenant à J/^Vw/Z^wa M. de Rocha^ est un grand et coûteux établissement situé sur les confins des départements de Chivilcoy et de Chacabuco. C'est une véritable machine à rentes. Laborieusement et intelligemment dirigé, il a la base d'une Cavagne Rambouillet. La vente des béliers pour troupeaux ordinaires était déjà importante, quand la direction, profitant des progrès réalisés, s'adonna au système des Cavagnes. Pendant deux ans elle offrit ses béliers aux enchères de Buenos Aires et obtint des résultats satisfaisants. Elle a remporté plusieurs prix dans les expositions-foires de Mercedes.

Ses produits proviennent de la fameuse bergerie française de Gilbert. Modestement présentés, ils laissent d'heureuses perspectives à l'avenir des réserves du Medano Blanco.

XXVI. — J'ai déjà émis mon opinion sur l'établissement de la nouvelle Cavagne « Bernardino Rivadavia », dirigé par M. Enrique Meyer et situé à Marcos Paz, près de la capitale.

Son élevage Rambouillet, apprécié dès sa première époque, lui assure une nombreuse clientèle dans toutes les foires régionales où il se présente. Cette Cavagne vend actuellement de bons animaux^ mâles et femelles, aux enchères de Buenos Aires, et la foire qui eut lieu chez elle, en 1887, a consacré de nouveau la réputation de l'éleveur.

La liquidation sociale de 1886 et la création d'une nouvelle entreprise sont d'autres points de départ aux succès

desquels s'intéressent les amis de Télevage tant pour M. Meyer que pour le pays.

XXVII. — En me référant à la Cavagne « La Merced », qui n'existe plus, je paye un juste tribut à la mémoire de son fondateur, M. Carlos Urioste, mort en i885. Elle était située dans le département de Carmen de ArecOy près de la gare Capitan Sarmiento du chemin de fer au Pergamino.

M. Urioste y avait réuni un coûteux et beau troupeau originaire de la Bergerie nationale de France, et les béliers qu'il vendait fréquemment à Buenos Aires attiraient l'attention des amateurs. Sa mort a amené la liquidation de la Cavagne et la dispersion du fruit de ses efforts.

XXVIII. — J'ai déjà parlé de l'importante Cavagne « El Bosquejo y> fondée par M. Antonio Galarce à Navarro. Elle possède une petite base de troupeau Rambouillet allemand formé de quatre belles brebis importées, d'un groupe d'antenaises achetées dans le pays et d'un bélier provenant du lot que M. Steiger fit vendre à Buenos Aires en 1887. Les Rambouillet de cette Cavagne sont de la même époque.

XXIX. — La Cavagne « La Figura » de M. Miguel N. de Uribelarrea est située dans le département de Canuelas^ près de ce village et sur une étendue de deux lieues carrées espagnoles (5.400 hectares) qui forment deux établissements destinés à l'élevage et à l'agriculture. Uestancia possède des installations commodes et de vastes cultures qui l'embellissent. Ses nombreuses fermes sont bien construites et les prairies ont été subdivisées en divers enclos.

C'est là que M. Uribelarrea a formé son troupeau mérinos du type Rambouillet et qu'il entretient sous de commodes hangars.

La souche de femelles a toujours été renforcée par l'importation ainsi que celle des mâles, car cet éleveur a employé

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un capital considérable à l'acquisition de reproducteurs européens.

En plus de sa réserve, M. Uribelarrea a un troupeau Rambouillet pur, pâturant aux champs, pour la fourniture des béliers communs aux troupeaux de pâture libre. Il présente et vend ses produits deux fois par an, à l'automne et au printemps, dans des foires qui ont lieu chez lui.

XXX. — La Cavagne a San José » de récente fondation appartient à M. José Fernande^ et se trouve aux environs de la ville de Moron^ près de la capitale.

Sa base est le Rambouillet allemand originaire des bergeries de Steiger et de Homeyer. Le premier troupeau appartenait d'abord à M. Manuel J. Gtiiraldei qui le forma avec les éléments de l'ancienne Cavagne « Amaral », qu'il avait achetée, avec un lot de brebis importées et, enfin, un autre, provenant de la Cavagne « El Oratorio » de M. Guerrico.

Les premiers produits furent présentés en 1887 aux enchères de Bullrich et vendus de gré à gré.

