SECOND SEMESTRE
Buenos Aires hectares 507.866 /( "/" 18.285.070
Territoires nationaux — 235.999 523. o5o
Santa Fé — 373.966 3. 5 11. 270
Cordoba — 692.454 4. 110.662
Entre Rios — 58.697 665. 75o
Mendoza — 2.5oo 4.500
Catamarca -- 755.100 540.000
Santiago — 88.740 317. 5oo
San Luis — 94.054 139. 83o
Corrientes — 11.854 " 1 35. 000
San Juan — 906.120 36o.ooo
Salta — T 33.450 5o.ooo
Total — . 3.760.800 fi 28.642.63a
« Des chiffres de ce tableau, nous déduisons les moyennes «^ suivantes par hectare : Buenos Aires ^ 36 piastres (monnaie « nationale) ; Territoires nationaux, 2,21 ; Santa Fé^ 12,81 ; <t Cordoba, 5,93; Entre Rios, 11^34; Mendo^a^ 1,80; Cata-- '( marca, 0,71 ; Santiago del Estero^ 3^5^\San Luis^ 1,48; « Corrientes^ 11, 38; SanJuan^ 0,40; Salta^ 0,37.
« La moyenne de toutes les terres par hectare a été, « dans le second semestre de 1887, de 7,61 piastres (monnaie '< nationale).
Buenos Aires hectares i. 016.969 Jj »/° 27.796. 196
Territoires nationaux — i.553.25o 2.851.400
Santa Fé — 1.279.465 4.331.847
Cordoba — 244.365 2.150.945
Entre Rios — 39.289 752.910
San Juan — 1 5o . 960 240 . 000
Mendoza — 127.500 104.000
Corrientes — 2 . 260 3 . 700
Total — 4.419.088 ^ 38.229.998
(( Donnant une moyenne générale par hectare pour les « terres de toute la République de 8,65 piastres (monnaie « nationale). Le détail donne pour les terres de Buenos « -4/re5, 27,23; Territoires nationaux ^ i,83 ; 5antoi*"e, 3,38; « Cordoba, 8,80; Entre Rios^ 1,90; San Jiian^ i,58; Men^ « rfo{j, 0,80; Corrientes^ i,63.
« Dans les tableaux antérieurs nous avons fait connaître « le mouvement détaillé du marché des terres pendant ces « six semestres. Pour que la comparaison relative à Taug- « mentation de valeurs et de surfaces vendues soit plus « facile, nous réunirons tous les totaux que donnent ces « tableaux pour former Tétat général des lignes précé- « dentés.
i885 Hectares 5 »/»
2® Semestre 4.908.313 8.874.541
I" Semestre i. 502.918 8.435.241
2® Semestre 4.876.018 22.352.o83
1" Semestre 3.839.465 22.434.626
2" Semestre 3.760.800 28.642.652
i®*" Semestre 4.419.088 38.229.998
(t Comme on peut le voir, si nous comparons les valeurs « représentatives des biens-fonds pendant le dernier semestre « de i885 et le premier de Tannée 1888, dates extrêmes de « l'existence de cette Revue, il résulte que ces valeurs ont (( quintuplé, le montant du premier étant de 8.874.541 pen- « dant que celui du dernier est arrivé à 38. 229. 998. Les (( surfaces vendues dans le premier semestre sont repré- « sentées par 4.908.315 hectares et celles du dernier par (( 4.419.088 hectares. »
Les valeurs croissantes des champs argentins ne souffriront pas d'arrêt par la rétention de leur force productive parce que le bétail mené avec prudence et capacité refait le champ qui le nourrit, et à son œuvre s'associe un climat doux et pluvieux.
Des champs où il ne tombe jamais de neige, où Thiver ne dépasse pas les limites modérées, où le thermomètre est presque toujours au-dessus de zéro, avec des pluies suivies et abondantes, renouvellent sans cesse leur beau tapis de verdure, de sorte que leur fertilité paraît inépuisable.
Cependant l'exploitation rationnelle est loin d'être observée par la généralité des éleveurs. La plupart des causes de la
mortalité des animaux qui se produisent annuellement dans la province de Buenos Aires, et que le vulgaire appelle épidémies^ ne le sont pas, car il ne s'agit pas de maladies contagieuses, mais de la maigreur des brebis et de Tépuisement des champs. La catastrophe provient des agissements mêmes des éleveurs. Dominés par une chimérique idée de la résistance de la nature ou par des pertes d'argent, ils exigent des champs plus du maximum rationnel que ces derniers peuvent donner et ils n'ont pas la prudence de conserver des parcelles de réserve quand viendra le jour de Tépuîsement.
II en résulte que les fourrages manquent; Texcès de bouches affamées empêche la pousse de nouveaux fourrages ; le champ reste aride et la mort des animaux montre à Téleveur ses erreurs et son imprudence.
