‹ Description bibliographique et analyse d'un livre unique que se trouve au Musée britannique, parChapitre 15 sur 46 · LE TAVERNIER · texte numérisé non relu

LE TAVERNIER

Pour Dieu, tenez yostre mary, Puis qu'il est ainsi enragé.

La mort bieu, je seray payé, Ou je n'yray hors de céans.

Prestez vostre argent a telz gens, Qui n'ont pas vaillant ung festu.

Encore s'ay je esté battu ; Qui pis vault j'ay esté trompé.

Adieu, Messieurs, je m'en voys.

(') Deux gravures sur bois au titre. Quatre feuillets dont le dernier contient une autre gravure. Sans date, nom de ville, ni d'imprimeur. Cinquante quatre lignes par page.

farce jogmôf trre bonne et reare'atbe pour rire, bu Saoetter : <Ee0ta06(U>otr 2lubm eûoetter, 3lubette 0a femme et le Curé (/)•

Audin commence :

On m'a mis en mesnage, On m'a mis en tourment ; Ma foy cest grant dommage Car j'estoye bel enfant.

LA FEMME

Mon mary va tousjours chantant Et n'a soucy de prendre peine.

AUDIN

Voulez vous dire qu'en mesnage Chascun preigne plus de peine, Et il faict ta fiebvre quartaine ( a ).

AUDETTE.

Qui te puisse saisir.

A toy n'a soûlas ne plaisir, Nul esbatement quelconque, - Si a plus de sept sepraaines Que ne fistes cela,

AUDIN

Et par la vertu bieu, sy a,

(•) Quatre feuillets. Gravure sur bois, à la fin du dernier. Quarante-sept lignes par page.

( 2 ) L'expression de fiebvre quartaine se trouve dans Rabelais.

Je vous le feys sept foys Sans desmonter.

AUDETTE.

Sainct Jehan ! s'a donc esté Du nez.

Après qu'ils se sont violemment querellés, le mari dit qu'il va erier des vieux souliers par la ville, et recommandée sa femme de bien garder la maison, sinon qu'il la battra. Pour plus de précaution, il l'enferme. Le curé qui est amoureux de la femme, saisit le moment que le mari est dehors, pour aller trouver Audette, qui lui apprend qu'elle ne peut lui ouvrir. Le curé veut enfoncer la porte.

LE CURÉ

Sang bieu, je bouteray lhuys dedans.

" AUDETTE.

A non ferez, je vous diray Ung aultre point j'ay advisay Gomme vous en pourrez chevir.

LE CURÉ

Et comment ?

AUDETTE.

Il vous fault tenir premièrement,

Et puis je vous feray entrer,

Et quant Audin viendra

Je le mauldiray,

Puis il respondra et dira

Le diable t'emporte.

Si tost que vous orrez ce mot,

Et tout incontinent me prenez,

Comme diable tout enragez.

LE CURÉ

Il sera faict tout a cest heure.

AUDETTE.

Ne faictes pas longue demeure.

Le mari revient; sa femme l'injurie et même le frappe; alors Audin s'écrie :

Je prie a Dieu que le grant dyable Te puisse emporter.

le curé, habillé en dyable.

Brou, brou, brou, ha, ha, brou, ha, ha !

AUDIN

Jésus, nostre dame !

Le grant dyable emporte Ma femme ! ha nostre dame, Que rage (') !

LE CURÉ

A j'ay bien faict mon personnage !

AUDETTE.

Si bien que on ne scauroit mieulx.

LE CURÉ

Puis qu'il ny a icy que nous deulx, De vous feray a mon plaisir.

AUDETTE.

Je suis a vous semidieux, Faire povez tout a loysir.

(') Il faut supposer ici que le mari s'enfuit.

LE CURÉ

Mamy, mon cueur meurt

De joye parfaicte,

Or vous tiens je icy a mon gré !

ÀUDETTE.

Ce nest pas par moi tout ;

Mais scavez vous que j'ay advisé

Pour mon honneur tousjours recouvrir.

LE CURÉ

Et quoy ?

LA FEMME

il vous convient courir, Vers mon mary scavoir qu'il faict, Disant que ne scavez que cest, En lieu du monde.

