‹ Description agréable de la République argentineChapitre 50 sur 65 · ACTION OFFICIELLE · texte numérisé non relu

ACTION OFFICIELLE

Sommaire : Les éleveurs comptent sur l'action officielle et en ont besoin. — Importance de la brebis dans la richesse nationale. — Actions directes et indirectes. — Encouragements à l'amélioration des races. — Absorption faite par les élevages de chevaux de course. — Oubli de ceux qui figurent sur une plus grande échelle dans la production nationale. — Réaction de 1887. — Primes aux exportateurs de viandes. — Subventions pour les expositions et les foires rurales. — Limites constitutionnelles de l'action fédérale. — La Société rurale argentine et ses expositions. — Viabilité et ports. — Leur influence sur les prix des laines et des peaux de mouton. — Travaux publics en exécution. — Les avantages qu'ils présentent en faveur de la production.

— Quantité dont augmentera la valeur de ses produits. — L'action des provinces. — Code rural de Buenos Aires — Ses graves défauts. — Pertes effectives que ceux-ci causent à l'éleveur. — Loi de protection aux concours régionaux. •— Son développement efficace. — Les sécheresses, les inondations et l'action officielle. — Raison du peu de valeur des laines et des peaux de mouton argentines. — Profits de l'exportateur dans la République, du vendeur et du fabricant en Europe. — Frets maritimes et transports en chemins de fer. — Le tout pour compte du producteur national. — Etudes statistiques sur nos laines en France. — Manque de concurrence chez les acheteurs européens.

— Monopole à ce sujet. — Réaction nécessaire. — Devoir du gouvernement et du commerce argentins pour valoriser les laines et leç peaux de mouton, — Laines argentines et australiennes. — La victoire décisive des premières dépend de nos propres actes.

L'éleveur de brebis dans la République Argentine attend beaucoup de l'action officielle qui devrait le protéger de préférence parce que la statistique enseigne suffisamment que les bêtes ovines donnent les plus hauts chiffres de la richesse nationale.

En voilà la preuve tirée du Département national de statistique.

Exportation de peaux de mouton ^ 6.207,377 (K35o,t*>7!

— — de laine 35. 950,111 31.711,604

Total ^ 42.217,488 38.062,275

Exportation totale payant des droits j 62.565,716 53.062,275

Ce tableau nous apprend que les brebis donnent plus des deux tiers de l'exportation nationale.

L'action officielle est directe et indirecte. Annuellement le Congrès national vote des sommes destinées à encourager l'amélioration des races, les éleveurs de chevaux de course les absorbent.

En 1887 ^^ ^ réagi à Taide de la loi de primes aux viandes congelées qui destine en outre une certaine somme à la généralisation des expositions régionales et partielles.

L'action indirecte de la nation est naturellement limitée par les juridictions provinciales. Elle a favorisé généreusement les expositions de la Société rurale argentine dont l'action efficace sur l'amélioration des races est indiscutable.

Actuellement la nation réagit contre les grandes difficultés qui nuisaient aux producteurs de laine et de peaux de moutons : le manque de viabilité et de ports. Les travaux publics en exécution, qui mettront en contact direct Téleveur ou l'entrepositaire avec le navire exportateur, représentent un vrai profit pour la production nationale.

Une balle de 35 arrobes, ou 402 kil. 5o, paye pour allège, chargement ou déchargement, charroi, commission maritime, etc., i piastre nationale et 92 centimes (1.92) ce qui représente une perte totale de 63o.528 piastres or sur

i32.i3o.496 kilogrammes de laine exportée en 1886, par exemple.

Cette dépense de l'exportateur est, en dernière analyse, une réduction du prix payé au producteur. En conséquence, les travaux de ports terminés, nos laines auront une plusvalue égale aux frais en question.

L'action la plus directe correspond aux provinces parce qu'elles exercent la juridiction locale à laquelle sont soumises les campagnes et leurs habitants. D'ailleurs elles n'ont pas fait grand'chose jusqu'à présent pour augmenter la valeur de la production ovine.