De ces faits il y a des exemples donnant des leçons complètes; mais ils se répètent malheureusement et la fortune publique, comme la fortune privée, perdent tous les ans, par suite de la mortalité, des millions d'animaux du produit et même du cheptel.
Un champ, exploité rationnellement et convenablement, produit plus que ce que Ton prétend lui extraire par la surcharge d'animaux. Ceux-ci paissent facilement et abondamment; les mères entrent grasses aux saisons rigoureuses et ont une abondance de lait qui leur permet de conduire à bien leur mise bas.
Les inondations au sud de la province de Buenos Aires et les sécheresses au nord, ainsi que dans les autres régions à brebis, causent de grandes pertes dans nos troupeaux. Buenos Aires a perdu en 1886 plus de vingt millions de têtes tant de cheptel que de Tagnelage.
Ces phénomènes météorologiques obéissent à une loi physique signalée par le D' Gould. Basé sur elle, je prédis,
en 1881, les pertes que l'élevage argentin a souffertes dans les années suivantes.
En 1876 j'ai publié à Buenos Aires une courte étude sur les sécheresses et les inondations en éveillant l'attention du gouvernement sur les procédés scientifiques qui les évitaient. Je disais alors :
« Malgré ses ruisseaux, ses lagunes et ses rivières, la « province souffre de sécheresses affreuses. J'ai vu dans « une seule estancia à Caiîuelas des piles d'ossements « de 3o.ooo brebis victimes de la sécheresse et des épî- « démies qui en étaient la conséquence; 3o.ooo toisons « de moins pour le marché et pour un seul proprié- « taire!
« Il y a des époques de Tannée où la sécheresse survient « avec tant de rigueur que l'on est obligé de creuser des « puits pour donner à boire aux animaux. Ce travail improbe (^ est loin de satisfaire les opérations de l'éleveur. Voici « pourquoi la question de la sécheresse est et sera encore « longtemps à Tordre du jour à Buenos Aires.
« La solution du problème de la sécheresse est en rela- « tion avec une autre question très importante : la trans- <* formation convenable de certains accidents du terrain qui « permettent d'utiliser les eaux qui se perdent aujourd'hui « et le moyen le plus efficace pour provoquer les pluies. Le « système universellement adopté de la plantation d'arbres « sur une grande échelle tend à ce but.
« Ceux qui, comme moi, ont parcouru la province de « Buenos Aires en sa plus grande partie ont pu remarquer « que les terrains bas sont abondants dans la Pampa, bien « qu'ils n'obéissent pas à un système ou à une direction (( uniforme. Ce sont des bassins isolés qui finiront par « s'aplanir en élevant leur surface par l'action des alluvions
a qui continuent leur œuvre sans cesse. Ces terrains bas « servent de point de réunion des eaux de pluie* Telle est « l'origine des lagunes, marais, marécages et petits ruis- » seaux qui abondent à Tintérieur.
« On peut remarquer que ceci n'est pas applicable à la « Pampa du Sud-Ouest en dehors de la population. Des « voyageurs y ont signalé des contrées stériles et improduc* « tives dans lesquelles l'uniformité de la savane n'est inter- « rompue ni par des sources, ni par des lagunes, ni par des « ruisseaux : ces contrées repoussent la vie*
« Dans les régions du Sud-Est, au contraire, les eaux se « déposent abondamment d'après la forme indiquée.
« En observant ces faits, l'absolue stérilité de ces eaux <* me préoccupait. Elles n'ont pas de communication d'une « lagune à l'autre, les marais ne s'unissent pas générale- « ment; les petits ruisseaux non plus ne reçoivent pas cette ce quantité d'eau à l'aide de laquelle ils pourraient s'agrandir (t et augmenter celle des ruisseaux et des rivières dont ils u sont des affluents en fertilisant à la fois les terres qu'ils « parcourent tandis que maintenant les zones fertilisées par a ces eaux stagnantes n'ont pas d'importance.
« Préoccupé de ces phénomènes, je suis arrivé à croire « qu'il est nécessaire de faire une étude officielle sérieuse et (< profonde pour rechercher s'il serait possible de réaliser (( facilement quelque travail qui permît de profiter des eaux « stagnantes aux terres du Sud-Ouest qui sont les plus riches (( et les plus peuplées; soit qu'on les divise pour qu'elles c( augmentent la quantité d'eau des rivières, soit qu'on les « destine à l'arrosement des terrains d'alentour.
« Le problème peut se simplifier et s'énoncer de cette « manière : profiter des eaux qui affluent aux dépressions de « la Pampa et se perdent dans son sein ; — problème intéc< ressant à résoudre, sans préjudice des mesures générales
(( que je crois propres à combattre la sécheresse et ses c( effets (i). »
Le savant professeur Ameghino a éveillé Tattention publique par de récentes conférences et publications sur cette question et, en parlant de mes idées, il dit :
« Il est temps maintenant que je me souvienne un peu « de ceux qui m'ont précédé et ont entrevu Tintime relation « qui existe entre les sécheresses et les inondations, les u enfermant en un seul problème dont la solution devrait « nous en préserver.