LE CURÉ

Nous commençons tant hault que bas, Si prenez en gré nos esbatz, Si nous avons aulcun forfaict.

AUDIN

Si vous trouvez vos femmes en tel cas, Donnez les au dyable comme j'ay faict.

FINIS

farce nouvelle bung eaoetter nommé (ttalbain, fort jogeuee, leguel 0e maria à une ôûoettèrt. 31 troge personnage* : ©eôtaesaDOtr Colbûtn, la femme et le <8>allanu (').

La femme se plaint que son mari lui refuse tout ee qu elle demande. Elle l'appelle à plusieurs reprises ; enfin il arrive en chantant. Sa femme le prie de lui acheter une robe, comme celle de sa voisine. Il continue à fredonner diverses chansonnettes, et semble ne pas entendre. Enfin il part pour aller acheter du cuir à la foire. Un galant arrive. La femme lui demande conseil. Il dit qu'il intercédera pour elle, ce qu'il fait en effet, mais le mari chantonne constamment, et ne répond jamais rien. Alors le galant donne à la femme l'avis d'amadouer son mari, de le faire boire, et de mettre une poudre dans son vin, pour l'enivrer, puis de prendre sa bourse, et d'aller s'acheter une robe. La femme suit ce conseil; le mari s'enivre, s'endort, et elle part avec la bourse.

Lorsqu'il s'éveille, il s'aperçoit que son argent lui est dérobé ; il interroge sa femme qui, à son tour, ne répond que par des refrains de chanson. Le mari menace de la battre.

LA FEMME

Si my touchez, je vous feray mettre

A la prison du chasteau, nicque, nicque, nocque,

A la prison du chasteau, nicque, nocqueau.

CALBAIN.

Sainct Jehan ! me voyla bien et beau.

(') Six feuillets. Quarante-six lignes par page.

Tu scais qu'il me fault achepter Des souliers ; fault il tant prescher.

Rendz raoy ma bourse, si tu veulx.

LA FEMME

Et que tant vous estes fascheux !

Cherchez vostre bourse aultre part.

frar le jour qui luyt, Phis ne coucheray a ton lict :

Voire jamais ne te feis tort.

Penses tu que cest beau rapport Que tu m'appelles Larronnesse :

Je faictz a Dieu veu et promesse Que je te renonce a jamais.

CALBA1N.

A taisez vous, mamye, paix, paix.

Je cognois bien que cest ma faulte ; Mais jay la teste ung peu trop chaulde.

Suportez mes conditions.

Mais sans plus de temptations:

Qui la prinse, vous ne l'avez pas.

Mais quand je regarde mon cas, Ou la pourray je bien avoir mise ?

Enfin le mari reconnaît à part soi qu'il a eu tort de tout refuser à sa femme, et qu'il ne s'exposera plus à être volé.

Je puis estre envers Dieu infâme .

Se jamais je me fie à femme,

Car ce n'est qu'altercation.

Or pour toute conclusion,

Tel trompe au loing qui est trompé ;

Trompeurs sont de trompeurs trompez ;

Adieu trompeurs, adieu Messieurs, Excusez le trompeur et sa femme.

FINIS

Cy finist la farce de Calbain, nouvellement imprimée à Lyon en la maison de feu Barnabe Chaussard, près nostre Dame de Confort, mdxlviii.

farce nouvelle à quatre personnages : Ceataesanoir le (Coueturter, (Esopet, le <frenttll)omme et la CI)ambrière ^).

Le cousturier (tailleur) se plaint que la besogne va mal ; Esopet son garçon, lui dit que :

Cest pour cause que a la façon

Du temps présent rien vous ne faictes.

De son côté, le gentilhomme dit à la chambrière qu'elle doit se faire des habits neufs, afin de se marier le plus tôt possible, et il lui fait cadeau de diverses étoffes. Elle va ordonner au couturier de lui prendre la mesure, et, pour qu'il soit plus prompt, elle lui porte une perdrix et une cuisse de chapon gras. Esopet vient chercher les étoffes, et la chambrière lui dit qu'elle a recommandé à son maître de partager avec lui les mets quelle lui avait portés, mais qije celui-ci a juré qu'Esopet avait le plus grand dégoût pour la venaison.

