‹ Description bibliographique et analyse d'un livre unique que se trouve au Musée britannique, parChapitre 14 sur 46 · LE TRI AC LEUR · texte numérisé non relu

LE TRI AC LEUR

Ainsi lentens-je en latin, Tenez, gardez moy ce coffre.

LA TAVERNIERE.

Messieurs, dictes sil vous plaist

De quoy vous meslez vous tous deux ?

LE PARDONNEUR

De quoy? nous sommes pardonneur, Dame, a vostre commandement, Au moins moy véritablement ; Mais cestuy cy est triacleur.

LA TAVERNIERE.

Par sainct Jehan, je me tiens seur, Se mon mary estoit icy, Certes il seroit bien marry Se très bien ne vous festoyoit, Car aussi certes il souloit Se mesler de vostre mestier.

LE TRIACLEUR.

Comme quoy?

LA TAVERNIERE.

Il estoit ouvrier Excellent d'arracher les dens.

LE PARDONNEUR

Sang bieu ! il estoit de nos gens.

Au nombre des principales reliques, mentionnées dans ceUe pièce, se trouvent :

Le groing Du pourceau Monsieur sainct Anthoine (').

Lacreste Du coq qui chanta cheuz Pylate, Et la moytié dune late De la grande arche de Noe.

L'aisle Dun des séraphins dempres Dieu.

La pierre de quoy David Tua Golias le geand.

(') On trouve dans le Bulletin du Bibliophile, 3« série, 1838, pag. 306, une notice, signée X, sur l'origine du petit cochon de saint Antoine. Dante a parlé de cet animal :

. Di qiresto ingrassa il poreo Sant 1 Antonio.

Jurée mmoelle bu paett tt be la tarte, à quatre peroimagee (Jwtawapotr beu* Coquin*, le Çûttwter et *a femme (')»

Conversation entre deux gueux qui souffrent du froid et de la faim, et qui s'engagent à partager ce qu'ils pourront se procurer. L'un d'eux s'empare par adresse d'un pâté ; puis voulant obtenir une tarte de la même manière, il y fait aller son compagnon qui est battu par le pâtissier, et qui fait en sorte que le larron son compère reçoive également sa part des coups de bâton.

(•) Quatre feuillets. Sans indication. Cinquante-huit lignes à la page.

farce nouvelle be Jttaljuct Bâton, natif be 0aignolet, qui oa a flari» au marché pour ombre ee* oeuf» et ea emme, et ne le* oeult bonnrr einon au prie bu marché : et est à quatre personnages Ceetaaeauoir iBaljuet, 0a iïtèrc, (Baultier et 0a femme (*).

La mère envoie son fils vendre ses œufs et sa créroe à Paris, et comme il est très niais, on les lui fait donner pour rien. Cette faree nous parait sans sel et lourdement dialoguée.

(1) Quatre feuillets. Cinq gravures sur bois, au dernier feuillet : deux au recto, et trois au verso. Sans indication. Cinquante lignes à la page.

foret nouvelle et fort jogeuae bee femme* qui font eeeurer leur» rljoulbrone, et beffenbent que on ne mette la pteee aupree bu trou. 21 trog* pereonnagee : Ceotaeeaootr la première femme, la seronbe et le ittatgnen (').

Deux femmes se plaignent l'une à l'autre de leurs maris, et jurent de se venger.

LA PREMIERE

Us vont bien a dautres le faire, Nos maris les villains jaloux, Et pourquoy ne le ferons nous Aussi bien comme eulx.

LA SECONDE

Cest raison, en saison Pourquoy naurons nous Pour nous reconforter un amy ; A trompeur, trompeur et demy.

Durant cette conversation, passe un chaudronnier, en criant qu'il raccommode toute espèce de chaudrons et marmites. Elles l'appellent.

LA PREMIERE

Venez ca, dictes nous, maistre, esse Vostre plaisir de nous servir.

(') Quatre feuillets. Une gravure sur bois au titre. Sans indication d'année, de ville, ni d'imprimeur. Soixante lignes par page.

LE MAIGNEN

Vrayment je me vueil asservir Vous faire plaisir et service, Mais premier fauldroit que je visse Lœuvre ou voulez que besongne.

LA PREMIERE

Vous naurez point vieille besongne Ne qui soit forte a esclaîrcir.

LA SECONDE

Faictes vostre broche endurcir, Que ne rebourse en nostre ouvrage,

LE MAIGNEN

Rebourser ! vous me dictes raige, Garde na dy estre ployée, Car par le bout est achierée.

LA PREMIERE

Monstrez ça.

Tenez, nostre maistre,

Scavez qu'il est; nallez pas mettre

Icy la pièce auprès du trou.

LE MAIGNEN

Maistresse, je y mettray un clou Gros et rivé par les deux bouts.

LA SECONDE

Quil m'y soit congné en deux coups ; Faictes quelque œuvre de nouveau.