La province de Buenos Aires a édicté un Code rural qui assure la propriété et établit des règles générales de police ; mais il ne déclare pas obligatoire la guérison de la gale, et il n'y a pas de loi spéciale qui pourvoie à cette grave nécessité de la richesse rurale.

Il est évident, d'après le calcul de chaque toison du troupeau argentin, qu'on perd deux centimes de piastre or sur sa valeur à cause de la gale, terme moyen, par animal sain ou malade, ce qui occasionne une perte totale 1.283.065 piastres or en dix ans; de 1866 à 1887, soit 128.365 piastres or de moins par année. La loi en question ne devrait pas être différée par les gouvernements prévoyants.

Celui de Buenos Aires a été généreux et persévérant dans la protection accordée aux expositions et aux foires rurales. Une loi donne à la Société qui les réalise une somme égale au capital réuni.

Il s'est souvenu de plus que, dans les dernières années d'inondations et de sécheresses, des millions de brebis ont été enlevées à la richesse de Buenos Aires, et il a adopté les mesures dont j'ai déjà parlé dans un autre chapitre.

La facile viabilité dont la province est douée assure au commerce des laines et des peaux un service plus rapide et plus économique que l'ancienne traction subordonnée à Tallure lente et onéreuse du bœuf.

Il découle néanmoins des remarques précédentes que, à cause, directe ou indirecte, de Taction officielle, nos laines ont sur place une valeur moindre que celle qu'elles devraient en réalité atteindre. Il y a en outre d'autres causes de dépréciation.

Le commerce exportateur gagne sur les marchés argentins et hors d'eux des sommes très élevées qui pourraient se joindre en partie au prix de la matière première à l'aide d'une politique commerciale habile et rationnelle.

La France, par exemple, enlève chaque année, terme moyen, 25o.ooo balles de laine et de peaux de mouton du Rio de la Plata .

Le commerce exportateur gagne, en donnant une moyenne valeur, loo piastres or par balle :

Frais de représentants à Buenos Aires, intérêts, entrepôt,

péons, par balle ô piastres or.

Commission d'achat 4 —

Bénéfices sur les marchés français 4 —

Somme totale 14 piastres or.

Sur 25o.ooo balles, le gain obtenu par rapport au prix payé au producteur est de 3.5oo.ooo piastres or, ou soit la valeur de 35. 000 balles, et qui équivalent au 14 0/0 de l'exportation.

La laine passe au fabricant qui gagne dans les opérations préliminaires 5 0/0 par balle jusqu'à ce que, lavée et cardée cette laine au tissage gagne à son tour 10 0/0 sur la fabrication, le tout équivalent à SyS.ooo piastres or.

A cela il y aurait encore à ajouter les bénéfices faits sur les frets des navires transatlantiques et les transports par chemins de fer dans Tintérieur de la France.

Est-il possible de réduire, au profit du producteur argentin, ces grands bénéfices de l'acheteur et du fabricant? En d'autres termes, est-il possible d'élever la valeur de chaque arroba de laine ou de l'unité de dix kilos que nous vendons dans la République ?

Les causes du phénomène une fois connues, il ne sera sans doute pas extraordinaire de trouver les moyens de réagir efficacement.

Le système de nos ventes est mauvais : nous dépendons exclusivement de trois marchés étrangers qui ont monopolisé l'acquisition de nos laines sur une grande échelle : la France et la Belgique, principalement, un peu l'Allemagne.

Les premières ont le monopole du bénéfice aux dépens du producteur argentin, éloignant du Rio de la Plata la concurrence des acheteurs italiens, allemands, suisses, espagnols, anglais auxquels ils vendent nos laines et nos peaux de mouton, réalisant des profits qui devraient revenir, légitimement, en partie, à notre production.

Voici les renseignements statistiques de l'exportation par pays en 1886 :

PEAUX

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