XXXI. — L'opulent propriétaire et éleveur argentin. Don Roberto Cano, possède, dans le département de Rojas, un établissement rural d'une importance exceptionnelle. La vaste extension de terres fertiles au plus haut degré, les nombreux troupeaux constamment raffinés, les créations de prairies artificielles, les constructions somptueuses et surtout les produits et l'appui administratif de Vestancia « San José » lui donnent une telle notoriété qu'il figure parmi les modèles d'établissements ruraux qui sont, par leur beauté, l'ornement de nos campagnes et, par leur valeur économique, des sources fécondes de production.

C'est là que M. Cano a formé une belle Cavagne Rambouillet à râide d'éléments choisis dans les bergeries françaises Nationale^ Bailleau et Gilbert. Bien que destinés au

service propre des troupeaux de rétablissement, ses produits ont figuré dans quelques-unes de nos expositions et c'est pour cela que nous en faisons mention ici. D'ailleurs, cette Cavagne est en situation de soutenir la lutte avec les meilleurs établissements du pays.

A l'Exposition rurale de 1876, la Cavagne a San José » eut un 3*' prix et elle n a pas concouru aux autres. En 1886, M. Cano acheta à Buenos Aires un bélier allemand choisi par M. E. Oliver a à son dernier voyage. Il le paya le plus haut prix dont on se souvienne : 40 . 000 piastres monnaie courante d'alors, soit 8.000 francs.

XXXII. — L'établissement Manantiales appartenant à M. Juan N. Fernande^^ est un des élevages les plus importants et les plus anciens mis au service du pays. Il est situé dans le département de Chascomus, à trois lieues au sud de la ville du même nom. Il mesure cinq lieues espagnoles de superficie ; il est borné au sud-est et au sud par les grandes lagunes réunies de Manantiales, Chis-Chiset Puesto Grande^ dont Teau est un peu salée mais sert en tout temps à Tabreuvage du bétail.

Cet établissement n'a pas concouru aux dernières expositions ni aux enchères de Buenos Aires. Deux fois par an il y a aux Manantiales de grandes foires où Ton vend facilement tous les produits oflFerts. C'est un des élevages qui produit le plus. La race mérinos Rambouillet y prospère et les béliers présentés annuellement sont vendus dans ces foires.

XXXIII. — La Cavagne « Rambouillet » de M. Emilio Duportal est située aux environs de Buenos Aires, dans le département de San Vicente. C'est un bel établissement qui possède les ressources nécessaires au confort de la vie et de puissants éléments de production agricole.

Un vaste parc, une belle habitation, des hangars grandioses habilement et commodément distribués, des machines agrî-

coles, des luzernières, et tous autres accessoires indispensables à une vaste exploitation de troupeaux raffinés ; tout est là réuni à souhait.

M. Duportal est un éleveur réformateur dont le nom doit se joindre au groupe choisi de tous ceux que nous avons successivement nommés, car, autant comme éleveur et propagateur à Buenos Aires que comme gouverneur de la province d'Entre Rios, il a attaché son nom à la prospérité rurale argentine par diverses initiatives utilitaires.

Sa race Rambouillet précoce est, par suite, une des plus anciennes de Buenos Aires dont elle dominait le marché il y a quelques années. Elle atteignit annuellement au chiffre de 800.000 piastres monnaie courante (160.000 francs) pour le produit de son troupeau fin.

Les caractères proéminents du bélier de cette Cavagne étaient, d'après mes souvenirs d'amateur, un développement extraordinaire, un corps volumineux et une toison de longue mèche qui couvrait l'animal jusqu'aux extrémités. Rarement j'ai vu des béliers aussi développés et aussi uniformes. Les brebis ont les mêmes caractères.

On a fait à cette Cavagne le reproche que le développement excessif de la taille de ses produits nuisait à la noblesse de la laine; mais M. Duportal a persisté dans les voies de M. Gilbert^ au type duquel ressemble le sien, dans la persuasion que ses béliers, comme reproducteurs destinés à la production générale, donnaient une laine qui, sans être spéciale, était cependant assez bonne.

Il ne s'est pas présenté aux dernières expositions. Autrefois ses produits étaient vendus aux enchères de Buenos Aires aux plus hauts prix. Je crois qu'ils se vendent maintenant sur les lieux.

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