« Parmi eux celui qui Ta fait avec le plus de clarté et de « précision est le Z)' Zeballos dans un chapitre de son Étude (( géologique de la province de Buenos Aires ^ un de ceux « qui doivent avoir les plus grandes conséquences dans ce « travail, car il se rapporte au problème de la solution (( duquel dépend l'avenir de toute la partie plate et sans (( arbres de la République. »
En 1881 j'insistai sur ces idées et je proposai franchement un projet de nivellement général pour étudier le régime des eaux dans le territoire de Buenos Aires; cette idée fut adoptée et décrétée par le gouvernement de cette province.
Après la vérification d'un remarquable plan de nivellement fait par les ingénieurs Lavalle et Medici^ surgit Tidée de la canalisation comme remède contre les inondations.
Le professeur Ameghino a donné des conférences publiques démontrant irréfutablement, selon moi, « que Técoule- « ment simple et illimité des terrains rendra plus fréquentes, c( plus prolongées et plus désastreuses les périodes des « grandes sécheresses. »
(1) Estudh Geologico sobre la provincia de Buenos Aires ^ rcconi pensé d^une médaille d^argent par la Société scientifique Argentine j 1876.
Je m'associe à ses idées et, comme lui, je déplorerais qu'on traitât avec légèreté un fait qui réclame la plus sérieuse investigation scientifique, car la réalisation d'un écoulement inconditionnel modifiera les caractères du sol et de l'atmosphère dans des proportions qui peuvent être funestes.
Porter à la mer les eaux de la province, c'est lui arracher sa fertilité, son humus et les semences, tandis que les inondations s'éviteront en régularisant les distributions et la permanence des eaux sur les mêmes lieux; c'est-à-dire qu'elles fertiliseront les champs au lieu de les laisser dessécher par l'extraction et l'expulsion des masses liquides.
Les grandes sécheresses sont moins générales et moins fréquentes et leurs dégâts peuvent être plus grands dans toutes les régions où les propriétaires abusent de la fertilité des champs.
C'est un fait acquis que les prairies de première qualité appelées dans les campagnes fleurs de champs^ doivent être très élevées. Il est certain que c'est là que croissent les meilleurs fourrages quand les pluies ne font pas défaut; mais, en temps de sécheresse, ces champs sont ruineux, tandis que les prairies mixtes ne le sont pas; c'est-à-dire qu'elles ont des parties basses et des parties hautes; dans les premières, en eflFet, les troupeaux trouvent une nutrition suffisamment mûre et garantie.
Les inductions doivent faire place à la vérité; les basfonds ont, comme les hauteurs, une importance capitale dans les exploitations rurales et se complètent économiquement dans la production.
Les champs argentins ont modifié fondamentalement leur aspect sauvage; l'action privée a construit des canaux d'écoulement dans plusieurs endroits et creusé des réservoirs d'eau permanents en d'autres, devançant ainsi les mesures
officielles, qu'il sera nécessaire d'adopter un jour, pour régulariser la distribution des courants, en évitant qu'ils inondent une région pendant qu'une autre immédiate reste desséchée.
L'opinion assez généralisée, que les petites lagunes formées par les pluies, promptement troublées par les troupeaux et transformées en bourbiers, sont les facteurs propices au développement de germes mortifères, a produit une transformation salutaire dans les champs.
On préfère abreuver le bétail dans les eaux courantes ou dans de larges puits appelés jagûeles. On commence à utiliser aussi la nappe d'eau semi-jaillissante.
Les lagunes sont épuisées et en les exhaussant, on les transforme en champs utiles au moyen de plantations de peupliers et de saules.
Les grandes plantations d'arbres exotiques prennent un développement prodigieux dans nos plaines, qui ont véritablement Taspect d'un océan semé d'îles rapprochées les unes des autres.
Ces plantations réunies formeraient une gigantesque forêt, et elles exercent une influence bienfaisante sur le climat et les exploitations rurales; elles fournissent du bois de chauffage et de construction à Thomme, et protègent le troupeau de leur ombre bienfaisante.
Les arbres les plus communs sont Veucalyptus globulus^ V acacia albata^ les variétés de saules et de peupliers et les arbres fruitiers.
La division et l'action d'enclore la propriété rurale ont concouru à lui donner plus de valeur encore. Les lignes de fil de fer argentines sont extraordinairement longues.
La statistique de la douane n'est pas complète et, en certaines années, elle est même irrégulière. Elle ne donne aucun renseignement antérieur à l'année i863, et ne les
fournit pas non plus de 1870 à 1875. L'importation de fils de fer pour enclos de i863 à 1869 et de 1876 à i885 donne les chiflFres du tableau suivant, complété par les mètres linéaires que donne le fil de fer introduit à raison de 280 mètres d'extension par 100 kilogrammes.
ANNÉES