Esopet promet de se venger de ce tour que lui a joué son maitre.

Le gentilhomme, qui entre en ce moment, demande si le tailleur est un bon ouvrier. Le meilleur du monde, répond le garçon, c'est dommage seulement que parfois il tombe dans une sorte de rage, dont il n'est guéri que si on le bat bien fort. Esopet retourne chez lui avec les étoffes, et peu après, le gentilhomme et la chambrière se rendent aussi chez le tailleur, pour donner leurs ordres.

(') Quatre feuillets. Cinquante-neuf lignes par page.

Esopet ayant caché la craie et les ciseaux, le maitre s'impatiente à chercher, et, comme il frappe sur rétablis avec colère, le gentilhomme, qui a été prévenu que c'est là le symptôme de l'accès de la maladie, le saisit et le bat d'importance, aidé par la chambrière. Le tailleur étonné crie et demande pourquoi on le maltraite ainsi ; le gentilhomme s'explique, et on s'aperçoit qu'Esopet a voulu jouer un tour à son maitre. Le coupable avoue qu'il a cherché à se venger, parce que son maître avait mangé tout seul la perdrix et la cuisse de chapon.

LE GENTILHOMME

Il a esté bien battu touttefoys.

ESOPET.

Je n'en puis mais ; s'il m'eust gardé ma part De la perdrix, deux morceaulx ou trois Sans la manger toute, comme un drongart.

LE COUSTURIER.

Ha que tu est un (aulx maistre paillart !

Je te tiendray une foys la falace.

ESOPET.

C'est tien, pour tien.

LE GENTILHOMME

Icy y a regard, fay a aultruy ce que veulx qu'on te face.

LE COUSTURIER.

Par bieu, par bieu, si tu viens en place, 11 t'en sera rendu maint coup de barre Dessus ton dos.

LE GENTILHOMME

Ne me chault quoy quon lui brasse.

Prenez en gré de la petite farce.

Cest Esopet le somuliste de Navarre (').

FIN

(') 11 nous a été impossible de trouver Texplicalion de oette expression.

farce nouvelle, trè* bonne et fort logeuse, h trog* personnage: tteetaseanoir iflûtetre Ulhntn le (Kouteu*, son oalet Rwljarb le flele souri et4e ©Ijaussetter ( f ï.

Le goûteux qui souffre de vives douleurs, dit à son valet d'aller chercher le médecin, mais celui-ci étant sourd, répond tout de travers aux propos de son maître.

Monsieur, quant la grappe Ait meure Incontinent Ion vendengea ; Gargantua beut et mengea A son desjeuner seullement, Douze vingt miches de fourment, Ung beuf, deux moutons et ung veau, Et si a mis du vin nouveau A deux petis traietz dans sa trippe, Deux poinçons avec une pipe, En attendant qu'on deust disner.

Ces quiproquos continuent entre le maître et le domestique, qui sort enfin pour chercher le curé. En route, il demande à un chausseticr, par où il doit prendre, mais aussi sourd que son interlocuteur, le chaussetier croit qu'on a besoin de ses services. Malgré tout ce que lui dit le valet, il le suit chezson maître, et veut à toute force lui prendre la mesure d'une paire de souliers; le maitre se débat et tempête, et la farce (si farce il y a) finit.

( l ) Quatre feuillets. Sans indication. Quarante-six lignes à la page.

farce nouvelle bunj ramoneur be dominée* fort {ogeuee. mouDrUr* ment imprimée. 31 quatre personnage*: Cedtaeeaootr le Ramoneur 9 le Uarlet, la femme et la Uogetne (/).

La pièee commence par un dialogue entre un ramoneur et son valet, sur ce qu'on ne trouve plus rien à faire. Fréquents jeux de mots sur ramoner les cheminées.

Rentrés chez eux, ils trouvent la femme qui gronde et se plaint de son mari. Une voisine entre. Les plaintes recommencent ( a ).

LA FEMME

Il est mort, cest a dire au monde, Comme un chartreux ou reclus.

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