LA PREMIERE

Mon chaulderon fait de l'eau Auprès du cul, quand il est chault,

— ss —

Et pour cause, maignen, il fault Que y mettez une bonne pièce, Afin que plus ne se depièce, Et que bien me soit esclarcy.

LA SECONDE

Servez nous a nostre appétit, Ny mettez point clou si petit, Que le trou nen soit estouppé.

LE MAIGNEN

Voyez, cestuy il a tappé.

Est il rivé de bonne sorte, Quen dictes vous ?

LA PREMIERE

Le Dieu m'emporte, Vous estes ouvrier parfait.

Un maistre on le cognoist parfait A son ouvrage.

LA SECONDE

Nous buron.

Frappez fort sur le chaulderon.

Vous frappez dessus si en paix ; Il a le cul assez espaix Pour endurer la refacon.

LA PREMIERE

Gest un chaulderon de façon Que le mien, et est assez fort ; Mais qu'on ne lui fasse point tort, Quasi pour servir deux ménages.

LE MAIGNEN

Vous avez assez doulx ouvrages Cela ne veueil contrarier 1 .

LA SECONDE

Ne reste que un bon ouvrier Pour nous servir a nostre appoint.

LE MAIGNEN

Je croy que ne vous plaindrez point De ma besongne.

LA PREMIERE

Je le croy.

Servez nous bien, et sur ma foy Payez serez a vostre dit.

Mais comme on vous a ja dit, Gardez bien de tirer le clou, Ne les pièces auprès du trou, Gomme maignens ont de coustume.

LA SECONDE

Nespargnez marteau, n'enclume, Frappez fort, rivez fermement, Gar s'il dégoûte aucunement, Ou face de l'eau par le trou Ou vous avez frappé le clou, Vous perdrez en nous bon crédit.

LE MAIGNEN

Je m'engage que vous direz Que ne fustes de vostre vie A vostre vouloir mieulx servie De compagnon de mon mestier.

LA PREMIERE

Vrayment, nous avions bien mestier D'un autel homme comme vous.

Frappez fort, car je vous advoues.

Espargnez vous, frappez dessus?

LE MAIGNEN

Regardez moy comme je sues.

A vous servir je prends grand'peine, J'en suis quasi tout hors d'alaine.

Voyez, vostre cas est bien fait.

Le dialogue continue jusqu'à la fin sur ce ton. Le chaudronnier promet, en partant, de revenir le lendemain.

irarre nouvelle trèe bonne et fort fogeufte, a trag* prreonnatgte t b'un cliaulbronmrr : Ceetawaooir flamme, la femme et le (Mjauluronmer («).

Un mari et sa femme se querellent, et, après s'être bien injuriés l'un l'autre, ils parient de rester assis sans parler, quoiqu'il advienne, et celui qui bougera le premier, paiera à souper. Dans l'intervalle un chaudronnier passe et demande s'il n'y a rien à raccomoder.

Ni l'homme, ni la femme ne répondant mot, l'ouvrier étonné s'approche de la femme, et dit :

A, par mon aine, elle ressemble A Venus déesse damour.

Quel musequin, Dieu ! quel recour !

Mamye que je vous flatte, Vous avez la chère délicate, Et si estes patiente et doulce :

Elle souffre que je la touche, Plaisamment du tout a mon grez.

Par bieu, mon musequin pavez, Baiser vous veueil et accoller.

Il joint Faction aux paroles; la dessus le mari se lève et bat le chaudronnier.

(') Quatre feuillets dont le dernier est sans texte et ne contient que cinq gravures sur bois, deux au recto et trois au verso. Deux gravures sur le titre. Sans indication de date, de lieu, ni d'imprimeur. Cinquante-six lignes par page.

LA FEMME

Nostre dame ! vous avez perdu , Je suis demourée mais tresse.

LHOMME

Et viens ça, viens larrounesse, Pourquoy te laisses tu baiser D'un tel truand paillard.

LA FEMME

Et pour gagner la gajeure.

LHOMME

Il est vray ; allons boire.

LA FEMME

Allons.

Et ils vont souper de compagnie avec le chaudronnier,

farce nouoelle trèe bonne et fort jogeuee, à trog* personnages : Ceetaeeûootr le Cljaulbronnter, le Savetier et le 3at>ernter (■).

Le chaudronnier et le savetier se querellent, et en viennent aux coups pour une cause assez futile; enfin, ils s'apaisent et vont boire ensemble. Après avoir bu, ils s'aperçoivent qu'ils n'ont d'argent ni l'un ni l'autre. Pourparlers avec le tavernier auquel ils promettent de payer le lendemain. Mais, lorsque celui-ci vient chercher son argent, le chaudronnier s'est déguisé en femme du savetier, et le savetier se feignant enragé, distribue coups de poing et coups de pied , à droite et à gauche :

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